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L’Aïkido est-il un art martial ?

Par Régis Soavi

Il semble que cette question « L’Aïkido est-il un art martial ? » soit récurrente dans les dojos et divise les pratiquants, les enseignants, ainsi que les commentateurs dans à peu près toutes les écoles. Personne ne pouvant donner une réponse définitive, on a recours à l’histoire des arts martiaux, aux nécessités sociales, à l’histoire de l’origine des êtres humains, aux sciences cognitives, etc., en les chargeant d’apporter une réponse, qui, si elle ne résout pas le problème, aura au moins le mérite de justifier les propos tenus.

L’Aïkijutsu est devenu un dō

L’Aïkijutsu, depuis qu’il a abandonné le suffixe jutsu pour devenir un dō, s’est reconnu lui-même comme un art de la paix, une voie de l’harmonie au même titre que le Shodō (la voie de la calligraphie) ou encore le Kadō (la voie des fleurs). En adoptant le terme qui signifie le chemin, la voie, est-il devenu pour autant un chemin plus facile ? Ou au contraire nous oblige-t-il à nous poser des questions, à réexaminer notre propre parcours, à faire un effort d’introspection ? Un art de la paix est-il un art de l’accommodation, un art faible, un art de l’acceptation, un art où les filous peuvent jouir d’une réputation à peu de frais ?
Certes c’est un art qui a su s’adapter aux nouvelles réalités de notre époque. Mais doit-on entretenir l’illusion d’une self-défense facile, à la portée de tous, adaptée à tous les budgets et sans la nécessité de s’investir le moins du monde ? Peut-on réellement croire ou faire croire qu’à raison d’une ou deux heures par semaine, qui plus est hors vacances (les clubs sont souvent fermés), on peut devenir un foudre de guerre ou acquérir la sagesse et être capable de résoudre tous les problèmes par son calme, sa sérénité, ou son charisme ?
La solution alors se trouve-t-elle dans la force, le travail musculaire et les arts violents ?
S’il existe une direction, elle se trouve à mon avis, et malgré ce que je viens de dire, dans l’Aïkido.

Une École sans grade

Tsuda Itsuo ne donna jamais de grade à aucun de ses élèves et lorsque quelqu’un lui posait une question sur le sujet, il avait coutume de répondre « Il n’y a pas de ceinture noire de vide mental ». On peut dire que, avec cela, il avait clos toute discussion. Ayant été l’interprète, auprès de Ō Senseï Morihei Ueshiba, d’André Nocquet senseï lors de son apprentissage au Japon, il a par la suite servi d’intermédiaire lorsque des étrangers français ou américains se présentaient au Hombu Dojo pour s’initier à l’Aïkido. Cela lui permit, traduisant les questions des élèves et les réponses du maître, d’avoir accès à ce qui sous-tendait la pratique. Ce qui en faisait quelque chose d’universel. Ce qui en faisait un art au-delà de la pure martialité. Il nous parlait de la posture de Ō Senseï, de son incroyable spontanéité, de la profondeur de son regard qui semblait le percer jusqu’au plus profond de son être. Tsuda Itsuo n’a jamais cherché à imiter son maître qu’il considérait inimitable. Il s’est tout de suite intéressé à ce qui animait cet homme incroyable capable de la plus grande douceur comme de la plus grande puissance. C’est pourquoi, arrivé en France, il chercha à nous transmettre ce qui pour lui était l’essentiel, le secret de l’Aïkido, la perception concrète du ki. Ce qu’il avait découvert, et qu’il résumait dans cette phrase, la première de son premier livre : « Depuis le jour où j’ai eu la révélation du “ki”, du souffle (j’avais alors plus de quarante ans), le désir ne cessait de grandir en moi d’exprimer l’inexprimable, de communiquer l’incommunicable. »*

Pendant dix ans il parcourut l’Europe afin de nous faire découvrir, à nous, Occidentaux, bien trop souvent cartésiens, dualistes, qu’il existe une autre dimension à la vie. Que cette dimension n’est pas ésotérique mais exotérique comme il se plaisait à le dire.

Une École particulière

Les motivations qui amènent à commencer cette pratique sont de manière évidente très diverses. Si je pense aux personnes qui pratiquent dans notre École (l’École Itsuo Tsuda), à part quelques-unes, il y en a peu qui soient venues pour l’aspect martial. D’ailleurs bon nombre d’entre elles n’y ont rien vu de martial de prime abord, bien qu’à l’occasion de chaque séance je montre comment les techniques pourraient être efficaces si on les exécutait de façon précise, et dangereuses si on les utilisait de manière violente. Le coté martial découle de la posture, de la respiration, de la capacité de concentration, de la vérité de l’acte qu’est l’attaque. Pour l’apprentissage, il est indispensable de respecter le niveau de son partenaire, de s’exercer avec des formes connues.
Mais la découverte que l’on peut faire en travaillant les formes prédéfinies va bien au-delà. Il s’agit de faire fructifier autre chose, de révéler ce qui se trouve au fond des individus, de se libérer de l’emprise sous-jacente qu’exerce le passé et même parfois le futur, sur nos gestes, sur l’ensemble de nos mouvements, tant physiques que mentaux. Et d’ailleurs personne ne s’y trompe dans notre dojo.
La séance commence à 6h45. Le fait de venir pratiquer si tôt le matin (en fait Ō Senseï et Tsuda senseï avaient toujours commencé leurs propres séances à 6h30) n’est ni une ascèse ni même une discipline. Certains pratiquants arrivent vers 6h chaque matin, pour partager un café ou un thé, et profiter de ce moment d’avant la séance (de pré-séance), si riche parfois grâce aux échanges que l’on peut avoir entre nous. C’est un moment de plaisir, d’échange sur la pratique, comme parfois aussi sur la vie quotidienne, que l’on partage avec les autres de manière extrêmement concrète et non de façon virtuelle comme la société a tendance à nous le proposer.
Évidemment tout cela peu paraître rétrograde ou inutile, mais cela évite le coté loisir facile et ne favorise pas le clientélisme, sans pour autant dire qu’il n’existe pas, cela le réduit et avec le temps il évolue. Et cela parce que les êtres changent, se transforment, ou plus précisément se retrouvent eux-mêmes, retrouvent des capacités inexploitées, qu’ils pensaient parfois avoir perdu ou souvent, plus simplement, qu’ils avaient oubliées.

Yin le féminin : comprendre

Les femmes sont si nombreuses dans notre École que la parité n’y est pas respectée, les hommes sont minoritaires, de peu certes, mais ils l’ont toujours été. Je m’en voudrais de parler au nom des femmes et pourtant comment faire ? Elle ne forment pourtant pas un monde à part, inconnu des hommes.
En fait, pour beaucoup, peut-être que si ! … Cependant je pense qu’il suffit pour l’homme de se pencher sur son coté yin, sans en avoir peur, pour retrouver et comprendre ce qui nous rapproche et ce qui nous différencie. Est-ce par une affinité personnelle, une recherche due à mon propre vécu pendant les événements de mai 68 et à cette éclosion du féminisme qui se révéla une fois de plus à cette époque. Ou plus simplement peut-être parce que j’ai eu trois enfants et que ce sont trois filles, qui d’ailleurs pratiquent toutes les trois, le résultat quelles qu’en soient les raisons a fait que j’ai toujours accordé leur place légitime aux femmes dans les dojos de notre École. Elles y ont les mêmes responsabilités et il n’y a évidemment aucune différence de niveau, que ce soit pour l’étude comme pour l’enseignement. Il est vraiment dommage d’avoir à préciser ce genre de choses, mais malheureusement elles ne découlent pas d’elles-mêmes dans ce monde.
Malgré tout les femmes prennent peu la parole, ou même devrais-je dire la plume, dans les revues d’art martiaux. Il serait intéressant de lire des articles écrits par des femmes, voire de consacrer un espace dans « Dragon magazine spécial Aïkido » à la vision des femmes sur les arts martiaux et sur notre art en particulier. N’ont-elles rien à dire, ou le monde masculin accapare-t-il toute la place ? Ou peut-être encore ces débats de chapelles sur l’efficacité de l’Aïkido les ennuient, elles qui cherchent et souvent trouvent, me semble-t-il, une autre dimension, ou en tout cas autre chose, grâce à cet art  ? Cet « autre chose », qui est peut être plus près de la recherche de Ō Senseï, Tsuda Itsuo senseï nous en donne une idée dans ce passage de son livre La Voie du dépouillement :

« Se représente-t-on Me Ueshiba comme un homme fait entièrement en acier ? C’est pourtant l’impression bien contraire que j’ai eu de lui. C’était un homme serein, capable d’une concentration extraordinaire, mais très perméable par ailleurs, aux éclats de rire sonores, avec un sens de l’humour inimitable. J’ai eu l’occasion de toucher son biceps. J’en étais stupéfait. C’était la tendresse d’un nouveau-né. Tout ce qu’on pouvait imaginer de contraire à la dureté.
Cela peut paraître curieux, mais son Aïkido idéal était celui des jeunes filles. Les jeunes filles ne sont pas capables, de par leur nature physique, de contracter les épaules aussi durement que les garçons. Leur Aïkido, est de ce fait, plus coulant et plus naturel. »**

Yang le masculin : combattreart martial

Nous sommes éduqués à la compétition depuis notre plus tendre enfance, l’école, sous prétexte d’émulation, a tendance à aller dans la même direction, et tout cela pour nous préparer au monde du travail. Le monde est dur nous apprend-on, il faut absolument gagner sa place au soleil, apprendre à se défendre contre les autres, mais en est-on si sûr ? Notre désir n’aurait-il pas tendance, lui, à nous guider dans une autre direction ? Et que faisons-nous pour réaliser cet objectif ? L’Aïkido peut-il être l’un des instruments de cette révolution des mœurs, des habitudes, doit-il et surtout devons-nous faire l’effort nécessaire afin que les racines du mal qui ronge nos sociétés modernes se régénèrent et redeviennent saines ? Il y a eu par le passé des exemples de sociétés où la compétition n’existait pas, ou très peu de la manière dont elle existe aujourd’hui, des sociétés où le sexisme aussi était absent, même si on ne peut pas les présenter comme des sociétés idéales. En lisant les écrits sur le matriarcat dans les îles Trobriand de ce très grand anthropologue qu’était Bronislaw Malinowski on pourra découvrir son analyse, trouver des pistes, et peut-être même des remèdes à ces problèmes de civilisation qui ont été si souvent dénoncés.

Tao, l’union : une voie pour l’accomplissement de l’être humain

La voie, par essence, sans être un idéaliste, se justifie et prend toute sa valeur par le fait qu’elle normalise le terrain des individus. Pour qui la suit, elle régule ses tensions, elle est équilibrante, elle est tranquillisante en permettant un autre rapport à la vie. N’est-ce pas ce que tant de personnes « civilisées » recherchent désespérément et qui se trouve en fin de compte au fond de l’être humain ?

La voie n’est pas une religion, c’est même ce qui la différencie de la religion qui en fait un espace de liberté, au sein des idéologies dominantes. La pensée de laquelle on peut la rapprocher me semble plutôt être l’agnosticisme, courant philosophique peu connu, ou plutôt connu de manière superficielle mais qui permet d’intégrer toutes les différentes écoles. Il y a bon nombre de rituels dans l’Aïkido que l’on continue de suivre sans en comprendre la véritable origine (celle à laquelle puisa Ō Senseï) ou parfois d’autres rituels que divers maîtres trouvèrent grâce à d’anciennes pratiques comme le fit Tamura senseï lui-même. On les a souvent associés avec la religion alors que, comme on pourrait le vérifier, ce sont les religions qui ont utilisé tous ces anciens rituels, se les sont appropriés pour en faire des instruments au service de leur propre pouvoir, et même trop souvent ils servent à la domination et à l’asservissement des individus.

Un moyen : la pratique respiratoire

La première partie dans l’Aïkido de O Senseï Morihei Ueshiba, loin d’être un échauffement, consistait en mouvements dont il est primordial de retrouver la profondeur. Ce n’est pas pour une satisfaction intellectuelle, ni par soucis d’intégrisme et encore moins pour acquérir des « pouvoirs supérieurs », que nous les continuons, mais pour retrouver le chemin qu’avait emprunté Ō Senseï. Certains exercices, comme Funakogi undo (mouvement dit du rameur) ou Tama-no-hireburi (vibration de l’âme), ont une très grande valeur, et lorsqu’ils sont pratiqués avec l’attention nécessaire, ils peuvent nous permettre de sentir au-delà du corps physique, au-delà de notre sensation si limitée, pour découvrir quelque chose de plus grand, de beaucoup plus grand que nous. Il s’agit d’une nature illimitée à laquelle nous participons, dans laquelle nous baignons, qui est fondamentalement et inextricablement liée à nous, et que pourtant nous avons tant de mal à rejoindre ou même parfois à sentir. Cette conception que j’ai fait mienne, n’est pas due à un rapport mystique à l’univers, mais plutôt à une ouverture psychophysique que de nombreux physiciens modernes ont approché grâce à la théorie et qu’ils cherchent à vérifier. Ce n’est pas une chose que l’on peut apprendre en regardant des vidéos sur YouTube, ni en consultant des livres de sagesse du passé malgré leur indéniable importance. C’est quelque chose que l’on découvre de manière purement corporelle, de manière absolument et intégralement physique, même si c’est un physique élargi à une dimension inhabituelle. Petit à petit tous les pratiquants qui acceptent de chercher dans cette direction le découvrent. Ce n’est pas lié à une condition physique ni à un âge ni évidemment à un sexe ou un peuple.

L’éducation

Presque tous les psychologues considèrent que l’essentiel de ce qui nous guidera à l’âge adulte se passe pendant notre enfance et plus précisément notre petite enfance.

Aussi bien les bonnes expériences que les mauvaises. Il y a donc un soin particulier à apporter à l’éducation de manière à conserver le plus possible la nature innée de l’enfant. Il ne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant faire tout ce qu’il veut, d’en faire un enfant roi, de devenir son esclave, le monde est là qui l’entoure et il a besoin de points de repère. Mais c’est très vite, souvent peu de temps après la naissance, parfois après quelques mois, que le bébé est confié à des personnes étrangères à la famille. Que sont devenus ses parents ? Il ne reconnaît plus la voix de sa mère, son odeur, son mouvement. C’est le premier traumatisme et on nous dit : « Il s’en remettra ». Certes, malheureusement ce n’est pas le dernier, loin de là. Puis vient la crèche qui s’emboîte avec la maternelle, l’école primaire, le collège puis enfin le Bac avant peut-être l’université, pour au moins trois voire quatre, cinq, six ans ou plus encore.
Mais que peut-on y faire ? « C’est la vie » me dit-on. Chacune de ces boîtes dans lesquelles l’enfant va passer son temps au nom de l’éducation, de l’apprentissage est une prison mentale. De socle commun en culture de masse, quand sera-t-il respecté en tant qu’individu plein de cette imagination qui caractérise l’enfance ? On lui apprendra à obéir, il apprendra à tricher. On lui apprendra à être avec les autres, il apprendra la compétition. Il sera noté, on appellera cela émulation, et ce désastre psychologique sera vécu par les premiers comme par les derniers des élèves.
Au nom de quelle idéologie totalitariste forme-t-on les enfants et toute la jeunesse à la peur de la répression, à la soumission, au désengagement et à la désillusion ? La société d’aujourd’hui dans les pays riches ne nous propose rien de bien nouveau : travail et loisirs ne sont que des synonymes de l’idéal romain du pain et des jeux, l’esclavage antique n’est que le salariat de maintenant. Un esclavage amélioré ? Peut-être… avec une lobotomisation spectaculaire, garantie sans facture, grâce à la publicité pour la marchandise dont on nous abreuve, et son corollaire : l’hyper-consommation de biens tant inutile que néfaste.
La pratique de l’Aïkido pour les enfants et les adolescents est l’occasion de sortir des schémas que propose le monde qui les entoure. C’est grâce à la concentration exigée par la technique, une respiration calme et sereine, l’aspect non compétitif, le respect de la différence, qu’ils peuvent conserver, ou si besoin retrouver leur force intérieure. Une force tranquille, non agressive, mais pleine et riche de l’imagination et du désir de rendre le monde meilleur.

Une philosophie pratique ou, mieux dit, une pratique philosophique.

La particularité de l’École Itsuo Tsuda vient du fait qu’elle s’intéresse plus à l’individualité qu’à la diffusion d’un art ou d’une suite de techniques. Il ne s’agit pas de créer un individu idéal, ni de guider quiconque vers quelque chose, vers un modèle de vie, avec tel taux de gentillesse, tel taux d’amabilité ou de sagesse, de pondération ou d’exaltation, etc. Mais de réveiller l’être humain et de lui permettre de vivre pleinement dans l’acceptation de ce qu’il est au sein du monde qui l’entoure sans le détruire. Cet esprit d’ouverture ne peut que réveiller la force qui préexiste en chacun de nous. Cette philosophie nous porte à l’indépendance, à l’autonomie, mais non à l’isolement, au contraire, par la découverte de l’Autre, par la compréhension de ce qu’il est, et au-delà de ce qu’il est peut-être devenu. Tout cet apprentissage, ou plutôt cette réappropriation de soi, demande du temps, de la continuité, de la sincérité afin de réaliser de manière plus claire la direction vers laquelle on désire se rendre.

Le dépassement, ce qu’il y a derrière.

