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« Une extinction biologique et culturelle en cours ? »

Marc-André Selosse est biologiste et professeur du Muséum d’histoire naturelle et enseigne dans plusieurs universités en France et à l’étranger. Ses recherches portent sur les associations à bénéfices mutuels (symbioses), et ses enseignements, sur les plantes, les microbes, l’écologie et l’évolution. En 2020, juste avant le premier confinement, le dojo Tenshin devait l’accueillir pour une conférence sur le microbiote. En raison des circonstances cette conférence n’a pas pu avoir lieu, mais nous espérons bien pouvoir concrétiser cette invitation dès que possible. En attendant nous vous invitons à (re)découvrir ses travaux passionnants, à travers deux vidéos et l’article que nous avions écrit à propos de son livre « Jamais seul » et des points de convergence avec le Seitai.

Marc-André Selosse : « Une extinction biologique et culturelle en cours ? »

Extrait « Le microbiote biologique qui est en nous va mal, il est en train de fondre et affecte directement notre santé : nous souffrons de ces « maladies de la modernité », qui touchent notre système immunitaire (allergies, asthme, malades auto-immunes…), notre système nerveux (Alzheimer, Parkinson, autisme…), notre métabolisme (diabète, obésité…). Nous constatons que le microbiote est moins diversifié chez les individus malades que chez les individus sains. En 2025, ces maladies la modernité, liées à la régression de notre microbiote, toucheront 1 Européen sur 4. »

Pour la suite, cliquez sur la vidéo :

Intervention lors du colloque organisé par la Fondation pour la biodiversité fromagère le 14 septembre 2021 dans le cadre du Mondial du Fromager de Tours.

Marc-André Selosse, la Médecine face à l’évolution

Marc-André Selosse répond au question du Conseil de L’Ordre des Médecins des Yvelines

Ce qui nous lie : microbiote et terrain humain

Par Fabien R. février 2020

Depuis l’aube de nos civilisations, l’action des microbes façonne notre alimentation, elle permet la conservation et la consommation des aliments (pain, fromages, vin, légumes…). Domestiqués de manière empirique depuis des millénaires, les micro-organismes qui interviennent dans ces processus n’ont été identifiés qu’assez récemment, il y a moins de 200 ans.
Et ce n’est qu’encore plus récemment que les scientifiques ont commencé à étudier le microbiote, c’est-à-dire l’ensemble des bactéries, champignons, virus, etc. qui sont abrités par un organisme-hôte (l’être humain par exemple) et vivent dans un environnement spécifique de cet hôte comme la peau ou l’estomac.
La plupart d’entre nous ne soupçonne pas que notre vie est dépendante d’une étroite association, appelée symbiose, que nous établissons naturellement avec plusieurs dizaines de milliards de bactéries qui peuplent la surface de notre corps et jusqu’aux creux de nos intestins. On se considère comme au-dessus, indépendant de toute cette influence microbienne, à l’exception notable des personnes enrhumées qui s’entendent souvent dire : « Ah, mais ne me refile pas tes microbes ! ». Le microbiote n’est donc considéré, au mieux, que pour ou qu’au regard de son potentiel pathogène.
Cette vision, maintenant dépassée mais toujours omniprésente, du microbe vu comme néfaste a profondément influencé notre rapport à la Nature, à nos corps et plus globalement à la vie. Qu’il s’agisse des pesticides en agriculture, des savons bactéricides et gels désinfectants sur nos peaux, ces produits, en éliminant sans discernement les micro-organismes favorables et ceux défavorables à leurs hôtes, créent les conditions d’un appauvrissement du terrain – celui de nos champs comme celui de nos muqueuses.

Ces actions hygiénistes répétées au fil du temps, dès l’accouchement, empêchent chez l’être humain une maturation du système immunitaire qui plus tard ne sera plus capable de reconnaître le corps dont il fait partie ou bien aura des réactions disproportionnées. Notre époque est aussi celle des maladies auto-immunes et des allergies[1].

