Calendrier de l’Avent #18

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#18 Deux amies

Parmi les personnes qui nous ont soutenu activement pour ce Centenaire, se trouvent les noms de Claudine Brelet et Eva Rotgold, deux amies de longues dates. Claudine Brelet nous à notamment permis de publier un entretien passionnant avec Itsuo Tsuda qu’elle avait réalisé.  Un introuvable, épuisé depuis de nombreuses années. Eva Rotgold qui avait réalisé un reportage photo au dojo de Charenton d’Itsuo Tsuda nous a autorisé à exposer ses photos lors  du Centenaire. Vous avez pu en admirer un certain nombres, notamment celles-ci :

 

Petite note historique :

Eva Rotgold et Claudine Brelet se sont rencontrées au début de l’année universitaire 1967, au Laboratoire audiovisuel de l’ EPHE-Ve section, co-fondé en 1964 par Gilbert Rouget, chef du Département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme et Jean Rouch.

En mai 1968, les étudiants, Jean Rouch, Louis Boucher, chef de travaux, et Roger Morillère, maître-assistant, se réunissent afin de voir ensemble comment améliorer leur formation au film ethnographique.

Quelques étudiants et Jean Rouch projetèrent alors de réaliser un film sur ce qui se passait au théâtre de l’Odéon, occupé depuis la fermeture de la Sorbonne par un groupe baptisé  « les Katangais ».  « Avec Jean Rouch, raconte Claudine Brelet, nous les avons découverts harnachés comme des pirates dans les costumes qu’ils avaient volés au théâtre. Ils étaient armés, et pas seulement de sabres… Leur présence pouvant s’avérer trop dangereuse, Jean Rouch nous incita à renoncer à notre projet et, du coup, nous sommes tous allés aux États-Généraux du cinéma organisés dans l’École de Photo, rue de Vaugirard, par les professionnels du cinéma. Déjà mobilisés comme nous dès février 1968, autour de Henri Langlois, le fondateur et directeur de la Cinémathèque française qui avait été licencié sur ordre d’André Malraux, alors Ministre de la culture. Ce 30 mai, dans la cour de la rue de Vaugirard, Godard tenait à bout de bras une radio portative afin que chacun puisse entendre le discours de de Gaulle. Le « joli mai » était fini. »

Les deux amies et l’un des étudiants de Jean Rouch décidèrent alors de faire un reportage sur le défilé du 14 juillet, en banc-titre « à la Chris Marker » car la pellicule offerte par Godard n’était pas en quantité suffisante pour tourner un « vrai film ethnographique ».

À cette époque, Eva Rodgold était photographe de plateau dans les studios de Boulogne. Dès 1969, Claudine Brelet (qui finançait sa recherche sur les médecines traditionnelles en travaillant en free-lance dans la presse) demanda à Eva Rodgold de l’accompagner comme photographe pendant ses reportages – d’où ses photos de Monsieur Tsuda dans le dojo de Charenton où elles allèrent parfois ensemble.

C.Br-H.P
Claudine Brelet (à droite)