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, est ce qu’il y a derrière ou plus exactement ce qu’il y a au fond de l’Aïkido. Lorsqu’on prend un train on a un objectif, une destination, avec l’Aïkido c’est un peu comme si au fur et à mesure que l’on avance le train changeait d’objectif, comme si la direction devenait à la fois différente, et plus précise. Quand à l’objectif, il s’éloigne malgré le fait que l’on pense s’en être rapproché. Et c’est là qu’il faut prendre conscience que l’objet de notre voyage est dans le voyage lui-même, dans les paysages que l’on découvre, qui s’affinent, et se révèlent à nous.

« L’Aïkido est-il un art martial ? » un article de Régis Soavi

Notes

* Tsuda Itsuo, Le Non-faire, Le Courrier du Livre, 1973, p.7.
** Tsuda Itsuo, La Voie du dépouillement, Le Courrier du Livre, 1975, pp.148-149.

Buongiorno Malattia #2

Seguito dell’Intervista a Régis Soavi sul Katsugen Undo (o Movimento rigeneratore), una pratica elaborata da Haruchika Noguchi e diffusa in Europa da Itsuo Tsuda: articolo di Monica Rossi pubblicato sulla rivista « Arti d’Oriente » (num. 4 / maggio 2000).

per leggere la parte 1 –> http://www.ecole-itsuo-tsuda.org/it/bonjour-maladie/

Partita #2

-Come si può definire yuki?

– Far passare il ki.

-Come avviene che yuki aiuti ad attivare il movimento?

– Aiuta nella misura in cui sono stati fatti i tre esercizi, oppure gli esercizi per il movimento mutuale (l’attivazione attraverso i secondi punti della testa); questo è un altro modo di attivare il movimento. Yuki aiuta perché attiva; è molto importante per me dire che il yuki è fondamentalmente diverso da ciò di cui in genere si sente parlare, perché quando si fa yuki si ha la testa vuota, non si guarisce nessuno, non si cerca alcunché; si è solamente concentrati in questo atto. Non ci sono intenzioni e questo è fondamentale. Nello statuto del dojo, d’altra parte, è scritto che pratichiamo « senza scopo ».

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Buongiorno Malattia #1

Intervista a Régis Soavi sul Katsugen Undo (o Movimento rigeneratore), una pratica elaborata da Haruchika Noguchi e diffusa in Europa da Itsuo Tsuda: articolo di Monica Rossi pubblicato sulla rivista « Arti d’Oriente » (num. 4 / maggio 2000).

 » Dopo aver letto i libri di Itsuo Tsuda (1914-1984), affascinata dalle sue argomentazioni che spaziano liberamente tra l’Aikido, i bambini e il modo in cui nascono, le malattie e i ricordi di Ueshiba Morihei e di Haruchika Noguchi, volevo saperne di più: mi era rimasta la sensazione che qualcosa mi sfuggisse.

Ho cominciato la mia investigazione su cosa consistesse effettivamente questo Movimento rigeneratore (katsugen undo) di cui parla Tsuda, un movimento spontaneo del corpo che sembra poterlo rimettere in equilibrio senza aver bisogno di intossicarlo con le medicine. Concetto antico, ma tuttora rivoluzionario, soprattutto nella nostra società. Non sono riuscita a ottenere risposte soddisfacenti alle mie domande: chi aveva praticato il Movimento rigeneratore non riusciva a descrivermi che cosa fosse; la risposta era sempre: « devi provare per capire; e la prima volta rimarrai sicuramente un po’ scossa ». Così mi sono decisa. La scuola che fa riferimento agli insegnamenti di Itsuo Tsuda è a Milano la Scuola della Respirazione. Lì si praticano Aikido e Movimento rigeneratore (in sedute separate). Per poter frequentare le sedute di movimento, però, bisogna prima frequentare uno stage condotto da Régis Soavi, che ha portato avanti il lavoro di Tsuda in Europa, durante un week-end.Regis Soavi en conférence

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Aikido : un’evoluzione dell’essere

Di Régis Soavi

L’Aikido è uno strumento della mia evoluzione, mi ha fatto evolvere, ho dovuto soltanto seguire con tenacia questa strada che si apriva davanti a me, che si apriva dentro di me. Come tanti altri, sono arrivato a questa pratica per la sua marzialità. Ma la sua bellezza, come anche l’estetica dei suoi movimenti, mi hanno rapidamente affascinato, e questo già con il mio primo professore Maroteaux Sensei. Poi, quando ho avuto modo di vedere Masamichi Noro Sensei, e Nobuyoshi Tamura Sensei, ho avuto la conferma di quello che avevo intuito: l’Aikido era una cosa completamente diversa da quello che conoscevo.

Arrivavo dal mondo del Judo, con le immagini che ci erano state trasmesse, come ad esempio quella del ramo di ciliegio che si copre di neve e che tutt’a un tratto la lascia cadere e si raddrizza. Ero già andato oltre le idee che giravano all’inizio del secolo e negli anni cinquanta di un “Jiu Jitsu giapponese che trasforma un uomo piccolo e mingherlino in un mostro di efficacia”.
La realtà della mia periferia e soprattutto gli avvenimenti ai quali avevo preso parte negli anni dal ‘68 al ‘70 avevano già spazzato via tutte queste immagini. Avevo appena vent’anni quando ho incominciato a praticare l’Aikido, e se il mondo non era certo come lo avrei desiderato, poteva essere cambiato. Potevamo passare dalla barbarie mondiale, con le sue guerre, le sue carestie, le sue incomprensioni tra i popoli, ad una società più umana, una società finalmente pacificata. E ovviamente l’Aikido ce lo avrebbe permesso. Il Maestro Ueshiba era appena deceduto, ma ci lasciava un’eredità incredibile, con una quantità di discepoli giovani o meno giovani pronti a guidarci, ad insegnarci. Faccio parte di questa generazione, piena di queste speranze, dopo la delusione dovuta al disastro di quello che avevamo sperato essere una rivoluzione umanista nel Maggio ‘68 in Francia. La filosofia trasmessa dall’Aikido risuonava in noi, ci incitava ad essere forti per combattere l’ingiustizia. Come spiegavano i libri di Tadashi Abe e Jean Zin1, di E. Herrigel2, o anche un po’ più tardi e a modo suo di K.G. Durkheim3, era un’Arte Cavalleresca. Forse saremmo stati i cavalieri dei tempi moderni… Jigoro Kano Sensei aveva, all’alba del ventesimo secolo, trasformato il Jiu Jitsu in “un’arte”, una via, era stato uno degli iniziatori di questo cambiamento storico ed era riuscito a farlo conoscere. Gli ideali di Kano Sensei dovevano essere trasmessi dall’educazione, l’arte del Judo ne era lo strumento.
O Sensei Morihei Ueshiba si era anche lui evoluto. Come ogni uomo, il tempo, l’età, l’esperienza, ma molto più di tutto questo, la sua illuminazione, questo istante di coscienza, che evocava così bene ed in modo così poetico e che aveva aperto in lui una porta verso l’ignoto.
Dell’Aikido che si era già costruito come pratica marziale, arte del combattimento, ha tenuto la forma, il rigore, ma la filosofia che ne costituiva la base non era più la stessa, iniziava a parlare dell’amore con la A maiuscola, dell’“Amore universale”.

Un’altra dimensione

Quando Tsuda Sensei che aveva già quarantacinque anni incontrò il Maestro Ueshiba che ne aveva settantasei, misurò subito la grandezza di O Sensei, l’intensità del suo messaggio. Poteva capirlo grazie alla sua età, alla sua cultura immensa, e forse anche perché non arrivava dalle arti marziali, ma dal Seitai, che studiava con Haruchika Noguchi Sensei4 già da una quindicina di anni. Profondamente pacifista, aveva anche subito in età adulta, la Seconda Guerra mondiale, con il suo corteo di massacri e la sua tragica fine nucleare.
Con Itsuo Tsuda scoprivo qualcosa di diverso da quello che avevo appreso fino ad allora. Non si trattava di esercitarsi o di integrare delle tecniche e di ripeterle all’infinito. Ci presentava qualcosa di diverso, un’altra dimensione. Il suo talento era nella respirazione, il ki, questa nozione così misteriosa, che con lui, diventava estremamente concreta, comune, quasi banale.

A causa, e soprattutto grazie a questo, il mio Aikido evolveva, la mia pratica si trasformava. Avevo sentito parlare dell’aspetto religioso dell’Aikido, del rapporto che il fondatore aveva coltivato con l’Omoto-kyo fino alla fine della sua vita. Questo aspetto è stato rifiutato da alcuni aikidoka. Le religioni non erano più di moda ed in ogni caso non bisognava mescolare le cose, bisognava sbarazzarsene, ritornare indietro, alle origini, al combattimento, alla dura realtà della vita e quindi più o meno alla giungla. Gli avvenimenti recenti non gli danno forse ragione, con la loro violenza, ed i suoi corollari, il suo corteo di protezioni, la tendenza al ripiegamento su se stessi, sui propri interessi?

Il mio maestro ci proponeva una prospettiva tutta diversa. Parlava spesso della sua immensa ammirazione per il Maestro Ueshiba. Ci diceva che lui stesso stava cercando nella direzione che gli aveva dato il suo maestro. Ci guidava verso il sacro, non verso il religioso ma verso il sacro, era la sua maniera di insegnarci l’arte del misogi,5 di trasmettere un messaggio a questo piccolo gruppo di Francesi che ignoravano, all’epoca, tutto o quasi delle tradizioni e della cultura giapponesi.

L’Aikido evolve

Per Régis Soavi, l'Aikido, è l'approfondimento della percezione del ki.
Per Régis Soavi, l’Aikido, è l’approfondimento della percezione del ki.

Se l’Aikido si è evoluto, dobbiamo per questo classificarlo oggi tra le tecniche di benessere, di rilassamento o di gestione dello stress? La filosofia della nostra arte forse non ha finito di sorprenderci, per chi sa scavare, ed andare alla radice dell’essere umano, grazie a questo formidabile strumento.
Se l’Aikido evolve è attraverso il nostro incontro con esso, perché ogni giorno, ogni mattina precisamente, durante ogni seduta ci mettiamo in armonia con l’altro, gli altri, e di conseguenza con l’Universo.
L’Aikido è multiplo ma il suo fondamento è “UNO”, è per me una ricerca, un approfondimento della mia respirazione, della mia percezione del ki. Perché il cambiamento che si produce dentro di noi è la scoperta del mondo del ki.
L’Aikido evolve perché io evolvo. La mia comprensione lo fa evolvere in me.
La nostra arte ha fatto molto più che evolversi, si è radicalmente staccata dalle sue origini, ha cambiato orientamento, ha cambiato il “nostro” orientamento.

La mia domanda è quindi: dobbiamo far evolvere l’Aikido perché non è più adatto alla nostra epoca? Il mondo è cambiato certo, i suoi valori non sono più gli stessi, ma gli individui sono realmente cambiati? Oppure vogliono una volta ancora uscire dall’impasse in cui la società li ha portati?

Soffocare il nostro mondo interiore per sopravvivere o risvegliare il nostro mondo interiore per poter vivere.

Se tante persone cercano oggi in direzioni diverse da quelle che ci propone la società, non è per farla continuare così com’è, ma proprio perché desiderano cambiarla. Cambiarla per andare avanti e non per tornare indietro. Ma andare avanti non vuol dire fare tabula rasa del passato, al contrario. Bisogna saper approfittare dell’esperienza di questo passato, perché ci sono radici sane, non tutto è da buttare alle ortiche. In una società in cui gli individui sono diventati intercambiabili, ci sono dei valori eterni che possiamo conservare o ritrovare, ovvero riappropriarcene. Uno di questi valori è l’individualità, la differenza e la ricchezza delle persone che non chiede di meglio che di sbocciare. L’Aikido è qui per permettere loro questo sbocciare. Per questo sarà necessario lavorare sulla sensibilità, bisognerà ritrovarla nei meandri del nostro inconscio, del nostro involontario, di quello che fa di noi degli esseri umani, e non dei robot.

Il mondo dell’Aikido è per la maggior parte un mondo maschile, la sua evoluzione si farà anche attraverso il riconoscimento reale del femminile, come un mondo con valori propri, così vicino e allo stesso tempo così lontano.
Questo riconoscimento di un mondo che ha mantenuto un contatto con la vita nella sua semplicità, nel suo lato primitivo e propriamente istintivo può aiutarci a ritrovare noi stessi. Finiremo forse con l’apprezzare quello che sarà un vero equilibrio, basato su un’uguaglianza reale e non dettato da convenzioni antiquate. Un’uguaglianza dove la comprensione della differenza permette di apprezzarla.

Parlo della nostra evoluzione, quella che ci è indispensabile per andare avanti. I più grandi maestri non sono né aggressivi né violenti, al contrario. Anche se si parla della loro potenza, viene fatto l’elogio della dolcezza di Tamura Sensei, di Noro Sensei, di O Sensei Morihei Ueshiba, di Itsuo Tsuda Sensei. Senza che questo li sminuisca in alcun modo, senza che questo pregiudichi la loro forza, la loro personalità, al contrario. Se dovessimo trovare una via che ci porti alla pace, non sarebbe forse in questa direzione che dovremmo guardare?

L’amore di cui parla il fondatore non è qualcosa che si impara, questo Amore universale emerge dall’essere umano sincero quando si è sbarazzato da tutto quello che ne impediva l’emergere. Le sue debolezze, la sua condiscendenza, le sue paure, le sue rigidità, e tante altre cose. Ognuno di noi può fare la propria lista. Emerge dal più profondo di noi, a volte all’improvviso, sempre perché abbiamo abbandonato le nostre prerogative. Questo amore è ben lontano dall’essere un punto d’arrivo in sé, non si può misurare, la sua dimensione non è calcolabile, così può crescere mano a mano che il nostro respiro si approfondisce, che penetriamo un po’ di più in quella che chiamerò una dimensione supplementare: la sensazione concreta del ki. Al di là delle tre dimensioni a cui siamo abituati, e senza entrare nella quarta dimensione dei romanzi di fantascienza. Questa dimensione che è la sensazione fisica del ki in ogni sua forma, ci apre le porte verso una percezione più fine, più precisa del mondo. Un mondo in qualche modo allargato, un mondo che intuiamo e di cui abbiamo la chiave. Un mondo di libertà per noi e che si estende intorno a noi, che libera tutti quelli che vogliono cercare e lasciarsi guidare dalla loro intuizione, dal loro kokoro6, e dalla loro intelligenza in profondità.
La percezione di questa dimensione mi sembra essere un’evoluzione logica che deve derivare dalla natura stessa della nostra pratica e per questo dobbiamo dirigere tutta la nostra energia in questa direzione. Dobbiamo operare senza sosta perché i nostri allievi, e per estensione le persone che li circondano, possano beneficiare di questa scoperta.

L’Aikido: sport olimpico, arte di combattimento o tecnica di rilassamento?

Qual è il futuro di questa pratica? Se ha un passato glorioso sembra che oggi attiri sempre meno persone. Forse le rigidità amministrative dello Stato francese hanno bloccato l’entusiasmo delle generazioni passate. La scolarizzazione della società, già denunciata da un filosofo come Ivan Illich7 negli anni ‘70, fu applicata nell’insegnamento dell’Aikido, con i suoi programmi, i suoi esami, le sue ricompense. Questa idea di progressione basata sulla performance ha spesso, passato l’entusiasmo dell’inizio, stancato i giovani praticanti. Quelli che praticano da tanto tempo e ripetono sempre la stessa cosa non vedono più verso cosa stanno andando e a volte sono delusi da quest’arte che non ha portato loro quello che avevano creduto d’intravedere all’inizio. I nostri maestri e i nostri predecessori che avevano conosciuto O Sensei avevano visto qualcos’altro in questo uomo fuori dal comune. Sapevano che l’Aikido non si riduceva ad un’efficacia miracolosa dovuta a concatenazioni di tecniche eseguite sempre più velocemente.

Come arte di combattimento, senza gli anni di allenamento quotidiano, è molto spesso un’illusione, e anche con gli allenamenti intensivi, rimane comunque un’illusione. Anche i meglio preparati non possono garantire niente, perché tanti fattori entrano in gioco in un incontro violento. Si può allora lasciarsi andare a paragonare le differenti arti: Boxe Inglese, Cinese, Tailandese, Jiu Jitsu Brasiliano, Vale tudo, ecc., ognuno può tirare a sé la coperta argomentando. È la polemica verbale, e a volte finisce sul ring in un confronto ben lontano dagli ideali dei nostri poveri maestri, il cui unico desiderio mentre ci insegnavano quest’arte era di farci diventare esseri umani a tutti gli effetti, donne e uomini di valore. L’Aikido, con i suoi valori umanisti, era portatore di speranza nel ventesimo secolo, trovava un’eco nella nuova generazione che usciva dall’oscurantismo antiquato del conformismo. L’epoca lo ha trasformato, non ha saputo, potuto, resistere alle sirene della modernizzazione, dell’ognuno per sé, del cocooning o del ritorno al passato verso i valori-rifugio del tipo autorità, condizionamento, spirito di competizione.

L’autonomia

L’autonomia non si può insegnare, si scopre allo stesso modo delle capacità individuali, ma ci vuole tempo. Bisogna essere guidati, ma non forzati. Serve libertà, non lassismo. Forza senza rigidità. Infine, se sappiamo proporre questo in dojo che siano indipendenti dallo Stato, dalle Regioni, dai Comuni, dalle organizzazioni varie, allora vedremo persone riunirsi, per evolvere insieme grazie alla nostra pratica. Se non si dimentica che l’asse principale della nostra ricerca è il ki, le sue manifestazioni, la comprensione della sua importanza, il suo utilizzo attraverso la sensazione della vita che ci anima.