Les principes Seitai, dans l’œuvre d’Haruchika Noguchi[2], partent d’un point de vue radical : intuitif plutôt qu’analytique. Se basant sur son expérience de guérisseur durant trente ans, H. Noguchi renonça à l’idée de thérapeutique dans les années 50 car il avait constaté qu’elle affaiblissait les organismes des individus et les rendait dépendants du praticien. Ceci l’amena à considérer la santé d’une manière toute différente en actant que les réactions du corps sont les manifestations d’un organisme qui réagit pour retrouver son équilibre.

« La maladie est une chose naturelle, c’est un effort de l’organisme qui tente de récupérer l’équilibre perdu. […] Il est bon que la maladie existe, mais il faut que les hommes se libèrent de son assujettissement, de son esclavage. C’est ainsi que Noguchi est arrivé à concevoir la notion de Seitai, la normalisation du terrain, si on veut. »[3].

Ce rééquilibrage est l’œuvre du système involontaire, il ne dépend pas de notre volonté. Il engendre des symptômes qui impliquent le microbiote. Par exemple les flux qui expulsent hors du corps les germes défavorables (rhumes, diarrhées)[4], la fonction régulatrice de la fièvre ou bien la fonction antibiotique de la carence en fer chez les femmes enceintes[5].

humain forêt symbiose microbiote
Photo de Jérémie Logeay

La philosophie Seitai a cette spécificité de voir l’être humain comme un tout indivisible. Il n’y a pas de séparation entre le psychique et le physique. La traduction du mot Seitai est « terrain normalisé ». Cette notion de terrain chez H. Noguchi est globale. Elle recouvre en partie la notion de microbiote. Ce dernier est pour nous comme la terre qui entoure les racines d’un arbre, c’est la Nature qui vit en harmonie et en collaboration en chacun d’entre nous, sans même que nous en soyons conscients. C’est pourquoi nous ne sommes jamais seuls.
Considérer les microbes comme néfastes et les combattre ou bien profiter de leur aide et collaborer naturellement avec eux est une question d’orientation intérieure. Privilégier un hygiénisme à outrance ou favoriser ce que M. Selosse appelle « la saleté propre »[6]. relève de ce même choix. L’expression « Cultiver son jardin »[7]. prend alors un sens nouveau et concret. Tout dépend de nous.
Là où l’instinct a disparu, il est nécessaire de mettre à disposition les découvertes scientifiques. Bien qu’étant autodidacte, H. Noguchi était parfaitement au courant de la science de son époque. Cela nourrissait ses réflexions et ses intuitions. C’est dans ce même esprit que nous sommes honorés d’accueillir M. Marc-André Selosse qui présentera les découvertes les plus récentes sur le microbiote humain

jamais seul selosse

Notes

[1]↑. Marc-André Selosse, Jamais seul : Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations p.185 Édition Actes Sud 2017

[2]↑. Voir l’œuvre d’Itsuo Tsuda (9 tomes), disponible au Courrier du Livre et d’Haruchika Noguchi, 3 livres en langue anglaise disponibles aux éditions Zensei

[3]↑. Itsuo Tsuda, Le Dialogue du Silence, le Courrier du Livre, 2006 (1979) p. 64-65.

[4]↑. Marc-André Selosse, op. cit. p.156

[5]↑. Voir l’article : Marc-André Selosse : La disparition silencieuse des SVT sur Café pédagogique

[6]↑. Marc-André Selosse, op. cit. p.156 et p.197

[7]↑. Marc-André Selosse, op. cit. p.169

 

#3 La respiration, philosophie vivante

respiration philosophie vivanteRetrouvez ici le troisième entretien des six interviews de Itsuo Tsuda « La respiration philosophie vivante » par André Libioulle diffusées sur France Culture dans les années 1980. A écouter ou à lire :

 

 

 

 

ÉMISSION N° 3

Q. : La France, vous la connaissez bien, vous avez travaillé, avant les années quarante, avec deux personnages extrêmement importants : Marcel Granet et Marcel Mauss. Alors que Marcel Granet était sinologue, Marcel Mauss était sociologue. Quels ont été les moments importants que vous avez vécus avec eux ?

