Calendrier de l’Avent #14

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#14  Lithographie de Joan Miró

Cette lithographie de Joan Miró, dédicacée à M. Tsuda et signée par son auteur, avait été offerte par  les membres du dojo de Palma à Itsuo Tsuda à l’occasion d’un stage.

C’est une lithographie couleur de l’affiche de l’exposition Joan Miró de Tokyo/Kyoto, 1966. Grâce à Sven et à Jean-Philippe, nous avons pu l’exposer lors de l’événement du Centenaire au dojo Tenshin. Qu’ils en soient ici remerciés.miro
Nous ne savons pas si Itsuo Tsuda rencontra Joan Miró, lors de son séjour au Japon en 1966, mais voici une anecdote curieuse sur ce voyage. Elle aurait probablement plu à Itsuo Tsuda et son sens de l’humour 😉

Une promenade avec Miró, raconté par un artiste potier japonais, Yagi Kazuo.

Miro et Yagi
Photo de Yagi Kazuo avec Joan Miro prise en 1966.

« Lors du séjour que fit à Kyoto l’artiste espagnol Joan Miró de 73 ans, Yagi Kazuo, alors âgé de 48 ans, fut son accompagnateur pour le voyage à Shigaraki. Joan Miró (1893-1983) s’intéressait alors à la peinture sur poterie de Majorque et à la sculpture en terre cuite. Yagi remarquait chez le maître espagnol « un talent toujours juvénile et plein de poésie, qui ne cessait de dépeindre un paysage où les étoiles et les jeunes femmes se rencontrent en des couleurs primaires retentissantes ». Yagi avait prévu un itinéraire qui plairait à son hôte, incarnation de la Méditerranée et dont le pas léger et dansant, l’instant d’une photo prise sur le trottoir parisien, était resté gravé dans sa mémoire.

Pourtant le Miró qui apparut au Japon n’était plus celui que Yagi avait vu sur la photo.

Le vieillard au geste lent et au pas lourd rendit Yagi perplexe. Le décalage entre l’attente et la réalité plongeait l’accompagnateur japonais dans la confusion.
Yagi était presque déçu de ce Miró vieilli, qui montait, complètement épuisé, à la Villa impériale de Katsura et admirait une œuvre japonaise représentant le soleil levant que Yagi trouvait médiocre et sans intérêt artistique aucun, quand Yagi fut assailli comme par un coup de foudre. Avec une agilité et une perspicacité inattendues, le vieux Miró découvrit dans le jardin, et de sa propre initiative, une statue de Tanuki (esprit facétieux japonais) du style Shigaraki que Yagi voulait lui présenter plus tard.

Ce fut une immense surprise et Yagi se sentit presque dupé par Miró. Il fut devancé par ce vieux malin (tanuki-jijii en japonais) qu’il avait pris, à tort, pour sénile et maladroit. »
(Une promenade avec Miró (1966 : pp. 49-57) )