L’essenziale è nella scoperta della direzione da seguire, quella che ci porta all’autonomia, alla realizzazione dell’Essere nella semplicità.
Posso così fare mie le parole dell’Internazionale di Eugène Pottier8, come quelle della Dichiarazione dei diritti della donna e della cittadina di Olympe de Gouges9 o quelle di Gesù di Nazareth o anche quelle di Buddha. Basta che io ne faccia una lettura non di parte ed aperta. Se l’Occidente ha una mente manichea, è completamente diverso in Oriente. Senza idealizzare l’uno o l’altro, la nostra ricerca deve portarci ad afferrare il meglio di ogni cultura. Il nostro mondo non è dei più allegri, ci mostra ogni giorno, attraverso i media, il suo volto spesso così deformato, con il suo carico di incomprensioni, di difficoltà e anche di orrori. Se è difficile agire efficacemente sulla società a livello mondiale, invece, possiamo agire a livello regionale, intendo dire vicino a noi, nel nostro entourage.
L’Aikido, se si sviluppa nello spirito di cui ho provato a dare un’idea, può essere uno strumento formidabile per rendere la nostra società più umana, più tollerante, ed anche più accogliente. È un’arte eccezionale che non chiede altro che svilupparsi. Siamo noi insegnanti di oggi che dobbiamo dare risposte, dare una direzione sana alla nostra pratica, con franchezza, senza nasconderci dietro ideologie o idee preconcette, per poter essere all’altezza di quello che abbiamo ricevuto dai nostri maestri.

Articolo di Régis Soavi pubblicato in Dragon Magazine (speciale Aikido n° 16) nel mese di luglio del 2017.

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Note

1  Jean Zin et Tadashi Abe, La vittoria attraverso la pace.
2  E. Herrigel, Lo Zen e il tiro con l’arco.
3  K. G. Durkeim, Hara, centro vitale dell’uomo.
4  Noguchi Haruchika (1911-1976) è il fondatore del Seitai.
5  Per Ueshiba Morihei l’Aikido è un Misogi, una pratica di purificazione del corpo e della mente.
6  Il termine kokoro esprime un concetto, ha quindi un significato più esteso rispetto ai suoi equivalenti “cuore” “anima” o “spirito” spesso utilizzati per tradurlo.
7  I. Illich, Una società senza scuola (titolo originale: Deschooling Society).
8  Eugène Pottier (1816-1887) autore di L’Internazionale, canto rivoluzionario le cui parole furono scritte nel 1871 durante la repressione della Comune di Parigi, sotto forma di un poema alla gloria dell’Internazionale operaia.
9  Olympe de Gouges (1748-1793) ha lasciato numerosi scritti a favore dei diritti civili e politici delle donne e dell’abolizione della schiavitù.

Noguchi – Chuang-Tzu #5

Testo di  Haruchika Noguchi a proposito del capitolo di Chuang-Tzu «Lo spirito di nutrire la vita» (V). Traduzione della Scuola Itsuo Tsuda. Per leggere l’iniziohttp://www.ecole-itsuo-tsuda.org/it/noguchi-tchouang-tseu-1/

Fintanto che gli esseri umani vivono, a un certo punto moriranno. Questa affermazione è stata verificata per migliaia di anni, e quindi non è un malinteso. Le persone generalmente non accettano l’inconfutabile fatto che gli uomini muoiono, e mentre si avvicinano alla morte e sentono la morte nei loro cuori, si preoccupano e agiscono con impazienza, poiché non vogliono morire. Ma gli esseri umani sono creature che muoiono. Bach compose le Variazioni Goldberg per il sonno profondo di qualcuno, e questo pezzo dice continuamente che gli uomini sono mortali. La reiterazione è interessante perché è proprio come Bach stesso, che respirava tranquillamente e aveva uno stato di calma mentale.Lire la suite

Noguchi – Chuang-Tzu #4

Testo di  Haruchika Noguchi a proposito del capitolo di Chuang-Tzu «Lo spirito di nutrire la vita» (IV). Traduzione della Scuola Itsuo Tsuda.

Quando Kung Wen Hsien vide il Comandante dell’Esercito, disse sorpreso: “Mi chiedevo chi fosse, e sei tu. Quell’unico piede – è il lavoro dell’uomo o del Cielo?”
Il Comandante rispose: “Del Cielo, e non dell’uomo. Sostanzialmente, la forma di un uomo è determinata. Da questo, so che anche essere con una gamba sola è lavoro del cielo e non dell’uomo.”Lire la suite

Noguchi – Chuang-Tzu #3

Testo di  Haruchika Noguchi a proposito del capitolo di Chuang-Tzu «Lo spirito di nutrire la vita» (III). Per leggere l’iniziohttp://www.ecole-itsuo-tsuda.org/it/noguchi-tchouang-tseu-1/

Vivere è una questione più importante che pensare. Essere vivi non è un mezzo, ma un fine. Così la vita dovrebbe essere portata avanti naturalmente solo con lo scopo di mantenere la vita: un’inspirazione, un’espirazione, un’alzata di mano, un movimento della gamba – tutti questi dovrebbero essere per il nutrimento della vita. Pertanto stare semplicemente in salute è una cosa molto preziosa. Zensei, vale a dire, “Una vita piena”, non è altro che la strada che gli uomini seguono, ed è la strada della natura. Vivere pienamente la vita che ci è data in pace di spirito non è a favore di un contenuto spirituale, ma è ciò che avrebbe già dovuto essere realizzato prima di ogni altra cosa. Dobbiamo vivere in modo vitale la vita umana, che è salute. Vivere sempre allegramente e felicemente – questo è sempre stato quello che è il vero valore per gli esseri umani.


Gli esseri umani vivono perché sono nati, e poiché vivono, mangiano e dormono. Sono nati come risultato di un’esigenza naturale, e vivono come risultato della stessa esigenza. Vivere è naturale. E così anche morire è naturale. Per gli esseri umani portare a compimento la vita che è data loro viene prima di tutto. Ma questo non significa affatto essere attaccati alla vita. Chuang-Tzu disprezzava qualsiasi brama per cose particolari. Per lui, il sorgere di qualsiasi attaccamento è allo stesso tempo un allontanamento dalla via. Così egli parla di nutrire la vita e di mantenere il corpo in modo che il momento presente che è dato, proprio perché è il momento presente, possa essere usato pienamente, e certamente non perché la cosa data è la vita.

Chuang-Tzu ha visto come un tutto unico i contrari di bene e male, di bellezza e bruttezza, e dell’utile e dell’inutile, e per lui la vita e la morte erano anche un tutto unico, quello che nasce muore e quello che cessa di esistere torna in vita. “La vita sorge dalla morte e la morte sorge dalla vita,” ha scritto.

Quando Tsu-Yu contrasse una malattia paralizzante, Tsu-Szu andò a trovarlo e chiese: “Pensi che il tuo destino sia spiacevole?” La risposta di Tsu-Yu fu sorprendente: “Perché dovrei trovarlo spiacevole? Se si sono prodotti dei cambiamenti e il mio braccio sinistro si trasforma in un gallo, lo userò per annunciare l’alba. Se la mia spalla destra è trasformata in un proiettile, la userò per abbattere un piccione da arrostire. Se i miei glutei diventano ruote di carro e il mio spirito un cavallo, cavalcherò con loro. Allora non avrei bisogno di altro veicolo che me stesso – sarebbe meraviglioso!”
“Il tempo non cessa nemmeno per un istante, e se è destino per un essere umano nascere, allora è naturale che la forma vivente debba essere persa. Se sei felice con il flusso del tempo e in armonia con l’ordine delle cose, allora non vi è alcuna gioia o dolore particolare. Questo è quello che gli antichi chiamavano “liberazione dalla schiavitù”. Tu metti un cappio intorno al collo e non riesci a toglierlo; questo è perché esso è legato dalla mente che pensa in termini di giusto e sbagliato e buono e cattivo. Nulla può superare il paradiso. Nulla viene dall’odiare il paradiso.”
Il punto di vista di Chuang-Tzu sul nutrire la vita è chiaro nelle parole che vengono dal passaggio in cui Kung Wen Hsien parla al Comandante dell’Esercito: “Il lavoro dell’uomo è comunque il lavoro della natura”. Questa è la strada che lui percorre. All’interno della sua attitudine – che qualsiasi cosa accada, è appropriata, e che quando qualcosa accade, vai avanti e affermi la realtà – non vi è nessuna traccia della rassegnazione che si trova nel sottostare al destino. La sua affermazione della realtà non è altro che l’affermazione della realtà. La dignità dell’uomo è espressa unicamente dalle parole di Lin Chi: “Ovunque tu sia, sii padrone”.
Dal punto di vista di Chuang-Tzu, la sicurezza della gabbia per uccelli non è meglio che l’essere inconsapevolmente addormentati. Egli sente la vitalità della vita solo fintanto che l’esistenza è senza costrizioni.

(continua…)

Traduzione della Scuola Itsuo Tsuda.

immagine : Chuang Tzu. Lu Chih (1496–1576)

Noguchi – Chuang-Tzu #2

Testo di Haruchika Noguchi a proposito del capitolo di Chuang-Tzu «Lo spirito di nutrire la vita» (II). Per leggere l’iniziohttp://www.ecole-itsuo-tsuda.org/it/noguchi-tchouang-tseu-1/

Zhuangzi«Nel fare ciò che è considerato buono, evita la fama; nel fare ciò che è considerato sbagliato, evita le sanzioni; rendilo un principio per mantenere una via di mezzo, e preserverai il tuo corpo, soddisferai la tua vita, sosterrai i tuoi genitori e vivrai il tuo arco naturale di vita.»

Lette ed accettate per quello che sono, queste parole sono i principi della salute. Sento in loro, vicino a me, la forza dello spirito umano.
Quando il re di So sentì dell’intelligenza di Chuang-Tzu, mandò, con una grande dimostrazione di cortesia, dei funzionari da Chuang-Tzu, chiedendogli di diventare primo ministro; ma Chaung-Tzu rise e osservò che diecimila pezzi d’oro erano una grande somma e una posizione da primo ministro era molto elevata. Ma chiese ai funzionari se avessero mai visto un toro sacrificale addobbato per la festa. Questo toro, disse, è ingrassato con vari cibi nutrienti per l’occasione, adornato con bellissima stoffa, e condotto nella stanza degli dei. Per quanto il toro voglia essere soltanto un toro in questo momento, non può. Disse ai funzionari di partire senza fare storie e di non macchiare la sua vita, e disse che semplicemente voleva essere felice nella propria misera situazione. Parole come queste sono davvero tipiche di Chuang-Tzu, ed ancora suscitano un sorriso dopo duemila anni.
Alla fine giusto e sbagliato e lode e biasimo sono una cosa sola, Chuang-Tzu ha detto “La distinzione delle cose implica la definizione. La definizione implica la disgregazione. Con le cose, non c’è né definizione né disgregazione, solo unità. Solo il vero saggio sa che tutto è uno.” In questo modo, Chuang-Tzu ha distrutto il mondo degli opposti e l’ha frantumato. Ecco perché diceva senza preoccuparsi, “Nel fare ciò che è considerato buono, evita la fama; nel fare ciò che è considerato sbagliato, evita le sanzioni”.

Quando qualcuno dorme sul terreno umido, la forza lo abbandona e sviluppa i reumatismi. Metti un’anguilla in cima ad un albero, e lei trema di paura; fai lo stesso con una scimmia, e questo non accade. “Tra questi tre, c’è qualcuno che non conosce qual è il posto adatto per la sua vita?”

L’essere umano mangia il maiale, ai cervi piace l’erba, il millepiedi trova i vermi deliziosi, il corvo si delizia di ratti.” Tra questi quattro, c’è qualcuno che non sa cosa gli piace mangiare?”
Il maschio della scimmia prende la femmina tra le sua braccia, il cervo si accoppia con la cerva, l’anguilla gioca col pesce. Mao Chiang e Li Chi erano considerate le più belle donne di questo mondo, ma alla loro vista, il pesce si tuffò in profondità, gli uccelli volarono alto nel cielo ed il cervo fuggì.

Chi di questi non conosce il proprio oggetto dei desideri?
Rimanere al di là del bene e del male e fondersi con la natura di tutte le cose: questo è il segreto del coltivare la vita di Chuang-Tzu.

Inseguire una vita sana e fuggire per evitarne una malsana ti rende solamente irritabile e preoccupato. Essere orgogliosi dei propri talenti e desiderare essere primo nel mondo in qualcosa significa aver dimenticato il principio più importante del coltivare la vita. Un grande albero è rovesciato dal vento; l’alto rango di un ministro attrae l’invidia delle masse, ma per la persona che si è liberata da ogni vincolo e gode di una vita di libertà, un ministro, anche se ha un rango elevato e riceve un alto salario, non è più di un sandalo rotto.
“Un fagiano che vive in una palude cammina dieci passi per un becco pieno di cibo e cento passi per un sorso d’acqua, ma non vuole esser tenuto in una gabbia”.

Chuang-Tzu insegna che non c’è bisogno di essere super pedanti riguardo a una vita “salubre” o “non salubre” e agitarsi. Insegna che si respira tranquillamente e si segue disinteressatamente e con calma le richieste del corpo, e che questa è l’essenza per preservare la vita e vivere pienamente. Come possiamo essere all’altezza di questo? Adottiamo l’attitudine di qualcuno che vede un fuoco dall’altra parte del fiume ed incrocia le braccia? O c’è qualcosa di più che può esser fatto, qualcosa di positivo?
Il cuoco del principe Wen Hui disse, “Io maneggio le cose con lo spirito e non con l’occhio. Quando i sensi smettono di funzionare, lo spirito guida.” Questo è allontanarsi dalle apparenze e dimenticarle subito; essenzialmente è la stessa cosa che diceva il prete zen Lin Chi, “la mente non differisce dalla mente”. Allora, in tutto questo non c’è nulla ma il dispiegarsi di un puro atto, e questo, fondamentalmente, è ciò che è sostenuto nell’adagio del maestro di spada: “Dimentica le tue abilità ed il tuo avversario; lascialo tagliare in superficie, mentre tu incidi la sua carne; solo se ti abbandoni alla piena puoi raggiungere le acque poco profonde.”

Non possiamo dire che nel modo in cui l’arte di uccidere conduce alla strada della sincerità, sia nascosta la strada per coltivare la vita? Sconfiggere l’attaccamento alle cose, il rispetto delle regole e la paura della morte, e rendere lo spirito libero vi consente di utilizzare la spada liberamente nel mondo dell’ uomo di spada senza danneggiare nulla, e nel mondo comune vi permette di imboccare la via per coltivare la vita e di favorire l’essenza della vita. Sospetto che Wen Hui abbia imparato dalle parole del suo cuoco che è seguendo la natura delle cose che si coltiva la vita; la cosa importante è che abbia riconosciuto che il coltello del cuoco si muoveva senza l’intervento del sé,  senza che la sua lama fosse rovinata. Ad un sacerdote Zen è stato chiesto: “Tu vieni e vai, vieni e vai. Cosa intendi con questo?” “Consumo la suola delle scarpe senza scopo”, rispose.
(continua…)

Traduzione della Scuola Itsuo Tsuda.

Noguchi – Chuang-Tzu #1

Testo di Haruchika Noguchi circa il capitolo di Chuang-Tzu «Lo spirito di nutrire la vita» (I). Per leggere l’iniziohttp://www.ecole-itsuo-tsuda.org/it/noguchi-tchouang-tseu-1/

Il capitolo di Chuang-Tzu «Lo spirito di nutrire la vita» è un’esposizione del modo di coltivare lo spirito della vita, vale a dire, di tutto l’essere. Ciononostante, anche leggendo i primi due caratteri cinesi nel modo abituale, si può pensare che il titolo significhi qualcosa del tipo «le regole per rimanere in salute», il risultato è molto interessante. Finora, per quanto riguarda le regole per rimanere in salute o le regole dell’igiene, le sole cose che sono state predicate sono «tratta la vita come preziosa» e «stai attento», e non si è stati in grado di sentire, anche solo un po’, l’attività vitale della vita in queste prediche. Forse perchè in esse manca un qualsiasi elemento di Chuang-Tzu.Guarderò a «Lo spirito di nutrire la vita» non come a un mezzo per lo sviluppo spirituale, ma come ad una delle scienze della salute, e spero di essere in grado di distinguere ciò che è nascosto al suo interno: i veri tratti della vita, che è esuberante e positiva.
Chuang-Tzu comincia il suo capitolo con le parole: Le nostre vite sono limitate, la conoscenza è illimitata. È pericoloso per ciò che è limitato seguire ciò che è illimitato. Ed è più pericoloso applicare la conoscenza.


Piuttosto che usare la conoscenza per fare sette buchi nell’Informe1 (come nella parabola con cui si conclude il settimo capitolo2), Chuang-Tzu ha voluto rimanere nel nulla indifferenziato, ed ha insegnato che gli umani dovrebbero rimanere all’interno di questo.
Le nostre vite sono limitate, non ci sono limiti ai «si dovrebbe» e «non si dovrebbe», e se, possedendo limiti, si provassero a rispettare gli illimitati «si dovrebbe» e «non si dovrebbe», si rimarrebbe solo con l’ansia di non essere in grado di rispettarli. Tuttavia, la gente persegue ancora i  «si dovrebbe» e «non si dovrebbe». E la loro ansia aumenta.
La via dell’igiene è perseguita con il solo risultato che i «si dovrebbe» e «non si dovrebbe» sono moltiplicati; i «si dovrebbe» e «non si dovrebbe» a cui la gente deve dare ascolto si moltiplicano sempre più; e poi l’ansia di seguire queste regole unita alla paura di non essere in grado di farlo rende le persone ancor più timorose e deboli di spirito, e l’altro lato della medaglia è che l’ansia e la paura aumentano i poteri di agenti patogeni e di cattiva salute.