I.T. : J’ai suivi, pendant cinq ans, le cours de ces savants, et ça m’a permis d’avoir une ouverture sur des aspects inconnus de la société occidentale. Mauss s’occupait de sociologie des peuples, chez les Polynésiens, etc. Il avait une optique très très profonde dans les choses, et il a constaté des choses qu’il appelait des phénomènes totaux, n’est-ce pas. Tandis que dans les sociétés occidentales c’est toujours analytique, rationnel, etc.

Q. : C’est ça, c’est dans la rencontre de l’idée de globalité.

I.T. : Oui… et puis, Granet m’a donné aussi la possibilité de voir la société chinoise ancienne, et avec une perspective très très différente de ce qu’on fait d’ordinaire : transformer tout, avec les raisonnements occidentaux.

Q. : Après cette période française, après cette période parisienne, vous rentrez au Japon, et là, nouvelles rencontres absolument décisives, celles de Maître Ueshiba, le créateur de l’Aïkido, et celle de Maître Noguchi.

I.T. : Maître Noguchi, m’a permis de voir les choses d’une façon très concrète. À travers ces manifestations de chaque individu, il est possible de voir ce qui agit à l’intérieur. C’est une approche tout à fait différente de l’approche analytique : la tête, le cœur, les organes digestifs, chacun prend dans sa spécialité et puis, le corps d’un côté, le psychique de l’autre, n’est-ce pas. Eh bien, il a permis de voir l’homme, c’est à dire l’individu concret, dans sa totalité, voilà.

Q. : Donc là, vous travaillez avec Maître Noguchi, vous travaillez aussi avec Maître Ueshiba pendant plusieurs années.

I.T. : Avec Maître Ueshiba, j’ai travaillé pendant dix ans avant de venir en France. Eh bien, il m’a donné la possibilité autre que… l’individu enfermé dans la peau. J’ai visité les États‑Unis, et puis j’ai essayé de voir les possibilités, ce que j’allais faire. J’ai commencé par écrire, et puis petit à petit ça a pris forme.

Q. : Je crois que “Le Non-Faire” a été publié en 1973. C’est le premier ouvrage que vous publiez. Alors vous revenez en France à peu près vers quelle période ?

I.T. : 1970.

Itsuo Tsuda, respiration
Itsuo Tsuda, vers 1970. Photo de Eva Rotgold

Q. : Et là vous décidez alors de créer l’École de la Respiration. Alors, “l’École de la Respiration”, voilà un terme un petit peu singulier. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi une école. Finalement, ce n’est certainement pas une école au sens traditionnel du mot ?

I.T. : Non, pas du tout (rire). C’est le seul nom que j’ai pu trouver, pour faire comprendre aux gens qu’il y a toute une… chose derrière la respiration. Pour les gens qui ne sont pas initiés, la respiration c’est le travail des poumons. Mais là, le mot respiration prend une extension de plus en plus grande, n’est-ce pas…

Q. : Oui, alors à l’École de la Respiration on pratique le Mouvement régénérateur. Alors vous avez décrit le Mouvement régénérateur (Katsugen undo) comme un exercice du système moteur extra-pyramidal.

I.T. : Oui. Le Mouvement régénérateur n’est pas une discipline comme on l’entend d’ordinaire.

Q. : Le mot extra-pyramidal n’est peut être pas immédiatement compréhensible par ceux qui nous écoutent. Mais enfin, le terme lui-même, “extra-pyramidal” désigne en somme une zone cérébrale, par rapport à une autre qui est considérée comme le siège du mouvement volontaire.

I.T. : Oui. Chez les humains, il existe deux zones motrices, n’est-ce pas. Une, c’est le système moteur pyramidal, qui est la source de tout mouvement volontaire. Ça on l’apprend dans les écoles, comme l’entrecroisement des systèmes nerveux, etc.

Q. : c’est un terme de physiologie…

I.T. : … oui, c’est ça. Mais on a longtemps négligé l’extra-pyramidal, qui seconde ce système volontaire, parce que on a peur de sortir du système volontaire, et justement, Maître Noguchi a commencé à le faire. Eh bien lui-même, quand il a commencé, il était un peu surpris : c’est que le corps se met à bouger tout seul. Lorsqu’on croit que tout le corps obéit à notre volonté, c’est quand même étrange, n’est-ce pas ? Mais, à vrai dire, nous ne contrôlons pas tous les mouvements du corps. Si c’était indispensable, comment ferait-on pendant qu’on dort ?

Q. : Il y a toute une zone de notre activité qui est couverte par le volontaire. Mais le volontaire ne concerne pas toute notre activité. Il y a une zone qui échappe à l’emprise de cette volonté.

I.T. : Il y a un médecin japonais qui dit que le mouvement volontaire n’occupe que trois pour cent de la totalité de notre mouvement corporel. Mais pour Noguchi, il n’y a rien qui soit volontaire. Ça c’est (rire) vraiment fort.

Q. : En somme, l’action de l’extra-pyramidal vient se superposer en quelque sorte à l’action du pyramidal.

I.T. : Oui.

Q. : Vous avez précisé que le Mouvement régénérateur existe sous deux formes…

I.T. : … oui…

Q. : … d’une part chez tous les individus comme forme de réaction naturelle de l’organisme. C’est par exemple le bâillement, c’est l’éternuement, c’est l’agitation pendant le sommeil. Et puis il y a une autre forme, qui a été mise au point il y a à peu près cinquante ans par Maître Noguchi. Maître Noguchi, il faut préciser qu’il est le créateur de la méthode dite “Seitai”.

I.T. : C’est par un pur hasard qu’il s’est lancé dans cette carrière : c’est le grand tremblement de terre de 1924 qui a sévi dans toute la région de Tokyo. Il avait douze ans à cette époque. Il s’intéressait beaucoup à ce genre de choses, il s’amusait avec. Mais, toute la région était dévastée, et puis il y avait des gens qui, sans abri, rôdaient un peu partout, et puis la diarrhée s’est propagée, etc. Il a vu une femme voisine, qui était accroupie, qui souffrait énormément. Alors il s’est précipité sur elle, simplement, il a appliqué sa main…

Q. : … appliqué la main sur la colonne vertébrale…

I.T. : … et puis elle dit : « merci mon petit », enfin, elle a souri. Ça c’est le point de départ de sa carrière. Dès le lendemain il y avait des gens qui venaient le voir. Alors depuis, il n’a pas pu quitter cette voie. C’est ce que nous pratiquons maintenant sous le nom de “yuki” : on met la main sur la colonne vertébrale ou sur la tête, et puis, on expire par la main, voilà. Eh bien quand on voit ça, ça n’a rien d’extraordinaire. Seulement, à mesure que l’attention s’y concentre, on sent que ça agit à l’intérieur.

Q. : Et donc là, yuki c’est un des éléments de la technique mise au point par Maître Noguchi. Il y a une chose qui m’étonne un petit peu dans la technique que vous décrivez, c’est que le Seitai, vous le précisez, est une technique qui sert à provoquer le spontané. C’est peut-être un petit peu paradoxal ?

I.T. : Le Seitai, c’est un mot qui a été créé par Noguchi plus tard. Au début, par la force des choses il est devenu simplement… un guérisseur. Il faisait la thérapeutique. Mais, aux environs de 1950, par là, il a quitté cette notion de guérison, de thérapeutique, il a rejeté tout ça, et il a créé la notion de “Seitai”, c’est-à-dire terrain normalisé. Lorsque le terrain se normalise, tous les problèmes disparaissent d’eux-mêmes.

Q. : le Mouvement régénérateur, on pourrait peut-être provisoirement le résumer par deux éléments importants : exercice du système moteur extra-pyramidal. Cet exercice n’est pas véritablement une technique. D’ailleurs vous précisez : « à l’École de la Respiration l’on travaille sans connaissance, sans technique et sans but ». Et alors, second élément important, le Mouvement régénérateur est un mouvement spontané qui existe virtuellement en tous les individus, et on ne peut pas dire que le mouvement est provoqué, il se déclenche chez les individus.