 Noguchi Haruchika. Foto da http://noguchi-haruchika.com
Noguchi Haruchika. Foto da http://noguchi-haruchika.com

Separata dal significato fondamentale del valorizzare la vita, l’igiene cerca solo di evitare la malattia, di stare lontano da cose nocive, di scappare dalle cose temute; e così diventa difficile per le persone vivere in modo vitale. Mangiare tutto ciò che si può, dormire quanto si vuole, risparmiare a se stessi i problemi il più possibile, riposare il più possibile, prendere molte medicine, evitare il caldo e odiare il freddo, vestire con più abiti del necessario, e vivere in modo sicuro con questi mezzi – possiamo chiamare questo salute? Dovremmo chiamare questi mezzi, per cui gli esseri umani hanno utilizzato ogni parte del proprio sapere, igiene?
Che forza c’è in un’enumerazione di forme? Si vizia solo lo spirito umano. Non fa solo appassire la vita?

Vivere in modo sano e vitale significa non essere intimoriti dal freddo, dal caldo, dal vento o dall’umidità, lavorare senza affaticarsi, dormire senza sognare, trovare tutto ciò che si mangia delizioso, e sempre godere della vita; non significa non ammalarsi. Non ammalarsi non dovrebbe essere uno scopo, ma un risultato. La gente in salute non è spaventata dalla malattia, e quando ne ha una l’attraversa in maniera splendida, diventando sempre più vitale e piena di vita; e non c’è bisogno di leggere dell’esperienza di Nietzsche per capire questo. Quando i si dovrebbe e i si deve controllano l’attività umana, allora gli esseri umani hanno già forgiato le catene per se stessi. La conoscenza è un’arma per gli esseri umani, ed un potere per realizzare le loro intenzioni. Ma quando la conoscenza è accumulata e la libertà dell’essere umano è ristretta, le persone diventano incapaci di vivere in modo vitale a causa dei «si dovrebbe» e «non si dovrebbe», come le corna di un cervo diventano un ostacolo per lui. E poi non c’è niente di meglio di diventare liberi tagliando questa conoscenza e gettandola via.

Quando vuoi mangiare, mangia; quando vuoi dormire, dormi; quando vuoi lavorare, lavora. Non è questione di dover mangiare, non è questione di dover dormire, non è questione di lavorare perchè devi. Tanto meno si tratta di una questione di mangiare, dormire o lavorare perchè è ciò che dice l’orologio. Non è una questione di vivere la vita di domani conformemente alla conoscenza di ieri. Domani è l’apertura al nuovo sulla base dell’esperienza di domani. La conoscenza passata, le catene abituali – separatevi da queste cose e vivete in modo vitale. L’attività vitale della vita che è sempre rinnovata appartiene alla persona che vive sempre in modo libero da restrizioni.
(continua)

Traduzione della Scuolla Itsuo Tsuda

Note :

1. Nella traduzione italiana Zhuang-zi [Chuang-tzu], Adelphi Edizioni, viene tradotto con  Indistinzione.
2. “Il sovrano del Mare del Sud aveva nome Rapidità, il sovrano del Mare del Nord aveva nome Improvviso, il sovrano del centro aveva nome Indistinzione. Rapidità e Improvviso si erano incontrati, un giorno, nel paese di Indistinzione che li aveva trattati con grande benevolenza. Rapidità e Improvviso vollero ricompensare la sua accoglienza e si dissero: «L’uomo possiede sette orifizi che gli servono a vedere, a ascoltare, a mangiare,a respirare. Indistinzione non ne ha alcuno. Proviamo a fargli dei buchi». Si misero all’opera e gli praticarono un orifizio al giorno. Il settimo giorno Indistinzione morì.”
Zhuang-zi [Chuang-tzu], Adelphi Edizioni, a cura di Liou Kia-hway, cap.VII, pag. 74-75

prima immagine : Illustrazione: Chuang-Tzu e una rana. Autore sconosciuto.

L’Aikijo esiste ?

Di Régis Soavi

Certo il jo, il bastone, è sempre stato utilizzato nell’Aikido. Ma fa realmente parte della nostra Arte? Il suo insegnamento è sempre stato particolare e persino spesso separato dai corsi regolari. Molti di noi hanno cercato, attraverso altre scuole di Jujitsu, di ritrovare delle forme, dei kata, dei “colpi segreti”. Alcuni si sono interessati al Kobudo. Tuttavia l’arte del jo nell’Aikido ha le sue specificità, le sue regole.
Per quanto mi riguarda, quello che mi ha sempre affascinato è piuttosto l’estrema precisione che si può acquisire se si segue un certo tipo di allenamento. Invece di cominciare lavorando la potenza, io trovo che sia meglio favorire il movimento, gli spostamenti e soprattutto la precisione.

Allenarsi alla precisione

regis-soaviEro un giovane insegnante quando ho cominciato ad allenarmi più regolarmente con il bastone. All’epoca fissavo un tappo di bibita all’estremità di una cordicella che appendevo al soffitto. Il mio allenamento consisteva nel fare tsuki sul tappo e ogni volta che si muoveva a immobilizzarlo di nuovo. Poi ho variato le altezze. In seguito ho lavorato gli yokomen e i colpi da sotto, sempre cercando di essere preciso e senza aumentare la velocità. Ho lavorato lentamente cercando l’angolo giusto, utilizzando gli spostamenti e poco a poco ho aumentato la velocità di esecuzione e infine ho cominciato a colpire utilizzando il movimento del tappo che volteggiava a sinistra, a destra, con dei soprassalti a volte curiosi, o addirittura inquietanti se fosse stato il bastone o il Bokken di un avversario. Potevo girare attorno a quell’asse che appendevo al centro del piccolo dojo che si trovava nel cortile di rue de la Montagne Sainte Geneviève 34 a Parigi. Me ne ricordo ancora con emozione perché è stato grazie al Maestro Henry Plée che ho potuto fare questo tipo di lavoro. Di fatto mi aveva autorizzato e anche sostenuto in questa direzione (Budoka completo, amava che ci allenassimo al massimo delle nostre capacità). Dopo vari mesi di questo tipo di allenamento, sono passato al lavoro sui makiwara ma, devo ammetterlo, senza troppo insistere perché lo trovavo noioso. Invece ho adorato i colpi in tutte le direzioni, stile “shadow boxing”.
In questo esercizio ritrovavo le difficoltà del lavoro con il tappo, con in più la potenza che dovevo controllare, i movimenti rotatori, la rapidità e soprattutto la visualizzazione. Quel lavoro di visualizzazione che già intravedevo nell’insegnamento del mio maestro Tsuda Itsuo. È anche grazie a questo che ho scoperto l’importanza di avere un proprio bastone, voglio dire uno strumento di lavoro personale. Faccio parte degli insegnanti che ritengono che il jo non debba essere un manufatto, di tale lunghezza, tale spessore, tale peso. Il jo deve essere in rapporto, senza esagerazione, altrimenti saremo di fronte a un bo, con la persona che lo possiede, la sua altezza, la sua muscolatura: ci sono delle differenze enormi, non tenerne conto mi sembra un errore, ma in ogni caso è l’uso che se ne fa che resta determinante.

La pedagogia

Per quanto mi riguarda, adesso lo utilizzo più come strumento pedagogico. Come sempre si tratta di ritrovare, comprendere le forme antiche, certo, ma soprattutto di canalizzare l’energia sprigionata, sentirla circolare, scorrere lungo questo pezzo di legno.
Il Maestro Tsuda ci diceva: “Il jo ha tre parti, le due estremità e un centro, a differenza del Bo che conta quattro parti a causa della maniera di afferrarlo, le due mani a uguale distanza dalle estremità”. Gli aspetti tecnici dei colpi variano negli tsuki, a seconda che lo si utilizzi nella forma antica che corrispondeva alla lancia, oppure come un jo, quindi molto più corto, con le due mani nello stesso senso o una opposta all’altra. Tutto questo non aveva importanza per lui: quello che contava era la trasmissione del ki e l’atto di non resistenza.
Il jo doveva soltanto permetterci di scoprire il Non-fare, di approfondire la respirazione.
Utilizzare il bastone (propongo di chiamarlo così) come se fosse un tubo vuoto che si riempie di ki, che ha una certa autonomia, che torna vivente.
Il bastone esacerba le distanze. Ci obbliga ad avere un altro rapporto con la distanza, a sentire gli assi così come i cambiamenti di direzione, di orientamento.
Certe persone hanno una particolare affinità con il jo, altri preferiscono il bokken. Benché faccia parte del mio insegnamento, lascio loro il tempo di scoprire se per loro ha un senso, se possono approfondire la loro pratica grazie a questo.
È uno dei mezzi che utilizzo a volte per far comprendere come circolano le forze che entrano in gioco nella nostra pratica: è proprio con il bastone che posso farle vedere.
Chiedo a uke di afferrare il bastone molto forte e tori deve trovare l’asse, la direzione attraverso il semplice movimento del suo corpo, del suo koshi e non dei suoi muscoli o delle sue braccia, per fare scivolare la forza esercitata, in modo che quando tori si sposta, ne segue un tale disequilibrio per uke, che accetta di cadere e cade come un frutto maturo che si stacca dall’albero.exterieur

Praticare all’aperto

C’è un momento in cui è particolarmente piacevole praticare il bastone, ed è quando si è fuori, all’aria aperta.
Ne abbiamo occasione durante gli stage d’estate che organizziamo da quasi trent’anni al Mas d’Azil, in Ariège, poiché abbiamo la fortuna di poter trasformare una vecchia palestra praticamente in disuso, in un magnifico dojo, dopo numerosi ma piacevoli giorni di lavoro. Poiché si trova accanto ad un campo da calcio, possiamo uscire per praticarvi le armi.
So che allora i praticanti hanno molto piacere di praticare fuori dai tatami.
Lo spazio è talmente più vasto che possiamo ritrovare le dimensioni che esigevano le arti antiche.
Dopo essere stati confinati in uno spazio chiuso, tutto l’interesse di queste sedute all’aria aperta è di estendersi fisicamente: niente più soffitto, niente più muri, niente più limiti. È il momento in cui ciascuno può sperimentare delle dimensioni diverse, il momento ideale per tentare, in questo spazio, di sentire più lontano. Il fatto di praticare fuori mentre siamo abituati all’uniformità dei tatami è una costrizione per tutto il corpo: il terreno non è più così piatto, ci sono delle buche, dei dossi, tutti gli spostamenti, i taisabaki, ed evidentemente le cadute o le immobilizzazioni diventano più difficili. La velocità di esecuzione dell’attacco si trova spesso diminuita per questa mancanza di abitudine ma di conseguenza, quando di nuovo si pratica sui tatami tutto diventa più facile: si è acquisita una destrezza, una rapidità, una solidità nelle gambe, un equilibrio che non si aveva prima.
Ne approfittiamo dunque per praticare con più persone, tre, quattro, sei o anche otto attaccanti (un tori e sette uke) i quali, nel rispetto della nostra Arte e senza cercare la competizione, cercano di raggiungere, di mettere in pericolo quello che è al centro. Inutile farsi un film: non siamo né samurai né agenti segreti a cui niente resiste. Si tratta di muoversi di più e meglio del solito, di sentire il movimento della nostra sfera, i suoi buchi e il rischio di avere un impatto in quei punti.
L’importanza non è data a una tecnica perfetta, sia essa in difesa o all’attacco, ma molto più alla sensazione del movimento degli altri, alla distanza, all’energia che si può lanciare.
Lo spazio così vasto permette delle circonferenze di circa otto o dieci metri a volte. Lo sguardo di tori, attraverso la sua intensità e la sua direzione precisa, libera, durante i movimenti circolari, la potenza e la velocità del bastone. Esso solo a volte, crea le condizioni favorevoli a una risposta, a uno spostamento corretto.
Non so se mi faccio ben comprendere: si tratta di un gioco in cui ciascuno dei partecipanti ha il proprio ruolo, dal più principiante al più anziano, in funzione del proprio livello.
I sei o otto attaccanti modereranno la potenza e la velocità degli attacchi (tsuki, shomen, yokomen) in funzione di questo.
Ciascuno di loro cerca la posizione giusta in modo da trovare il punto debole, la velocità di avvicinamento, l’angolo corretto. Gli attacchi si fanno il più possibile a fondo, ma sempre senza violenza e anche se possibile non troppo veloci e in ogni modo senza precipitazione. È  importante quando si lavora in questo modo essere attenti a non bloccare, a non mettere alle strette quello che è al centro, a non trascinarlo in una spirale di paura che lo porterebbe all’aggressività, ma al contrario aiutarlo ad uscire dal suo imprigionamento, tanto fisico che mentale, e permettergli di sviluppare il suo potenziale. Lo stage d’estate dura quindici giorni ed è molto concentrato: due sedute di Aikido, due sedute di Katsugen undo e una seduta di armi al giorno. Vuol dire sette o otto ore di lavoro al giorno, una cinquantina di ore la settimana.  È per questo che abbiamo bisogno di questo tipo di lavoro con il jo, grazie al quale i corpi si slegano, fioriscono e trovano un’altra dimensione. I bastoni ruotano, gli spazi si muovono, i corpi a volte stanchi si stirano. L’atmosfera resta serena, a volte anche allegra, ma vi è sempre il rigore.
Uomini, donne, bambini di ogni età nel rispetto delle loro particolarità.plusieurs-attaquants

La sensibilità del feto

Tuttavia, una precisazione: le donne incinte praticano a volte fino all’ultimo momento nella nostra Scuola. Ma fin dall’inizio della gravidanza abbiamo un’attenzione particolare al fatto che essendo in questo stato così speciale, anche se naturalmente non tocchiamo mai il corpo con il bastone, è vietato fare tsuki nella direzione del ventre. Indipendentemente dal rischio di incidente, rispetto al quale siamo sempre molto attenti. Si tratta di non dirigere il ki, altrimenti detto “l’intenzione del colpo”. Un simile ki diretto, guidato, sarebbe istintivamente registrato come pericoloso, e percepito dalla madre, e soprattutto dal bambino, il quale non è altro che sensibilità, come un’aggressione, al punto da rischiare di provocare per lo meno una paura, o una contrazione che nuocerebbe al suo buon sviluppo. Nel caso in cui si lavorino i colpi tsuki, esse si mettono da parte e guardano, ma non partecipano.

Una forza centripeta può diventare una forza centrifuga

A volte lavoriamo jo contro bokken. Qui si tratta, proprio perché le armi sono diverse, di comprendere da una parte il loro utilizzo e d’altra parte i loro limiti e capacità, senza dimenticare che dietro c’è l’essere umano. Altre volte, solo uke ha un’arma. Un bastone, un bokken, questo può fare paura se si è disarmati. Non si sa in quale direzione partirà, men, yokomen, tsuki, non si può parare il colpo con un semplice gesto della mano. Solo la schivata, il taisabaki, può evitare lo choc. La presa del bastone, del bokken, è allora una delle possibilità per fermare l’attacco, trasformarlo e renderlo inoffensivo, in modo che si possa utilizzare la sua energia nella direzione opposta o deviarla verso un’altra direzione.  È  una magnifica occasione di vedere, di sentire come una forza centripeta, per esempio, possa trasformarsi, quando entra in contatto con un centro, in una forza centrifuga e ritrovarsi proiettata verso l’esterno. Se si tratta di “fermare la lancia”1, di che cosa parliamo? Non si tratta di essere vincitore o vinto ma piuttosto di cambiare sistema, di permettere che sorga qualcos’altro, e per questo, la conoscenza dell’altro, la comprensione dell’uno verso l’altro è indispensabile. In ogni persona ci sono dei lati buoni e cattivi e delle buone e cattive abitudini: si tratta di guidare il tutto verso l’armonia. L’armonia è all’origine della nostra vita, si tratta di ritrovare il naturale che è sempre presente nel fondo di ogni individuo. Ecco, per me, la via dell’Aikido.
Il nostro orizzonte può illuminarsi se comprendiamo meglio le parole di O Sensei Ueshiba, trasmesse dal mio Maestro Tsuda Itsuo nel suo insegnamento e attraverso i suoi nove libri. Queste parole non sono rimaste lettera morta; al contrario hanno preso vita, una volta di più, e continuano attraverso quelli che, con buona volontà, seguono questa via.

Articolo di Régis Soavi sul tema del bastone nel Aîkido, pubblicato in Dragon Magazine (speciale Aikido n° 13) nel mese di luglio del 2016.

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1Budō può essere inteso originariamente come «la via per fermare la lancia».

#4 L’idea di corpo nella cultura giapponese e suo smantellamento

Fine di #1, 2 e3  L’idea di corpo nella cultura giapponese e suo smantellamento.  Articolo di Hiroyuki Noguchi pubblicato nel 2004. Tradotto dall’inglese dalla Scuola Itsuo Tsuda1.