Fin de l’entretien numéro 3, pour écouter l’entretien numéro 4 :

 

Vivre Seitai

Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir un article de Régis Soavi dans un magazine payant. Cet article est paru dans la revue Yashima numéro 7 de mars 2020, que vous pouvez trouver encore en vente en version digitale à 6,90€ ou en version papier à 8,90€. Dans ce numéro très riche, vous trouverez un autre article de Régis Soavi sur l’étiquette Reishiki : une partition de musique.

Seitai : philosophie ou thérapeutique ?

« Le Seitai a, avant tout, affaire à l’individu dans son individualité, et non à un homme moyen statistiquement établi. La vie elle-même est invisible, mais en se manifestant chez les individus, elle donne lieu à une infinité de formules différentes » (Tsuda Itsuo)

Seitai Kyokai Tokyo
Seitai Kyōkai de Tokyo 整体協会. Séance de Katsugen Undō vers 1980.

Le Seitai, et son corollaire le Katsugen undo, sont reconnus au Japon depuis les années 1960 par le Ministère de l’éducation (aujourd’hui Ministère de l’éducation, de la culture, des sports, de la science et de la technologie) comme un mouvement d’éducation. Ils n’y sont pas reconnus comme une thérapeutique – qui, elle, serait reconnue par le ministère de la santé. L’ambiguïté entre les deux reste pourtant entretenue par un grand nombre de ses divulgateurs.
Depuis la publication pendant les années soixante-dix de l’œuvre de Tsuda Itsuo, le Seitai fait rêver dans les rangs des nombreuses personnes qui s’intéressent aux techniques New-age, Orientalistes ou autres. Tantôt on s’improvise technicien, tantôt on rajoute des «ingrédients séducteurs» comme l’écrivait lui-même Tsuda senseï. Il est temps de mettre un peu d’ordre, de tenter de remettre tout cela au clair, et pour cela il suffit de se référer tant à l’enseignement de Tsuda Itsuo qu’aux textes originaux du créateur de cette enseignement, de cette science de l’humain, de cette philosophie.

Noguchi Haruchika senseï

Ce Japonais, fondateur de l’Institut Seitai, est l’auteur d’une trentaine de livres dont trois ont été traduits en anglais. Il est aussi le découvreur des techniques qui permettent le déclenchement du Mouvement régénérateur en tant que gymnastique du système involontaire. Très jeune, il découvre qu’il a une capacité qu’il pense unique et « extra-ordinaire » : celle de «guérir les gens». Cette capacité, il la découvre lors du grand tremblement de terre de 1923 qui ravage la ville de Tokyo, en soulageant une voisine qui souffre de dysenterie, simplement en posant sa main sur son dos. Très vite la rumeur se répand, et les gens se précipitent à l’adresse de ses parents pour recevoir des soins. Lui, se contente de poser les mains sur les personnes qui repartent soulagées de leurs maux. Il commence alors une carrière de guérisseur, il n’a alors que douze ans, sa réputation prend une telle ampleur qu’à l’âge de quinze ans il ouvre son premier dojo à Tokyo même. Mais Noguchi senseï se pose des questions : quelle est la force qui agit lorsqu’il pose les mains et pourquoi lui seul détient ce pouvoir ? Au lieu de profiter de ce qu’il pense être un don et d’en encaisser les bénéfices, il cherche, s’interroge, commence à étudier comme autodidacte. Il va pendant des années chercher des solutions aux problèmes que lui posent ses clients à travers les techniques qui proviennent de l’acupuncture de l’ancienne médecine traditionnelle chinoise qu’il étudie avec son oncle, des médecines japonaises (kampo), les shiatsu, les kuatsu, et même l’anatomie à l’occidentale, etc. Sa renommée est telle qu’il est même connu et reconnu à l’international. Il rencontrera d’ailleurs par la suite nombre de thérapeutes dont certains sont déjà, ou deviendrons, célèbres, comme Masahiro Oki, le créateur de l’Oki-do Yoga, ou Akinobu Kishi senseï, créateur du shiatsu Sei-ki, ou encore, plus connu en France, Moshé Feldenkrais, avec qui il échangera de nombreuses fois. Mais déjà il a compris que cette force qu’il sent en lui ne lui appartient pas en tant qu’individu, et qu’elle existe en revanche chez tous les êtres humains et c’est ce qu’il appellera plus tard la force de cohésion de la vie.