La filosofia del Kata

E’ il modo in cui vediamo i nostri corpi, sia consciamente che inconsciamente, che determina quali esperienze percettive decidiamo di valutare. Cercando di compiere queste esperienze determiniamo le modalità secondo le quali muoviamo ed usiamo i nostri corpi. In breve ogni movimento compiuto da un essere umano è il riflesso della sua idea di corpo. Questo non si limita al movimento fisico visibile. Per esempio, è vero che
la nostra respirazione è limitata dalla struttura del nostro apparato respiratorio ma ciò che consideriamo un “respiro profondo” è determinato dalla visione individuale del corpo. Analogamente, mentre l’atto di mangiare non può prescindere dalla struttura del sistema digestivo umano, è la nostra idea di corpo che determina esattamente quale sensazione consideriamo soddisfacente e quando sentiamo che abbiamo mangiato abbastanza. Inoltre, mentre l’equilibrio fisico è sottoposto all’influenza della forza di gravità sulla struttura dei nostri corpi, quale sensazione corporea scegliamo di chiamare stabile dipende dalla concezione di corpo individuale.
Se quindi un gruppo di persone possiede un modo particolare di muovere od usare il corpo ne consegue che esse devono condividere una comune visione del corpo. Il modo di sedere formale in Giappone, chiamato Seiza, non può generare altro che un senso di costrizione a molti occidentali. Ai giapponesi tuttavia, sedere nella tradizionale posizione Seiza dava un senso di pace mentale. Questo modo di sedere, con entrambe le ginocchia piegate, genera un senso di completa immobilità. Impedisce alla mente di intraprendere qualsiasi movimento ulteriore, in effetti, eseguire movimenti improvvisi da questa posizione è piuttosto difficile. Sedere in Seiza obbliga ad entrare in uno stato di completa ricettività ed è in questa posizione che i giapponesi scrivono, suonano e mangiano. In momenti di tristezza, di preghiera o di risoluzione, il Seiza è stato indispensabile per il popolo giapponese. Lire la suite

#3 L’idea di corpo nella cultura giapponese e suo smantellamento

In seguito a #1 e 2 L’idea di corpo nella cultura giapponese e suo smantellamento.  Articolo di Hiroyuki Noguchi pubblicato nel 2004. Tradotto dall’inglese dalla Scuola Itsuo Tsuda1.

L’idea di corpo nell’ascetismo

Hiroshige,_The_moon_over_a_waterfall_512Con l’arrivo del buddismo millecinquecento anni fa, l’età dei re, simboleggiata dalle grandi tombe, terminò ed il Giappone entrò in una nuova era, governata dalla religione. Come con la restaurazione Meiji, lo stile di vita dei giapponesi fu radicalmente transformato. La cosa piuttosto interessante è che, contrariamente alla Restaurazione Meiji, l’arrivo del buddismo sembrò piuttosto chiarire la natura specifica della cultura giapponese.
Fortunatamente il buddismo non venne trasmesso direttamente dall’India ma arrivò dopo aver transitato per la Cina. Durante il suo passaggio in Cina, il buddismo non ebbe altra scelta se non quella di fondersi con gli antecedenti indigeni del taoismo, che includono varie pratiche mistiche quali il fangshu e le filosofie di Lao-Tzu e di Chuang-Tzu. Queste pratiche, successivamente integrate nel taoismo, contemplano tutte delle pratiche ascetiche mirate alla coltivazione della longevità. Possiamo dire, di conseguenza, che il buddismo che arrivò in Giappone era stato già purificato dai cinesi, nel senso che era caratterizzato da una forte enfasi sulle pratiche ascetiche di tipo taoista [Sekiguchi, (1967)].Lire la suite

#2 L’idea di corpo nella cultura giapponese e suo smantellamento

In seguito a #1 L’idea di corpo nella cultura giapponese e suo smantellamento. Articolo di Hiroyuki Noguchi pubblicato nel 2004. Tradotto dall’inglese dalla Scuola Itsuo Tsuda1.

Percepire la vita in tutte le cose

HiroshigeTra le politiche di occidentalizzazione che portarono allo smembramento della cultura tradizionale giapponese ci fu, nel 1873, il cambio del calendario. Il governo Meiji decise di abolire il calendario lunare-solare che era stato utilizzato per milleduecento anni e sostituirlo con il cosiddetto calendario gregoriano o calendario solare. L’uso effettivo del nuovo calendario si realizzò solo 23 anni dopo il decreto governativo causando grande confusione nella popolazione. Ma, cosa più importante, ebbe un enorme impatto sul fondamentale senso delle stagioni e dei cicli della vita del popolo giapponese. Il vecchio calendario era comunemente chiamato il “calendario del fattore” a causa dei suoi stretti legami con le attività agricole [Fujii, (1997)]. Non veniva calcolato unicamente su base astronomica, ma si basava su una profonda comprensione dei cicli vitali di piante e creature della terra, con ulteriori aggiustamenti in accordo con l’osservazione dei corpi celesti. Si può dire che il passaggio dal vecchio al nuovo calendario fosse essenzialmente il passaggio da un ordine temporale centrato sui cicli vitali ad un ordine temporale oggettivo, basato sulla scienza astronomica occidentale.
Il vecchio calendario poneva il

capodanno in corrispondenza dei primi segnali dell’arrivo della primavera, annunciata dalla fioritura dei pruni e dal canto degli uccelli, il secondo mese corrispondeva alla fioritura dei ciliegi ed il terzo a quella dei peschi. Il tempo veniva calcolato in base ai cicli delle attività della vita nella natura che, al contrario di pianeti e stelle, non sono scanditi da intervalli regolari. Siccome il vecchio calendario dava più importanza ai cicli di crescita di piante e creature ed all’umana esperienza delle stagioni rispetto ai calcoli rigo-rosi dell’oggettiva regolarità dei movimenti planetari, ogni anno cominciava in un giorno diverso in accordo col nuovo calendario. Ogni anno, durante l’undicesimo mese, veniva annunciato il calendario per l’anno successivo in base a cui venivano pianificate le attività agricole, gli eventi e le festività. Il governo Meiji considerava non scientifico questo calendario basato sui cicli della vita e decise di usare il calendario solare basato sui movimenti planetari. Un ordinamento temporale razionale dal punto di vista dell’astronomia tuttavia non è sempre razionale dal punto di vista della vita umana e delle altre creature. La scienza moderna rigettò l’ordine temporale centrato sulla vita e propose la misura del tempo oggettivo. Successe in qualche modo lo stesso col ritmo musicale: originariamente veniva stabilito secondo la velocità del passo e successivamente venne convertito in un tempo matematico misurato dai metronomi, dando una musica che suona soffocante e rigida sia per il pubblico che per il musicista. E’ come sostituire il respiro umano con polmoni artificiali che si muovono secondo una sequenza matematicamente prestabilita. I ritmi della vita però, esistono in un ordine diverso rispetto ai cicli matematici di ripetizione.
Con il cambio del calendario il senso delle stagioni dei giapponesi andò in confusione. Il nuovo calendario non dà altra scelta se non quella di vivere in una cornice temporale completamente scissa da quella del Giappone tradizionale. Per i nostri antenati, l’inizio dell’anno nuovo corrispondeva sempre alla chiara sensazione dell’arrivo della primavera. Oggi il capodanno è posto a metà dell’inverno. Tuttavia i giapponesi continuano a scambiarsi cartoline di auguri per l’anno nuovo che celebrano la primavera. Questo non è altro che l’esecuzione di un rituale, salutare la nuova primavera senza farne però l’esperienza. Nel settimo giorno del primo mese, in tutte le case giapponesi si consuma un porridge di riso alle sette erbe primaverili. Eppure è il settimo giorno del primo mese del vecchio calendario il momento in cui queste sette erbe sono effettivamente presenti nei campi. Nessuna di queste si trova in natura il 7 gennaio del calendario corrente. Tuttavia per poter compiere questo rito fittizio i negozi riempono i loro scaffali di queste sette erbe, coltivate però in serra. Allo stesso modo il festival dello Hinamatsuri, in cui le famiglie celebrano la crescita delle loro figlie è il 3 di marzo. In questo giorno le famiglie che hanno una bambina creano uno spazio dove porre delle bambole vestite con gli abiti tradizionali contornate da fiori di pesco. I fiori di pesco non fioriscono il tre di marzo del nuovo calendario. Di nuovo, gli scaffali dei negozi vengono riempiti di fiori pro-venienti dalle serre. Il popolo del Giappone moderno ripete queste finte ricorrenze anno dopo anno. Eppure continuano a presentare il loro paese agli stranieri dicendo che “la bellezza della cultura giapponese sta nel suo armonizzarsi con la natura”. La cosa importante è che praticamente nessuno in Giappone oggi si rende conto di questa scollatura. Hanno perso la percezione diretta del cambio delle stagioni e ciò che rimane è semplicemente la relazione concettuale tra date ed eventi. In ogni caso la strana tendenza dei giapponesi di oggi a comportarsi come le genti del Giappone tradizionale nei confronti dell’esterno dopo aver accettato le politiche governative di occidentalizzazione potrebbe essere considerato un argomento interessante per lo studio dei disturbi psicologici. Ironicamente, la maggior parte dei giapponesi non sanno che nei libri di storia giapponese gli anni sono registrati in accordo con il nuovo calendario ma il mese ed il giorno seguono quello vecchio. Un altro esempio della loro confusione concerne i nomi dei mesi. Nonostante abbiano senso solo nel contesto del vecchio calendario la gente continua ad usarli anche nel nuovo. Ne risulta una sconnessione tra nome ed esperienza: Minazuki, il nome del sesto mese del vecchio calendario, che significa “il mese senza acqua”, viene oggi usato per il mese di giugno, nonostante giugno sia nel bel mezzo della stagione delle piogge. In queste circostanze non c’è da stupirsi se la maggior parte dei giapponesi di oggi hanno perso interesse nella lettura e nella comprensione dei classici. Infine, la percezione delle stagioni per i giapponesi moderni è il mero riconoscimento del cambiamento di temperatura. Le diverse stagioni non sono altro che la registrazione della distribuzione di temperature durante l’anno. Per la gente che viveva con il vecchio calendario la percezione delle stagioni non era certamente basata sul cambiamento della temperatura. Facevano attenzione ai lievi cambiamenti nell’ambiente natu-rale che li circondava, erano deliziati dal coltivare una delicata consapevolezza del cambiamento di stagione. Questo viene dimostrato chiaramente dall’antica poesia Haiku e Waka.
L’esperienza percettiva diretta del contatto con i cicli stagionali, i cui esempi abbondano nella letteratura classica giappo-nese parlano di un fondamentale aspetto della vita tradizionale giapponese: nella fattispecie, una visione del mondo in cui tutte le cose hanno vita. La capacità di percepire che tutte le cose sono vive, risonanti in armonia l’una con l’altra, era ciò che dava alle persone la certezza di essere vive. “Sono vivo” era sinonimo di “Tutto è vivo”. Coltivare la capacità di percepire un senso di vitalità nell’ambiente circostante era un modo, diretto, di nutrire la propria vita. Ze-ami (1363?-1443?) considerato il fondatore del Nô, spiega ai suoi discepoli nel Fushikaden che “la via della poesia porta longevità e dovrebbe quindi essere seguita con ogni mezzo” [Nogami & Nishio, 1958, p. 11)]. Oggi nessuno penserebbe alla poesia come ad un metodo per migliorare la salute. Ma in un mondo in cui tutto è vivo, tutto, inclusi la poesia ed il Nô, può portare la longevità poiché creare una relazione che fosse in risonanza con il mondo naturale era esattamente il modo di rinvigorire la propria vita.
La cultura tradizionale del Giappone è una cultura artigiana. I maestri artigiani di tutti i campi hanno fornito per secoli le stesse istruzioni ai loro apprendisti. Senza eccezioni, affermano che i materiali usati per la loro arte sono “vivi”. I tintori dicono che la stoffa è viva; il vasaio dice che l’argilla è viva; i fabbri sostengono che l’acciaio che forgiano è vivo [S.B.B. Inc., (19xx)].
I chiodi d’acciaio forgiati dai fabbri tradizionali giapponesi contengono più impurità di quelli moderni prodotti nella for-nace. Attualmente è stato osservato che chiodi estratti da strutture costruite seicento anni fa sono ancora privi di ruggine ed in perfette condizioni al punto da poter essere riutilizzati oggi. Questo fatto, che va contro le teorie scientifiche, può non dimostrare di per sé che tutto è vivo, ma suggerisce che l’antica credenza dei fabbri nella vitalità dell’acciaio poteva essere infusa in un singolo chiodo per renderlo forte e durevole. Questa visione del mondo, in cui tutte le cose hanno vita, era anche la base dei metodi costruttivi della tradizionale architettura lignea. Il legname da costruzione veniva lasciato all’aperto, esposto alle intemperie per un periodo di circa dieci anni. Dopo la seconda guerra mondiale tuttavia, gli scienziati fecero il loro ingresso nell’industria del legname, analizzarono la quantità di umidità contenuta nel legname stagionato all’aperto ed introdussero macchine asciugatrici che potevano ottenere lo stesso livello di umidità in sole tre ore. Comprimere dieci anni in tre ore tuttavia, rimuove l’umidità a livello cellulare rendendo superficiale la capacità del legno di assorbire l’umidità. In altre parole, priva il legno dei suoi attributi originali limitandone la durata. Sin dall’inizio, la prova scientifica ha sempre richiesto di rendere visibile l’invisibile. Il metodo usato dalla scienza è quello di convertire ciò che non può essere quantificato in qualcosa che possa esserlo: in questo caso “l’esposizione all’aria” diventa “asciugatura”. Esporre il legno alle intemperie per dieci anni significa esporlo a pioggia, vento, caldo e neve per dieci anni. I carpentieri dei santuari e dei templi di Kyoto fanno stagionare il legno nell’acqua in modo da sostituire l’acqua in esso contenuta con acqua nuova. Questo, ovviamente, differisce radicalmente dall’“asciugatura”. Il processo di esposizione all’aria aperta dà al legno dieci anni per adattarsi ad un ambiente diverso da quello in cui era cresciuto e questo riflette l’antica attitudine che considerava il legno “vivo”. Era questa capacità di percepire il legname come vivo che permetteva la costru-zione di strutture lignee che possono durare mille anni.
La politica di occidentalizzazione tuttavia continua nel mondo dell’architettura di oggi. I regolamenti governativi richiedono un tasso di umidità inferiore al 20% per il legname da costruzione. Questo valore è impossibile da raggiungere attraverso i metodi di essicazione naturale, il che significa che il governo permette solo l’uso di legno artificialmente essiccato. Nonostante sia vero che la robustezza di ciascun pezzo di legname sia maggiore quando l’umidità è inferiore al 20% le qualità naturali del legno vengono perdute; viene deprivato della sua capacità di respirare. L’architettura occidentale enfatizza la robustezza dei singoli pezzi ma non vede il legname come un essere vivente. In pratica, il legno non viene trattato diversamente dall’acciaio. L’architettura tradizionale, d’altra parte, enfatizzava l’equilibrio. Cercava la forza attraverso l’equilibrio e considerava la forza vitale del legname di cruciale importanza nell’ottenimento della robustezza desiderata.
Negli ultimi cento anni, la scienza ha fatto del suo meglio per privare il tempo del suo potere. Ma la vita cresce e matura col tempo e la compressione del tempo richiede necessaria-mente dei sacrifici. Così come l’ascolto della musica richiede un tempo che non può essere compresso, una crescita forzata può solamente generare uno sviluppo anormale. Il lavoro di stratificazione dei laccatori, la forgiatura dei chiodi dei fabbri, il lavoro dei maestri costruttori di spade, tutto ciò richiede tempo. Per secoli gli artigiani si sono concentrati nel cogliere il Ki (il momento opportuno) e nell’uso del Ma (l’intervallo temporale). Il lavoro del maestro di spada consiste nello scaldare l’acciaio, rimuoverlo al momento opportuno, quindi, dopo una pausa appropriata, raffreddarlo rapidamente nell’acqua prima di rimetterlo nel fuoco. Questo processo viene ripetuto più e più volte e l’arte consiste nel padroneggiare il tempismo, l’intensità e l’uso delle pause (Ki, Do, Ma). Queste tecniche hanno reso possibile la creazione di spade che non possono essere ripro-dotte nemmeno con le più avanzate tecnologie moderne.
Ogni pastiglia che i medici della medicina occidentale somministrano ai loro pazienti contiene una quantità di principi attivi. Un paziente ad esempio, può consumare simultanea-mente dieci principi attivi in una singola pillola. Questo illustra ancor più direttamente la natura della ricerca dell’“efficienza”, vista nell’essicazione artificiale e nei metodi di crescita forzata sopra menzionati. In parole semplici, è la conversione del tempo in spazio, e dovremmo riconoscere che questa è la vera causa degli effetti collaterali nocivi della medicina moderna. Nella pratica della medicina cinese il medico somministra un singolo ingrediente attivo al paziente, in seguito osserva i risultati prima di decidere cosa somministrare in seguito. Questo significa che ci vogliono almeno dieci giorni per somministrare dieci ingredienti. Osservare le condizioni del paziente e agire
a seconda dei progressi ottenuti è certamente un processo naturale e non dovrebbe essere bollato come “inefficiente”. Sembra inefficiente semplicemente perché la scienza ha valorizzato la sostituzione degli invisibili ritmi della vita con il visibile movimento del tempo cronologico. Questa filosofia valuta il risul-tato più del processo e la conseguenza più dell’esperienza. Dovremmo riconsiderare se la soddisfazione che cerchiamo nella vita riguarda l’esperienza o il risultato. Il ritmo contenuto nel tempo ci concede una esperienza ricca e la certezza di essere vivi. Sotto il pretesto del positivismo si cela l’assurdità dello scienziato che accende la luce per studiare l’oscurità.
Una delle abilità fondamentali nella carpenteria tradizionale è il saper discernere a colpo d’occhio l’alto ed il basso di un pezzo di legno. Questo perché i carpentieri tradizionali credono che ogni pezzo di legno contenga la memoria del cielo e della terra in cui stava in montagna, e di conseguenza, non acquisirebbe una nuova vita se non fosse posizionato secondo questa memoria. La distinzione tra la parte anteriore e quella posteriore è egualmente importante. La parte anteriore è quella che era esposta al sole; mentre quella posteriore è ovviamente quella opposta. Gli alberi cresciuti sul fronte est di una montagna vengono usati come pilastri per il lato orientale dell’edificio; alberi cresciuti sul lato ovest vengono usati per la parte occidentale. I pilastri di ogni direzione vengono sistemati a seconda di come sono cresciuti nel loro terreno natale, si crede che in questo modo gli alberi possano acquisire una seconda vita. In effetti quando anche un solo pilastro viene posizionato sottosopra lo spazio risultante darà una sgradevole sensazione di squilibrio. Gli spazi tradizionalmente abitati dai giapponesi negli ultimi duemila anni erano costruiti seguendo questi metodi che armonizzavano i materiali viventi con la vita [Nishioka, (1993)]. La risultante sensazione di essere circondati da una vita intangibile era esattamente il senso di comfort che scelsero di coltivare.
Vediamo quindi che le basi dei metodi costruttivi riscontrabili nell’architettura lignea tradizionale giapponese differiscono da quelle dell’architettura occidentale. Tuttavia i metodi tradizionali sviluppati attraverso l’acquisizione di conoscenze empiriche non basterebbero per rendere l’architettura giapponese degna di essere chiamata “cultura”. La “cultura” nell’architettura giapponese sta nell’indivisibilità della sensibilità del carpentiere dai suoi metodi costruttivi. La scoperta di come la percezione o la consapevolezza individuale dell’intangibile possa essere usata nell’esecuzione di determinate tecniche in modo che queste acquistino Vita, questo è quello che i vecchi giapponesi chiamavano Waza (arte o abilità). L’affinamento di tali Waza o, in altre parole, l’affinamento della propria sensibilità – per riprendere l’esempio dell’architettura – è ciò che genera armonia con la sensibiltà dell’abitante e crea un senso di ricchezza e comfort nello spazio abitato.
Nella sua essenza, la cultura è la condivisione di determinati valori intangibili da parte di un popolo – la coscienza collettiva di un popolo che si raccoglie di fronte all’astratto.
Consideriamo il kimono tradizionale giapponese. Diversamente dagli indumenti occidentali, il kimono non è un oggetto compiuto in sé. Il vero prodotto non è il kimono, ma la stoffa di cui è fatto. Per sua natura, il kimono è composto interamente da varie pezze rettangolari. Può quindi essere riportato facilmente al suo stato di stoffa, semplicemente scucendolo. La stoffa può allora essere tinta di nuovo e riusata per fare nuovi abiti. Può passare in questo modo anche attraverso diverse generazioni di possessori. Questo concetto di rigenerazione è fondamentale per tale visione del mondo in cui tutto possiede vita.
La costruzione dei Nô di Ze-ami richiedeva addirittura una rispondenza con i morti. Il Nô è un’arte teatrale che include danza, canto e narrazione. La vicenda viene rappresentata da tre personaggi principali: il viaggiatore, il monaco ed il fantasma. Quello che Ze-ami richiedeva dagli interpreti non era né recitazione né l’espressione delle emozioni ma una diretta rispondenza ed armonizzazione con i morti. Il Nô per Zeami era un rituale di purificazione in cui i morti dovevano essere pacificati e rinascere. Questo grave tema introdotto da Zeami portò alla cultura giapponese il concetto di Yugen (general-mente tradotto con “penetrante e profondo”). Le esperienze percettive del Mono no Aware, del Wabi, del Sabi e dello Yugen, cruciali per la comprensione della cultura giapponese, sono tutte emerse dalla stessa visione del mondo, e per questo motivo potevano essere condivise dai giapponesi [Shinkawa, (1985)].
Il tempio di Ise, con i suoi millecinquecento anni di storia, è il più importante santuario dello Shintoismo. Nella porzione di foresta compresa nel recinto del tempio, un preciso rituale è stato ripetuto ogni mattina ed ogni sera durante tutta la storia del santuario. Questo rituale chiamato Higoto-Asa-Yu-Ohmikesai implica la pulizia del santuario e l’offerta di cibo allo Spirito. L’autosufficienza è la regola. Tutte le offerte devono provenire dall’interno del recinto del tempio. Il santuario possiede i suoi orti e giardini da cui vengono raccolti riso, vegetali e frutta;
saline in cui il sale viene estratto secondo gli antichi metodi. Ed un pozzo che non si è mai prosciugato in questi millecinque-cento anni. Il cibo viene preparato con un fuoco spiritualmente purificato, chiamato Imibi, acceso ruotando un punteruolo di legno su una tavoletta anch’essa di legno – metodo risalente al periodo Yayoi – mentre le stoviglie, di terracotta non smaltata, sono cotte nel forno del tempio. L’aspetto più notevole del tempio di Ise è il rituale dello Shikinen Sengu. Questo rituale consiste nel completo disassemblamento e ricostruzione del tempio ogni vent’anni. I materiali da costruzione per i nuovi edifici provengono interamente dalla foresta del tempio. Con questi materiali gli edifici vengono ricostruiti con la stessa identica forma e nuovi alberi vengono piantati al posto di quelli rimossi per essere utilizzati nella ricostruzione rituale di duecento anni dopo [Yano, (1993)]. Queste attività, ripetute per un periodo di millecinquecento anni, illustrano la visione del mondo del tempio senza l’uso del linguaggio.
In questo modo, l’idea che la vita esiste ovunque è stata la corrente sotterranea della la cultura tradizionale giapponese. Riconosceva la vita in tutte le cose portando alla certezza di una armonia tra tutte le cose che scorre ininterrottamente dal passato al futuro.