Le Seitai : une vision global

C’est dans les années cinquante que Maître Noguchi change complètement d’orientation. À travers son expérience pratique et ses études personnelles, il arrive à la conclusion qu’aucune méthode de guérison ne peut sauver l’être humain. Il abandonne la thérapeutique, conçoit l’idée de Seitai et le Katsugen undo. Déjà à l’époque il déclare : «la santé est une chose naturelle qui ne requiert aucune intervention artificielle. La thérapeutique renforce les rapports de dépendance. Les maladies ne sont pas des choses à guérir, mais des occasions dont il faut profiter pour activer l’organisme et le rééquilibrer», tous thèmes qu’il reprendra plus tard dans ses livres. Il décide donc d’arrêter de guérir les personnes et de propager le Katsugen undo, ainsi que yuki, qui n’est pas la prérogative d’une minorité, mais un acte humain et instinctif.
L’aboutissement des recherches que fit Noguchi Haruchika senseï nous porte à voir le Seitai comme une philosophie – et donc non comme une thérapeutique– et c’est lui-même qui le définissait ainsi dans ses livres. Cela ne veut pas dire que ce qu’il faisait et enseignait n’avait pas de conséquences sur la santé, bien au contraire puisque son domaine de compétence était au service des personnes et consistait à permettre aux individus de vivre pleinement. Malgré cela un certain nombre de personnes, tant à son époque qu’aujourd’hui, ont été dérangées par une opinion aussi radicale et cela entraîna pour celles qui ne voulaient voir et comprendre que selon leur propre opinion une confusion entre les genres. Il en résulta qu’elles privilégièrent le soutien aux personnes au détriment du réveil de l’être.[…]

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Seitai

The Seitai principles, which could even be described as « Seitai philosophy » – a way of seeing and thinking about the world – were developed by Haruchika Noguchi (1911-1976) in the first half of the twentieth century. In brief (!), Seitai is a « method » or a « philosophy » that includes Seitai sōhō, Taisōs, Katsugen undō, Katsugen sōhō, and Yukihō. These are practices that complement, permeate each other, and form the breadth of Haruchika Noguchi’s Seitai thinking. We can also mention the study of Taihekis (postural tendencies), the use of the hot bath, the education of the subconscious, the importance of birth, illness and death…

An art of living from beginning to end.

Today, unfortunately, the term « Seitai » is overused and means anything and everything. Some manual therapy practitioners too easily lay claim to Seitai (Itsuo Tsuda would say it takes twenty years to train a Seitai sōhō technician!). As for the charlatans who offer to transform you in a few sessions…, let’s not talk about it! The magnitude of the art of living, the global understanding of the human being in Seitai seem far away. If all there is left is a technique to be applied to patients, the essence is lost. If all there is left of Katsugen undō is a moment to “recharge your batteries”, the essence is lost.

Haruchika Noguchi and Itsuo Tsuda both went much further than that in their understanding of the human being. And the seeds they sowed, the clues they left for humans to evolve are important. Can we then speak of a way, of Seitai-dō (道 dō / tao)? Because that is a radical change of perspective, an upheaval, a totally different horizon opening up.

Let’s go back in history…

The meeting with Haruchika Noguchi: the individual as a whole

Itsuo Tsuda met Haruchika Noguchi around 1950. The approach to the human being as proposed in Seitai interested him from the very beginning. The sharp observation of individuals taken in their indivisible entirety/complexity, which Itsuo Tsuda found in Noguchi, was an extension of what had already captured his interest during his studies in France with Marcel Mauss (anthropologist) and Marcel Granet (sinologist). Itsuo Tsuda then began to follow Noguchi’s teaching and continued for more than twenty years. He had the sixth dan of Seitai.