Capitolo successivo #3 L’idea di corpo nell’ascetismo

1Journal of Sport and Health Science, Vol. 2, 8-24, 2004. http : //wwwsoc.nii ac jp/jspe3/index.htm.

Sources des images

  • Estampe : Le moineau sur le camélia enneigé.  Auteur : Utagawa Hiroshige 1 (1797-1858). Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie
  • Estampe : Les scieurs dans les montagnes de Tôtômi ( Tôtômi sanchû ) : Les « Trente-six vues du mont Fuji » ( Fugaku sanjû-rokkei ), 19 e vue. Auteur :    Hokusai Katsushika (1760-1849) Bibliothèque nationale de France
  • Stillfried & Andersen. Views and costumes of Japan d’après des négatifs de Raimund von Stillfried, Felice Beato et autres photographes. Vers 1877-1878.

#1 L’idea di corpo nella cultura giapponese e suo smantellamento

Articolo di Hiroyuki Noguchi pubblicato nel 2004. Tradotto dall’inglese dalla Scuola Itsuo Tsuda1.

In quattro sezioni : 1 Lo scenario della morte nella società moderna. 2 Percepire la vita in tutte le cose. 3 L’idea di corpo nell’ascetismo. 4 La filosofia del Kata

Al cuore di una cultura si trova una determinata visione del corpo, questa visione decide quali esperienze percettive questa cultura sceglie di apprezzare. Cercando di compiere queste esperienze, vengono stabiliti alcuni principi per muovere e trattare il corpo, questi principi
stabiliscono poi la base per la padronanza delle abilità essenziali che compenetrano tutti i campi dell’arte, creando delle ricche fondamenta su cui la cultura stessa può prosperare. La cultura del Giappone tradizionale, disintegrata dalla restaurazione Meiji, possedeva, appunto, questo tipo di struttura. L’idea di corpo, le esperienze percettive condivise ed i principi del movimento che esistevano nella cultura tradizionale giapponese erano radicalmente diversi da quelli che arrivarono dall’Occidente e che furono ciecamente disseminati dal governo giapponese a partire dalla Restaurazione Meiji. Questo articolo discute le deboli basi del Giappone moderno in quanto cultura costruita sulla distruzione delle proprie tradizioni ed esplora la possibilità di dar vita ad una nuova cultura guardando alla struttura delle propria perduta tradizione culturale.Lire la suite

Uscire dal dualismo

Di Régis Soavi

Soulevez le ciel puis repoussez la terre_TSUDA_WEBAffrontare il tema omote-ura nell’Aikido mi evoca immediatamente yang-yin ( in giapponese yo/in).
Ciononostante in occidente la tendenza generale è di percepirlo in maniera manichea; si oppongono l’uno all’altro, si dividono tra il luminoso e l’oscuro, si categorizza, si dice positivo e negativo, oltre a tutti i riferimenti che questo ci fa tornare in mente, scolastici o anche sessisti. È molto facile, abbiamo delle abitudini, non ci pensiamo neanche.

Si rappresenta il Tao disegnato a due dimensioni, o meglio sotto forma di sfera dove lo yin e lo yang si compenetrano, ma in realtà ognuno resta al suo posto: tu, io, lui, l’altro.
Si disserta filosoficamente dell’uno o dell’altro, si dimenticano i grandi pensatori cinesi: Lao Tsu, Chouang Tseu, Li Tseu, o Sun Tse, per citare i più conosciuti.
Il nero o il bianco, lo yin o lo yang. Ed il grigio cos’è?
Se si resta in un pensiero dualista, è un miscuglio dei due.
Il mio Maestro Itsuo Tsuda non citava praticamente mai omote o ura, del resto dava raramente un nome giapponese a ciò che faceva o mostrava. Perfettamente bilingue, ha sempre preferito il francese per le sue spiegazioni, particolarmente nei suoi libri che scriveva di getto, senza quasi alcuna correzione.
Sapeva guidare la nostra sensibilità e farci sentire grazie alla pratica del Katsugen undo (Movimento rigeneratore), dello yuki, e soprattutto attraverso il suo tocco o anche la sua presenza silenziosa, questo mondo non dualista che era venuto a farci scoprire.

Scoprire con il corpo

Aikido, è scoprire con il proprio corpo, voglio dire fisicamente, concretamente, sentire scorrere i fluidi seguendo i circuiti a tendenza yin o yang.

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Quando durante una seduta si cita omote o ura, si cita generalmente solo l’insieme del movimento, la sua tendenza, eventualmente il suo finale.
E’ la respirazione che può aiutarci a comprendere meglio, sentire, di cosa si tratta. È meglio cominciare lavorando con un ritmo piuttosto lento, se si va troppo veloce all’inizio è grande il rischio di non riuscirci. Ci si concentra sulla respirazione, si segue l’inspirazione, l’espirazione, ci si muove concentrandosi sulla sensazione interiore, si può lavorare su esercizi di questo tipo con un partner chiudendo gli occhi e rimanendo concentrati sul centro. Le braccia per esempio si aprono o si chiudono indipendentemente dalla nostra volontà, obbediscono ad una necessità che nasce dallo yin o dallo yang.Soulevez le ciel puis repoussez la terre_en action_ Regis Soavi_HORIZ-1_WEB

Se si vuole praticare l’Aikido come pratica del Non-Fare, tutto il lavoro si fa al livello del sentire, si scava, si approfondisce e poco a poco qualcosa si muove in noi; ed un giorno ci si rende conto che si è superato qualcosa. Questo muro che ci bloccava, che rendeva la nostra tecnica dura o incerta, e quindi artificiale, completamente fuori dalla realtà, è caduto. È in quel momento che ci si sente liberi, così liberi. La ricerca allora prende tutt’altra piega. La percezione dello yin, dello yang diventa un’evidenza. È qualcosa che ho difficoltà a spiegare a parole, perché tutto diventa semplice: i gesti, gli spostamenti, non c’è più mentalizzazione. E’ diretta a partire dal centro, e inoltre, una grande dolcezza si instaura in noi, una dolcezza che può essere yin o yang, ma che in ogni caso è molto forte, una dolcezza di una grande potenza che agisce e sa agire in armonia con il partner o l’avversario, se eventualmente le circostanze ci hanno portato in una situazione tale che colui che si trova di fronte a noi si comporti così. La tendenza durante l’inspirazione è piuttosto verso l’apertura e dunque yin; l’espirazione chiude il corpo e la sua tendenza è yang. Con la sola respirazione già si possono sentire, se si è attenti, lo yin e lo yang, ma non sono che l’espressione e la direzione di una energia che si è materializzata.
La parte visibile, quella che il corpo fisico potrà eventualmente utilizzare, è pronta.
Nel corpo la parte anteriore, il davanti, è yin e la schiena è yang, anche se le gambe sono yang davanti e yin dietro: questo è ammesso in tutte le scuole, ma il passaggio del ki dall’uno all’altro è raramente esplicitato nelle arti marziali, se ne parla spesso solo in generale.
Il mio incontro con il Itsuo Tsuda, la pratica del Katsugen undo, la scoperta del Seitai del Maestro Haruchika Noguchi sono state determinanti nella mia ricerca e mi hanno permesso una comprensione del corpo, del suo movimento che mi era mancata fino ad allora. Certe zone che erano rimaste vaghe nell’insegnamento dell’Aikido, come l’hara, sono diventate estremamente precise nel Seitai. Si può per esempio verificare lo stato dei «tre punti del ventre». Il primo che deve essere yin, il secondo che deve essere neutro, ed il terzo yang, bello positivo e reattivo.
«Lo scopo del Movimento rigeneratore è di regolarizzare il nostro organismo, di seitaizzarlo.
Regolarizzare il nostro organismo non è necessario solo per essere in salute. Qualunque sia il genere di attività che si eserciti, che si tratti di fare calligrafia, di disegnare o di praticare le arti marziali, bisogna prima di tutto cominciare col regolarizzare il nostro organismo, altrimenti si rischia di mancare il bersaglio»1

Non-fare e non dualismo

Nell’Aikido lasciamo il ki sorgere dal seika tanden, dall’hara (3° punto del ventre nel Seitai), e la sua tendenza è yang perché risulta dalla forza che viene dalla schiena, forza che non si esprimerà nelle spalle, come si vede troppo spesso, ma naturalmente grazie al koshi.
Il punto di passaggio di questa forza, di questo ki diventato yang, è la 3° vertebra lombare che è appunto in posizione yin nella colonna vertebrale. Se si visualizza la respirazione addominale si constata che l’inspirazione yin gonfia l’addome e prepara l’atto che sarà yang, nello stesso tempo, il ki discende lungo la colonna vertebrale ed irriga l’insieme del corpo.2
Quando il ki esce direttamente al livello del centro la sua tendenza quindi è yang, ma in funzione del circuito che prende si esprimerà sotto forma yin o yang. Se segue i circuiti interni del ventre, delle braccia, la parte anteriore del corpo, allora diventa yin, altrimenti la sua espressione è yang. La forza che ne risulta sarà yin o yang anche in funzione del momento in cui viene utilizzata.
Perché ovviamente, in un mondo non separato, anche il tempo fa parte di questa unità. Anche se si può rallentare o accelerare il momento di un impatto per esempio, così da trovarsi in modo molto preciso nel posto giusto, al momento giusto, con la respirazione giusta ed il ki giusto, tutto ciò non accadrà se non grazie alla coordinazione che riuscirà a fare il nostro «sistema involontario». È precisamente qui che l’insegnamento di Itsuo Tsuda ha apportato degli elementi decisivi. Perché, facendoci entrare nel mondo della sensazione, insistendo sul Non Fare, e permettendoci di scoprire il non dualismo, ci ha dato delle chiavi che possiamo utilizzare ancora oggi, perché sono alla portata di tutti, come i suoi libri testimoniano.

Yin e yang

Se si scompone un movimento come ryo te dori ten chi nage nella forma omote, uke arriva con una forza yang. È nel pieno dell’espirazione, tori lo riceve alla fine del suo yang, lo yin è già cresciuto in lui, è diventato incomprimibile, crescerà ancora e andrà a sommergere uke. Poi è la volta dello yang di crescere, lo si constata per il fatto che le braccia si girano, questa volta è la linea di demarcazione tra yang e yin che passa dal basso verso l’alto. Ma per uke il movimento è cominciato all’inizio dell’ispirazione, non potendo resistere si stacca e cade come quando un frutto è maturo e cade nella mano. Nella forma ura, tori deve aspettare perché lo yang è ancora troppo potente, gira per deviare questa forza ma appena ricostituisce la sua forza yin, può utilizzare allora lo yang per ripartire in omote o lasciare che lo yin continui il suo lavoro fino all’avvolgimento totale dell’uke.

Tenshin-nage-ura_COMMENT LE YIN DEVIENT YANG DANS TEN CHI NAGE URA_HORIZ_WEB
Lo stesso nel kokyu ho, ci sono differenti modi di fare: o si proietta subito la forza yang, oppure si lascia crescere la forza yin per utilizzare alla fine lo yang. Anche lì tutto dipende dalle condizioni, dal momento, dal partner.
La forza yang è più diretta, più dirigista rispetto allo yin, ma è facile che ci indurisca. I padri troppo autoritari conoscono questo problema con i loro figli e la rottura è spesso consumata al momento dell’adolescenza.
La forza yin è avvolgente, dolce ma alle volte mal utilizzata, come fanno certe madri. Rischiano di imprigionare il bambino e faticherà ad uscire dall’impronta e dal nido famigliare.
Idealmente lo yin quando finisce permette lo spiccare il volo del luminoso, dopo il lavoro interiore, « oscuro », della preparazione che è l’infanzia, un vero distacco senza rottura, come il frutto maturo che si stacca dall’albero al momento giusto. Lo spiccare il volo del luminoso è la libertà senza pensiero. La possibilità di essere il proprio TAO. Semplicemente la realizzazione dell’essere.