« Master Noguchi has allowed me to see things in a very concrete way. Through each person’s manifestations it is possible to see what is in action inside. This approach is completely different from an analytical one: the head, the heart, the digestive organs, a specialist for everything and then, of course, the body on the one hand, the psychic on the other. Well, he has allowed us to see the human being, that is to say, the concrete individual, in his entirety. » (1)

Illness as a balance factor

All the more as it was precisely in the 1950s that Haruchika Noguchi, who had very early discovered his capacity as a healer, decided to give up therapeutics. He then created the concept of Seitai, i.e. “normalized terrain”.

« The word ‘terrain’ meant as the whole of what makes up the individual, the psychic aspect as well as the physical one, whereas in the West there is always a division between what is psychic and what is physical. » (2)

The change of perspective with regard to illness was crucial in this reorientation of Noguchi.

« Illness is natural, the body’s effort to recover lost balance. […] It is good that illness exists, but people must avoid becoming enslaved to it. This is how Noguchi happened to conceive of the notion of Seitai, the normalisation of the terrain, if you will. Diseases are not to be treated; it is useless to cure them. If the terrain is normalised, illness disappears of its own accord. And moreover, one becomes more vigorous than before. Farewell to therapeutics. The fight against illness is over. » (3)

Itsuo Tsuda. Photo de Eva Rodgold©
Yuki. Itsuo Tsuda. Photo de Eva Rodgold©

A path towards autonomy

Abandoning therapy also goes hand in hand with the desire to get out of the dependence relation that binds the patient to the therapist. Noguchi wanted to allow individuals to become aware of their ignored capacities, he wished to awaken them to the fulfillment of their own being.
During the twenty years they followed each other, the two men spent long moments talking about philosophy, art, etc., and Noguchi found in Tsuda’s vast intellectual culture the substance to nourish and expand his observations and personal reflections. Thus a relation which was enriching for both developed between them.

Itsuo Tsuda was the editor of the magazine Zensei, published by the Seitai Institute, and he actively participated in the studies led by Noguchi on Taihekis (postural tendencies). A text by Haruchika Noguchi published in the magazine Zensei of January 1978 reveals that it was Itsuo Tsuda who advanced the hypothesis – validated by Noguchi – that type nine (closed basin) would be the archetype of the primitive being. (4)

The development of Katsugen undō (Regenerating Movement) by Noguchi particularly interested Itsuo Tsuda, who immediately understood the importance of this tool, especially as regards to the possibility it gives to individuals to regain their autonomy, without needing to depend any more on any specialist. While recognizing and admiring the precision and the deep capacity of the Seitai technique, Tsuda considered that the spreading of Katsugen undō was more important than the teaching of the technique. He therefore initiated groups of Regenerating Movement (Katsugen Kai) in a great many places in Japan.

Conférence d'Itsuo Tsuda. Photo de Eva Rodgold©
Conférence Itsuo Tsuda. Photo de Eva Rodgold©

Itsuo Tsuda favored the spread of Katsugen undō in Europe as a gateway to Seitai.

Today, even in Japan, Seitai sōhō has taken an orientation that brings it closer to therapy. One problem: one technique to apply. Katsugen undō becomes a kind of “light” gymnastics for well-being and relaxation. This is far from the awakening of the living, of the autonomous capacity of the body to react that Haruchika Noguchi’s Seitai is meant to be.

The yuki exercise, which is the alpha and omega of Seitai, is practiced at every Katsugen undō session. Thus, although Tsuda did not teach the technique of Seitai sōhō, he transmitted its essence, the simplest act, this « non-technique » that yuki is. The one that serves us every day, the one that gradually sensitizes the hands, the body. This physical sensation, that is real, that can be experienced by all, is today too often considered a special technique, reserved for an elite. We forget that it is a human and instinctive act. The practice of mutual Katsugen undō (with a partner) is also getting lost, even in the groups that followed Tsuda’s teaching. What a pity! Because through yuki and mutual Katsugen undō, the body rediscovers sensations, those that do not go through mental analysis. This dialogue in silence, which makes us discover the other from the inside and which therefore brings us back to ourselves, to our inner being. Yuki and Katsugen undō are for us essential tools, recommended by Haruchika Noguchi, on the path towards “normal terrain”.