Le sfere del corpo

SPHERES_Irimi_WEBIl nostro corpo si presenta tra l’altro con una superficie esterna: la pelle, è in qualche modo la sfera materiale. Ma noi non siamo limitati dalla pelle, la pelle delimita solamente le yin interno dallo yang esterno, ura e omote. Questa superficie è una sfera che ha preso la forma di essere umano.
Al di là di questo esiste un’altra sfera che ognuno può sentire istintivamente. Si presenta piuttosto sotto la forma di un uovo deformabile in funzione dei bisogni. Questa sfera è spesso rappresentata dalle religioni, viene chiamata Mandorla o Aura. È la rappresentazione visuale di una realtà avvertita da popoli interi, e mantenuta viva nelle arti marziali. Anch’essa è yin all’interno e yang all’esterno con un limite estremamente preciso, si può così constatare che ciò che è yang rispetto alla pelle è yin rispetto alla sfera energetica.

Irimi e tenkan

Irimi_WEB

Quando si fa irimi per esempio, si fa entrare uke nella nostra sfera yin, gli si dà sollievo del suo ki yang in eccesso diventato duro, rigido, si normalizza il suo terreno, gli si permette di ritrovare un equilibrio interno. Poi in irimi nage si finisce con un movimento yang, che provocherà in lui il desiderio di cadere per evitare il peggio. D’altra parte in tenkan le due sfere si sfiorano e si compenetrano solo al livello della mano. Le superfici yang spinte, sostenute dallo yin interno, diventate forti, si affiancano, si respingono e scivolano l’una contro l’altra.
Se tori fa scivolare il gomito entrando nella sfera di uke, allora il suo movimento yin crescerà fino a sommergere uke che, anche in questo caso, cadrà per evitare gli inconvenienti di questo rovesciamento di situazione.
Nella nostra scuola, la prima parte della seduta di Aikido è una pratica solitaria. Uno degli esercizi consiste nel sollevare le braccia con le palme rivolte verso il cielo, poi nell’abbassarle. Itsuo Tsuda ci diceva: «Sollevate il cielo poi respingete la terra.» Ci sono diversi modi di fare questo esercizio. Se si cerca di sollevare con lo yang le spalle si contrarranno, se si cerca di respingere la terra con lo yin si resterà incastrati al centro del movimento. Alzare le braccia facendo corpo (yin) con il cielo e scendere in armonia con la terra (yang), era questo tipo di lavoro, di visualizzazione, che ho iniziato con il mio Maestro e che continuo da più di quarant’anni.
Rendere cosciente la circolazione del ki, migliorare la nostra percezione di questo movimento, di questa sfera di energia, di cui molti parlano ma che pochi percepiscono chiaramente, è così che concepisco il mio lavoro attualmente.
Permettere la normalizzazione del terreno delle persone che vengono al dojo, dare loro gli strumenti visibili o invisibili, consci o inconsci per permettergli di giungere all’indipendenza, all’autonomia, alla libertà interiore.
Per questo la presa di coscienza di omote-ura, in quanto espressione dello yang-yin, è a mio avviso indispensabile.

Articolo di Régis Soavi sul tema Omote-Ura, pubblicato in Dragon Magazine (speciale Aikido n° 11) nel mese di gennaio del 2016.

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  1.  Estratto della conferenza Regolarizzare l’organismo di Noguchi Haruchika sensei, tradotta in francese da Tsuda Itsuo (trad. it. Il triangolo instabile, capitolo XIX).
  2.  Il Maestro Noguchi Haruchika preconizzava d’altra parte l’esercizio Sekitsui Gyōki – 脊椎行気法 o Respirazione attraverso la colonna che si fa a partire dai « secondi punti della testa » e che permette la normalizzazione del terreno (dell’insieme del nostro corpo, beninteso in modo unitario, fisico, mentale, ecc).
  3. Foto di Régis Sirvent e Jérémie Logeay

Kokyu rivelazione dell’unità dell’essere

Di Régis Soavi

In uno dei suoi libri Itsuo Tsuda ci dà il suo punto di vista su Kokyu :

Cover_ItsuoTsuda_LaViaDellaSpoliazione_WEB«Nell’apprendimento di un’arte giapponese è sempre questione di ”kokyu”, che è l’equivalente propriamente detto della respirazione. Ma questa parola significa anche abilità nel fare qualcosa, il trucco del mestiere. Quando non si ha “kokyu”, non si può eseguire qualcosa come si deve. Un cuoco ha bisogno di ”kokyu” per servirsi bene del proprio coltello, e l’operaio per i propri utensili. Il “kokyu” non si spiega, si acquisisce.
Quand’ero giovane, ho visto un operaio lavorare con il suo cacciavite su macchinari molto arrugginiti. Ho provato a svitare, ma invano, tanta era la ruggine. Per lui, la cosa non poneva alcun problema, svitava con facilità, non perché fosse più forte, ma perché aveva il “kokyu”.
Quando si acquisisce il “kokyu”, si ha l’impressione che utensili, macchine, materiali, fino ad allora «indomabili», divengano improvvisamente docili ed obbediscano ai nostri ordini senza opporre resistenza.
Il ki , il kokyu, respirazione, intuizione, ecco i temi intorno ai quali ruotano le arti ed i mestieri del Giappone. Costituiscono il segreto professionale, non perché lo si voglia custodire come un brevetto d’invenzione o come mezzo per guadagnarsi il pane, ma perché è intrasmissibile intellettualmente. La respirazione, è l’ultima parola, il segreto supremo dell’apprendimento. Solo i discepoli migliori vi accedono dopo anni di grandi e continui sforzi.
Un maestro di arti marziali a cui i cani abbaiano non è un buon maestro, si dice. I Francesi sanno farli tacere infilando loro uno zuccherino in gola. È astuzia, è un trucco, ma non è kokyu, respirazione, che è tutt’altra cosa.»

Itsuo Tsuda, La Via della Spoliazione – Yume Editions

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Kokoro

Testo di Haruchika Noguchi, fondatore del Seitai e del Katsugen undo.

Guillemet

Il kokoro che risiede nel più profondo dell’uomo possiede delle facoltà inestimabili; le sue possibilità sono tanto illimitate e inesauribili che, se si unifica il ki e lo si concentra tutto in esso, non ci si ritroverà mai incapaci o impotenti. Tutto cambia, e non solamente il corpo, quando il ki si centra e si concentra nel kokoro. Coloro che lo mettono in pratica mi commentano in seguito i cambiamenti vissuti.

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Haruhika Noguchi Photo : Seitai Kyokaï

Molti associano la parola kokoro alla volontà, ma questa, di fatto, non possiede virtù proprie; invece, al posto di pretendere di riuscire qualcosa a forza di volontà, se visualizziamo semplicemente che ci arriveremo, il nostro desiderio diverrà realtà. Chiunque sa utilizzare il proprio kokoro vedrà la realizzazione dei propri desideri.

Dalla notte dei tempi ad oggi l’essere umano ha inventato un numero incalcolabile di cose. Ecco qui una tavola. Questa non esiste da sempre, è nata dall’uso della visualizzazione. La visualizzazione precede sempre ciò che esiste; solo dopo interviene la parola. Se noi procediamo in questo stesso ordine, passo passo, senza deviare e con fermezza, il nostro desiderio si realizzerà. Allora i diversi mondi attraverso i quali evolve l’Umanità si amplieranno ulteriormente. L’uomo è così.

Chiunque non sente più emergere il desiderio nel proprio kokoro è vicino alla fine; anche se si mantiene in vita è già a metà morto. Chiunque non sperimenta più dei nuovi desideri diventa vile e manca di slancio. Se tutti realizzassero che grazie al kokoro si aprono dei nuovi cammini nella vita, se si moltiplicassero coloro che lo sanno, io proverei una grande gioia.

Ultimamente osservo gli occhi dei bambini dell’asilo: quanti hanno già perso la loro fiamma! E lo constato ancora di più tra i bambini delle elementari. Questo è dovuto, credo, al fatto che siano già condizionati dall’istruzione ricevuta, hanno perso la motivazione, hanno già ucciso il loro desiderio. Che peccato. Se tutti noi collaborassimo a creare un mondo in cui brillino gli occhi di tutti i bambini e dei giovani, e in cui anche s’illuminassero tanto i nostri quanto quelli di coloro che ci circondano, allora il mondo evolverebbe più vivo e più gioioso. »

Testo preso dalla rivista Zensei (Barcellona) n° 28, (1° trimestre 1982)
Tradotto dallo spagnolo in francese ed italiano dalla Scuola Itsuo Tsuda
Titolo in spagnolo: EL CORAZON
Autore Haruchika Noguchi

© Seitai Kyokai, Zensei,
1-9-7 Seta, Setagaya-Ku, Tokyo, Japon

Incontro con la respirazione

itsuo tsuda respirationNato nel 1914 Itsuo Tsuda avrebbe avuto cent’anni.  Questo personaggio atipico, tenacemente indipendente, si considerava  prima di tutto un filosofo ed è una figura fondamentale dell’Aikido in Francia. È lui che introdusse il Katsugen Undo* in Europa all’inizio degli anni ’70.
Allievo diretto di O’Sensei Morihei Ueshiba per gli ultimi dieci anni della vita di quest’ultimo, Itsuo Tsuda non riteneva importante dell’Aikido né l’aspetto sportivo né quello di arte marziale, ma piuttosto la possibilità di fare attraverso quest’arte una ricerca interiore, personale. Qualificò questa dimensione come «pratica solitaria» e si dedicò a trasmetterla nei suoi libri e nel suo insegnamento.
Iniziando l’Aikido a quarantacinque anni sono le nozioni di ki e di Non Fare che l’attirano principalmente. Questi aspetti sono particolarmente tangibili in una serie di esercizi che precedeva, presso  O’Sensei Ueshiba, la tecnica e per la quale Itsuo Tsuda ha inventato l’espressione «Pratica respiratoria». Lire la suite

Norito, risonanza

Morihei Ueshiba O Senseï recitava durante il itsuo tsuda noritosuo corso il norito, invocazione di origine Shinto. Itsuo Tsuda negli ultimi anni lo recitava quotidianamente e la tradizione è proseguita all’interno della Scuola Itsuo Tsuda.

“Il norito non appartiene al mondo della religione ma certamente al mondo del sacro nel senso Animista. Le vibrazioni e la risonanza portata dalla pronuncia di questo testo ci apportano a ogni seduta una sensazione di calma, di pienezza e a volte qualcosa che va al di là e resta inesprimibile. Il norito è un Misogi.* Per sua essenza, non è mai perfetto, cambia ed evolve. È il riflesso di un momento del nostro essere. »(Régis Soavi)

Questo norito è molto conosciuto in Giappone, si chiama  Misogi no harae. La versione che recitava il Maestro Tsuda è in qualche modo una versione corta.

norito

Itsuo Tsuda ricevette questo norito dalle mani di Nakanishi sensei che incontrò in occasione di un viaggio in Giappone. Lei gli trasmise anche la posizione delle mani che, senza essere rigida, è di una grande precisione. È un nodo di ki; tutte le dita devono toccarsi e anche la posizione dei gomiti ha la sua importanza. Nakanishi sensei fu la maestra di Kotodama di Morihei Ueshiba”
da un colloquio con Régis Soavi

Itsuo Tsuda stesso scriverà: “Ad un dato momento della sua vita, il Maestro Ueshiba si è sentito bloccato nella prosecuzione della via, si è trovato di fronte ad un vicolo cieco. Era molto forte fisicamente, ma sentiva che gli mancava qualcosa. Fu allora che conobbe i Nakanishi. Aveva 56 o 57 anni mentre la signora Nakanishi ne aveva 20 e poco più. (…)”
Itsuo Tsuda, La via degli Dei

Nel suo libro La via degli Dei (ed. originale La voie des Dieux, Le Courrier du Livre – 1982), Itsuo Tsuda tenta di chiarire alcuni soggetti di diffecile accesso come lo Shinto e il Kotodama. Noi ne pubblichiamo qualche estratto per accompagnare l’ascolto della recitazione del Norito da parte di Itsuo Tsuda.

Guillemet« E’ veramente difficile definire quello che viene chiamato « shintoismo », letteralmente, la  Via degli Dei. La denominazione è stata inventata per la necessità di paragonarla con le altre forme di « credenza » che sono state introdotte in Giappone nel corso dei secoli.(…) »

« Se devo dire in poche parole che cosa sia lo shintô , citerò un proverbio francese del XV secolo: «Acqua che scorre non porta con sé alcuna immondizia». Ciò che è importante, non è il dogma, ma la sensazione immediata di serenità. E’ possibile mantenere costantemente una sensazione di serenità, in qualsiasi circostanza? Se ci riuscite, non ho nulla da aggiungere. Sono piuttosto dell’avviso che la maggior parte delle volte, proviamo una serenità  precaria in certe particolari condizioni. Ci sforziamo di conservare questa serenità irrigidendoci. Significa salvare le apparenze.  È  essere ciechi non ammettere che abbiamo debolezze e difetti. Questo proverbio è oggi quasi sconosciuto. .(…) »

Kotodama (vibrazioni)

« Tutto l’Universo è concepito come pieno di sensazioni vibratorie. Queste vibrazioni esistono prima di essere percettibili.  Così, il Maestro Ueshiba parlava spesso, per esempio, del kotodama  della vocale «u», vibrazione che nasce dal ventre. Spiegava le funzioni di tutto il vocalismo che erano, in fondo, molto semplici, ma mi era difficile capirle perché si trattava di cose che non rientravano nelle mie abitudini.(…) »

« Secondo la signora Nakanishi, la particolarità del budô, delle arti marziali, risiede nell’attitudine a rispondere alle risonanze. E’ in questo che le arti marziali si incontrano col kototama . E’ anche in questo che differiscono dagli sport. In effetti, le arti marziali sono nate in tempi in cui si era esposti continuamente alla fatalità, senza preavviso. Non si trattava di esibire una tecnica fisica, davanti a degli spettatori in ammirazione, come al circo. Bisognava sentire l’avvicinarsi di un pericolo prima che i dati percettivi lo confermassero. Il momento della conferma è già troppo tardi perché determina non dei punteggi, ma la vita o la morte.(…) »

« L’aikido  concepito come movimento sacralizzato dal Maestro Ueshiba, sta scomparendo per lasciare il posto all’aikidô  atletico, sport di combattimento, più conforme alle esigenze dei civilizzati.
«Il vero budô  deve essere come una specie di mai » ha detto la signora Nakanishi. «Sono gli altri che vi girano intorno, ma il vero maestro non si muove».
Nello shintô , non c’è opposizione tra Dio e uomo come nel cristianesimo. Si tratta di ritrovare Dio in voi stessi. Questo viene chiamato chinkon kishin , placare l’anima e fare ritorno a Dio. Di fatto, non si può né calmare né agitare l’anima. Si purifica il ki  che si attacca alla nostra persona per mantenerci in vita, ma che allo stesso tempo ci espone a costanti agitazioni. (…)
« Ha detto anche: «Di miracoli non abbiamo bisogno. La cosa più difficile è essere naturali, essere normali». Il mare calmo riflette la luna nella sua forma rotonda. Il mare agitato non dà che riflessi frammentati.(…) »

« L’insegnamento della signora Nakanishi mi ha svelato una nuova dimensione dell’universo. L’universo dello shintô  non corrisponde in niente alla concezione geocentrica pre Copernicana né alla concezione eliocentrica, consolidata da Newton. L’universo di cui lei parla non è situato da nessuna parte. Si crea dal Vuoto originale, nel momento e nel luogo in cui vi è necessità, e scompare appena il caso è chiuso.
A partire dal Vuoto, si crea il Niente ed il Niente crea l’Esistenza. E L’Esistenza culmina nel Niente che ritorna al Vuoto. Non c’è quindi una creazione all’inizio del mondo, una volta per tutte. Ogni istante può essere il momento della creazione. Chiunque ci provi può creare l’Universo là dove si trova.
Non dobbiamo dunque discutere con un Gagarin per negare o affermare l’esistenza di Dio nello spazio. Lo shintô  è troppo fluido per irrigidirsi nella sclerosi.

Ogni giorno è il primo giorno della creazione. Ogni giorno è forse l’ultimo giorno del ritorno al Vuoto.(…) » Itsuo Tsuda La Via degli Dei

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Calligrafia «I pesci nell’acqua»

calligraphie itsuo tsuda les poissons dans l'eauOgni anno, in occasione dell’annuale stage d’estate, la Scuola Itsuo Tsuda prsenta una calligrafia di Itsuo Tsuda montata su kakemono (inquadramento giapponese).
È un ‘occasione di ri-scoprire queste tracce, questo insegnamento che ci ha lasciato.
Per lo stage d’estate che si è concluso a fine luglio, abbiamo potuto approfittare della calligrafia «I pesci nell’acqua», tracciata da Itsuo Tsuda ispirandosi a questa storia di Zhaung-zi:

 

 

 

 

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Haruchika Noguchi

Nacque a Ueno, quartiere di Tokyo, nel settembre 1911. Tutto cominciò all’età di tre o quattro anni quando si stupì di aver alleviato il mal di denti a qualcuno semplicemente posandovi le mani: era un bambino, le sue mani andavano verso il bersaglio, senza rendersi conto di ciò che faceva. Il suo primo exploit lo compì a dodici anni, quando procurò la guarigione dei suoi vicini che soffrivano di dissenteria, dopo il grande terremoto che colpì la regione di Tokyo nel 1923. A quest’età cominciò a ricevere persone che gli domandavano di esser curate. All’epoca non aveva alcuna conoscenza, nemmeno elementare, di anatomia e di medicina. Adolescente, cominciò a prendere coscienza delle conseguenze dei suoi atti. All’inizio credeva, come accade a quasi tutti i guaritori, di avere un potere eccezionale, che solo lui possedeva. In questo trovò la propria vocazione, ma non si fermò a questo stadio e continuò. Da autodidatta studiò tutti i metodi terapeutici orientali ed occidentali. A quindici anni aprì un dojo a Iriya. A diciassette anni formulò Precetti della vita piena (Zensei Kun), che permettono di comprendere meglio il suo pen­siero. Nel 1930 scrisse Riflessione sulla vita integrale, testo sorprendente per un giovane che aveva allora solo diciannove anni.

haruchi ka noguchi créateur du seitai
Fu negli anni Cinquanta che il Maestro Noguchi cambiò totalmente orientamento. Attraverso la propria esperienza pratica e studi personali arrivò alla conclusione che nessun metodo di guarigione può salvare l’essere umano. Abbandonò la terapeutica, concepì l’idea di Seitai e il Katsugen undo. La salute è una cosa naturale che non richiede nessun intervento artificiale. La terapeutica rafforza i rapporti di di­pen­denza. Le malattie non sono cose da guarire, ma delle occasioni di cui bisogna approfittare per attivare l’organismo e riequilibrarlo. Decise quindi di smettere di guarire le persone e di diffondere il Katsugen undo e yuki, non prerogativa di una minoranza, ma atto umano e istintivo.
Nel 1956 creò l’Associazione Seitai, ancora oggi riconosciuta e appoggiata dal Ministero dell’Educazione Nazionale (non il Ministero della salute) del Giappone.
Insegnò direttamente ai membri dell’associazione, tenne conferenze in tutto il Giappone. Lasciò molti libri.
Ebbe quattro figli con la moglie Akiko (1916~2004).
Nel 1976 morì a sessantaquattro anni nella sua casa di Tokyo, circondato dalla famiglia.

Estratti dall’opera di Itsuo Tsuda e dalla biografia del sito www.seitai.org

Ginevra, Katsugen Kai

Questo articolo racconta la storia del dojo di Ginevra (Katsugen Kai, gruppo di movimento rigeneratore), si trova in filigrana il percorso di Itsuo Tsuda dai suoi primi anni in Europa. E’ stato UNE_ItsuoTsuda_geneve_groupepubblicato in aprile 1987 nel «giornale del dojo». Scritto da un co-responsabile del dojo, Sven Kunz, è qui riportato con la gentile autorizzazione del suo autore. L’articolo è preceduto da un estratto delle lettere di Itsuo Tsuda inviate a Ginevra nel 1975.

Guillemet

Il lavoro è ciò che ci permette di avere i piedi per terra.

Non predico l’evasione, la rinuncia. L’utopia non esiste da nessuna parte, salvo dove si è. Se lo si sa attendere, il cambiamento interiore si farà e non si vedrà più la cosa nello stesso modo.

C’è il fenomeno della fissazione molto forte negli occidentali, ed è inevitabile che ci si sfoghi nella discussione.

Non ho mai impedito alle persone di discutere, è il loro sport preferito. Ora, queste discussioni oziose sono quasi sparite.

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Dal Filosofo del Ki #2

Seguito e conclusione del reportage pubblicato sulla rivista « Question de » nel 1975, realizzata da Claudine Brelet (antropologa, esperta internazionale e donna di lettere francese) a Itsuo Tsuda.Itsuo tsuda Katsugen undo

Partita #2
Si possono « fondere » respirazione e visualizzazione?
– Effettivamente, la visualizzazione costituisce uno degli aspetti del Ki. La visualizzazione gioca un ruolo fondamentale, primordiale nell’Aikido. È un atto mentale che produce effetti fisici. La visualizzazione fa parte dell’aspetto « attenzione » del Ki. Quando l’attenzione è localizzata, ferma al polso, per esempio, la respirazione diventa superficiale, perturbata…si dimentica tutto il resto del corpo.

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Dal Filosofo del Ki #1

Questo articolo è stato pubblicato sulla rivista « Question de » nel 1975.
Claudine Brelet (antropologa, esperta internazionale e letterata francese), che ha realizzato questo articolo e questa intervista, è stata uno dei primi allievi di Tsuda.

Prima parte
Sul limitare del bois de Vincennes, in fondo ad un giardino della periferia parigina, esiste un dojo molto particolare. itsuo tsudaUn dojo, cioè un luogo in cui si praticano l’Arte della respirazione e le Arti marziali. Non è una palestra. È piuttosto un luogo consacrato dove lo « spazio-tempo » è diverso da quello di un luogo profano. Entrando si saluta per sacralizzarsi ed uscendo per desacralizzarsi. Lire la suite

Trailer…

C’est avec plaisir que nous vous présentons un programme encore en cours d’élaboration, mais qui prend forme… une année comme une mosaïque, un puzzle qui s’assemble… en attendant voici la « bande annonce » !

CENTENAIRE D’ITSUO TSUDA

Portrait d’un homme foncièrement libre

Événement hommage les 15 et 16 novembre 2014

De 10h à 18h, entrée libre. Dojo Tenshin 120 rue des grand-champs 75020 Paris

Programme

Les témoignages de :

Jean-Marc Arnauve, karateka, aikidoka, technicien seïtaï

Kika Juan, Artisan restauratrice d’art

Régis Soavi, aikidoka, conférencier

Bruno Vienne, réalisateur, cinéaste

***

Sur les Traces d’Itsuo Tsuda…

Exposition de calligraphies originales

Avec l’aimable autorisation des propriétaires

***

De la liberté de penser, à la liberté intérieure

Récit biographique

par Yan ALLEGRET, écrivain, metteur en scène

***

Itsuo Tsuda, un homme ordinaire

Exposition photo(dont des inédits)

présenté par Jérémie LOGEAY, photographe

Tirage selon le procédé de la Piezographie, aux pigments de charbon d’une intensité et d’une densité exceptionnelles

A la recherche du moment juste

L’écrivain et metteur en scène Yan Allegret s’intéresse depuis vingt ans à l’Aïkido et à la culture japonaise traditionnelle. Il a pratiqué dans différents clubs et dojos en France et au Japon, en s’intéressant à la notion de dojo : ce qui fait qu’un espace devient, à un moment «le lieu où l’on pratique la voie». Après sept années, il découvre un endroit particulier, niché au cœur du vingtième arrondissement parisien. À la découverte d’un dojo traditionnel à Paris : le dojo Tenshin de l’Ecole Itsuo Tsuda.

Cela se passe aux alentours de 6 heures du matin. Des gens sortent de chez eux et se dirigent vers un lieu. À pied. En voiture. En métro. Dehors, les rues de Paris sont encore ensommeillées, quasi-désertes. L’aube est proche. La séance d’Aïkido commence à 6H45. Le rythme de la ville est encore celui de la nuit. Ceux qui sont dehors n’ont pas revêtu les armures nécessaires à la journée de travail qui s’annonce. Quelque chose demeure en suspens. Avec la naissance du jour, on a l’impression de marcher dans un interstice.

C’est dans cet interstice qu’on trouve le dojo Tenshin de l’école Itsuo Tsuda. Dans ce lieu dédié à l’Aïkido et au Katsugen Undo, les séances sont quotidiennes. Tous les matins, la séance a lieu, quels que soient le temps, les week-end ou vacances, à l’exception du premier janvier, jour de la cérémonie de purification du dojo. L’aube influence la pratique. Cette porosité a été de tous temps prise en compte dans la tradition japonaise. Il suffit de relire le «Fushi Kaden» de Zeami*, créateur du théâtre Nô, pour comprendre à quel point les arts traditionnels ont été à l’affût du «moment juste» (prenant en compte l’heure, le temps, la température, la qualité du silence, etc.) pour parfaire leur art. En marchant vers le dojo à 6H30, on s’en rend compte. Pratiquer le matin crée un relief. L’esprit n’est pas encore assailli par les préoccupations de la vie sociale, familiale. Le mental n’a pas encore pris les commandes. On arrive comme une feuille blanche au 120 rue des Grands Champs.

L’association Tenshin existe depuis 1985 et s’est implantée ici depuis 1992. Elle fut fondée par un groupe de personnes désireuses de suivre l’enseignement d’Itsuo Tsuda, transmis par Régis Soavi. Itsuo Tsuda fut élève de Morihei Ueshiba et de Haruchika Noguchi (fondateurs de l’Aïkido et du Kastugen Undo). Le sensei actuel, Régis Soavi, fut quant à lui l’élève direct de Maître Tsuda. Le dojo n’est affilié à aucune fédération. Il suit son chemin associatif, indépendant et autonome, avec continuité et patience.

Lorsqu’on passe le pas de la porte, on sent qu’on entre «quelque part». Une forme de densité et de simplicité mêlées se dégage de l’endroit. En japonais, on dirait que le «ki » du lieu est palpable. L’espace est silencieux. Les gens sont réunis autour d’un café, dans une pièce vaste aux grandes fenêtres. À côté, l’espace des tatamis sommeille encore. Les gens arrivent, entre 6H20 et 6H45 : des hommes et des femmes de tous âges, de tous horizons et de tous niveaux. Le sensei, Régis Soavi, est là aussi, à prendre le café avec les autres. Lorsqu’il s’absente pour aller donner des stages dans les autres dojos de l’école, les séances sont assurées par d’autres. La constance de la pratique est protégée.

Tenshin Paris

Le dojo est vaste. L’espace des tatamis est recouvert d’une grande bâche beige. Tous les murs sont blancs. Le tokonoma central comporte une calligraphie de Maître Tsuda. Les portraits des fondateurs (Ueshiba pour l’Aïkido, Noguchi pour le Katsugen Undo et Tsuda pour le dojo) sont situés sur le mur opposé. Il est 6H45 environ. Les pratiquants se dirigent vers les vestiaires. La séance va commencer. Les tatamis ont été laissés au repos depuis la veille. En dehors des séances, l’endroit n’est pas loué, rentabilisé, utilisé pour d’autres cours. On commence alors à comprendre d’où vient ce «quelque chose» qu’on a senti en entrant. Un vide est au travail. Autre élément capital dans la tradition japonaise : l’importance d’un vide qui relie.

Entre les séances, on laisse l’espace se recharger, se reposer, à l’instar d’un corps humain. Il faut avoir vu l’endroit nu et silencieux, comme une bête au repos, pour comprendre la réalité de ce fait. Les pratiquants s’assoient en seiza, le silence se fait et la séance commence. Celui qui conduit fait face à la calligraphie, un bokken à la main, puis s’assoit. On salue une première fois. Ensuite vient la récitation du norito, une invocation shintoïste, par celui qui conduit. Maître Ueshiba commençait chaque séance ainsi. Maître Tsuda, coutumier de la mentalité occidentale, n’avait pas jugé nécessaire de traduire cette invocation. Il avait insisté seulement sur la vibration qui s’en dégage, le travail de la respiration. Bien sûr, la dimension sacrée est présente. Mais pour autant, pas de religiosité, pas de mystique «japonisante» dont les Occidentaux sont parfois friands. Non. Ici, c’est beaucoup plus simple. En entendant le norito, on sent résonner quelque chose dans l’espace qui favorise la concentration, le retour en soi. Comme on peut être touché par un chant sans avoir besoin d’en comprendre les paroles.

S’ensuit la «pratique respiratoire», une série de mouvements que l’on fait seul. Maître Tsuda a gardé cette partie du travail que faisait Maître Ueshiba et qui a pu être abusivement considérée comme un échauffement. Le terme d’échauffement est restrictif. Il n’engage que le corps et suppose que la pratique, la vraie, commencera après. Dans les deux cas, c’est faux. Un seul mouvement peut être approfondi à l’infini et implique, si on travaille dans ce sens, la totalité de notre être.

Vient ensuite le travail à deux. On choisit un partenaire. Aucune forme de hiérarchie ne prédomine. On pourra un jour pratiquer avec un débutant, le lendemain avec une ceinture noire. On travaille quatre à cinq techniques d’Aïkido par séance. Le Sensei fait la démonstration d’une technique, puis chacun s’y essaye à tour de rôle avec son partenaire. Ce qui se dégage de la pratique, c’est l’importance de la respiration et l’attention à ce qui circule entre le partenaire et soi. Une circulation qui, en prenant le postulat du combat comme point de départ, aboutit au-delà. Un au-delà du combat.

Ce n’est sans doute pas par hasard que Régis Soavi utilise le terme de «fusion de sensibilité» pour parler de l’Aïkido. «La voie de fusion de ki». Sur les tatamis, pas de confrontation brutale. Mais pas de condescendance molle non plus. L’Aïkido pratiqué ici est souple, clair, fluide. On voit les hakamas décrire des arabesques dans l’air, on entend des rires, des bruits de chutes, on voit des mouvements très lents puis, soudain, sans un mot, les partenaires accélèrent et paraissent entrainés dans une danse, jusqu’à ce que la chute les libère.

On repense à la phrase de Morihei Ueshiba : «L’Aïkido est l’art de s’unir et de se séparer».

Il n’y a pas de passage de grade. Pas d’examen. Pas de dan ni de kyu. À la place, le port du hakama et la ceinture noire. Les débutants quant à eux sont en kimonos blancs et ceinture blanche. Le moment juste pour porter le hakama est décidé par le pratiquant lui-même, après en avoir parlé avec des anciens ou le sensei. Choisir de porter le hakama implique d’assumer une liberté, mais aussi une responsabilité. Car l’on sait que les débutants prendront plus facilement pour modèles ceux qui portent la jupe noire traditionnelle. La question du grade est retournée comme un gant. La clé n’est pas à l’extérieur. C’est sa propre sensation que l’on doit affûter, pour reconnaître le moment juste. Bien sûr, on peut se tromper, on met le hakama trop tôt, ou trop tard. Mais le travail est enclenché. C’est en soi que l’on doit chercher. Quant à la ceinture noire, le sensei un jour la remet au pratiquant qu’il estime apte à la porter, ce dernier n’étant d’ailleurs jamais au courant de cette décision. Et c’est tout. La personne portera la ceinture noire. Pas de blabla. Le symbole est pris pour ce qu’il est: un symbole et rien de plus. Le chemin n’a pas de fin.

En voyant le sensei faire la démonstration du mouvement libre, dans lequel les techniques s’enchaînent spontanément, on repense au terme qui revient souvent dans les ouvrages et l’enseignement d’Itsuo Tsuda : « Le non-faire ». Et c’est probablement cela qui donne cette atmosphère si particulière au dojo, avec l’aube, l’odeur des fleurs devant le tokonoma et le vide. Une voie du non-faire. La séance s’achève. Le silence revient. On salue la calligraphie, le sensei. Ce dernier sort. Ensuite, les pratiquants quittent l’espace ou plient leur hakamas sur les tatamis.

Plus tard, après s’être changé, on se retrouve autour d’un petit déjeuner, vers 8H30, dans la salle qui jouxte les tatamis. On cherche à en savoir plus sur le fonctionnement du dojo. Pour que cet endroit vive, qu’il soit à la fois vivant et autonome financièrement, une énergie considérable est investie par les pratiquants. Certains ont fait le choix d’y consacrer une grande partie de leur vie. Ils sont un peu comme des uchi deshi japonais, des élèves internes. En plus de la pratique, ils gèrent la colonne vertébrale du dojo, relayés ensuite par les autres pratiquants qu’on pourrait associer à des élèves externes. Tout le monde participe, est encouragé à prendre des initiatives et à se responsabiliser. Un ancien résume l’enseignement reçu : « L’Aïkido. Le Katsugen Undo. Et le dojo. » La vie d’un dojo est ici un travail à part entière, une occasion unique de mettre en pratique en dehors des tatamis ce que l’on apprend sur les tatamis. Plutôt qu’un refuge, une serre, l’image serait plutôt celle d’un terrain à ciel ouvert au milieu de la ville, dans lequel on se met en jachère à l’aube, où l’on défriche ses mauvaises herbes pour laisser place, peu à peu, à d’autres floraisons. On regarde l’espace vide des tatamis une dernière fois avant de partir. Il paraît respirer. Le jour s’est levé et la ville à présent est dans un rythme rapide et bruyant. Elle nous attend. On quitte le dojo et l’on marche au dehors, avec un très léger sourire.

Dans un monde d’accumulation et de remplissage effrénés, il existe des endroits où l’on peut travailler par le moins. Celui-là en fait partie.»

Article de Yan Allegret paru dans Karaté Bushido de février 2014.

* Zeami. La tradition secrète du Nô. Traduction René Sieffert. Gallimard/Unesco.

calligrafia di Itsuo Tsuda #1

Régis Soavi racconta la sua scoperta della calligrafia d’Itsuo Tsuda.

itsuo tsuda calligraphieQuando ho cominciato a insegnare l’Aikido, come molti altri, avevo una foto del Maestro Ueshiba al Tokonoma. Era cosi’ che avevo imparato, si salutava in direzione del maestro. Quando sono andato al dojo del Maestro Tsuda per la prima volta, c’era una calligrafia, stampata da uno dei suoi amici che era artista a partire da un’incisione su pietra molto antica. Era “Bodai”. Questa calligrafia era là mentre io mi aspettavo di vedere una foto del Maestro Ueshiba… Inoltre il suo tratto era grosso… -un  tratto che era largo otto centimentri, molto largo!- E dava una risonanza diversa, respirava altrimenti…
E un’altra dimensione. E il fatto di vedere la calligrafia a ogni seduta… questo cambia tutto.

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