But time goes by and things get distorted, like words of wisdom of some people become religious oppressions… Little by little Katsugen undō is nothing more than a moment to « recharge », relax and above all not change anything in one’s life, in one’s stability. Seitai, a method to lose weight after childbirth… While it is a life orientation, a global thinking. The huge step Haruchika Noguchi took in moving away from the idea of therapeutics is a major advance in the history of mankind. His global understanding of the individual, the sensitivity to ki, sufficiently recovering sensitivity and a center in oneself from where to listen to one’s own body and act freely.

It’s not even about opposing methods, theories or civilizations. It is purely and simply about the evolution of humanity.

Manon Soavi

Notes:

(1) Itsuo Tsuda, Interview on France Culture, Master Tsuda explaining the Regenerating Movement, issue N°3, early 1980s
(2) Itsuo Tsuda, Interview on France Culture, op. cit., issue N°4, early 1980s
(3) Itsuo Tsuda, The Dialogue of Silence, Paris, Yume Editions, 2018, p. 75-76 (1979)
(4) About Taihekis, consult Itsuo Tsuda, The Non-Doing, Paris, Yume Editions, 2014 (1973)

Seitai and daily life #4

Subtitles available in French, English, Italian and Spanish. To activate the subtitles, click on this icon. Then click on the icon to select the subtitle language.

 

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Yuki #3

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Health condition according to Seitai #2

Sequel of interviews where Régis Soavi, who has been teaching and introducing people to Katsugen Undo for forty years now, gets back to basics about Seitai and Katsugen Undo. This second video tackles the notion of health according to Seitai.

Subtitles available in French, English, Italian and Spanish. To activate the subtitles, click on this icon. Then click on the icon to select the subtitle language.

Some additional information:

Seitai was developed by Haruchika Noguchi (1911-1976) in Japan. Katsugen Undo (or Regenerating Movement) is an exercise of the extrapyramidal motor system that is part of Seitai. Itsuo Tsuda (1914-1984), who introduced Katsugen Undo in Europe in the 70s, would write about it: “The human body is endowed with a natural ability to readjust its condition […]. This ability […] is the responsibility of the extrapyramidal motor system”*.

Régis Soavi starts practising martials arts with Judo when he is twelve. He then studies Aikido, especially alongside Masters Tamura, Nocquet and Noro. He meets Tsuda Itsuo Sensei in 1973 and will follow him until his death in 1984. With the permission of the latter, Régis Soavi becomes a professional teacher and disseminates his Aïkido and Katsugen Undo throughout Europe.

*Itsuo Tsuda, One, Yume Editions (trans. Itsuo Tsuda School, 2016), p. 46

Seitai and Katsugen Undo #1

Many thing are being said and circulated on the internet about Seitai and Katsugen Undo (Regenerating Movement). In this round of interviews, Régis Soavi, who has been teaching and introducing people to Katsugen Undo for forty years now, gets back to basics to address the question “What are Seitai and Katsugen Undo?”.

Subtitles available in French, English, Italian and Spanish. To activate the subtitles, click on this icon. Then click on the icon to select the subtitle language.

Some additional information:

Seitai was developed by Haruchika Noguchi (1911-1976) in Japan. Katsugen Undo (or Regenerating Movement) is an exercise of the extrapyramidal motor system that is part of Seitai. Itsuo Tsuda (1914-1984), who introduced Katsugen Undo in Europe in the 70s, would write about it: “The human body is endowed with a natural ability to readjust its condition […]. This ability […] is the responsibility of the extrapyramidal motor system”*.

Régis Soavi starts practising martials arts with Judo when he is twelve. He then studies Aikido, especially alongside Masters Tamura, Nocquet and Noro. He meets Tsuda Itsuo Sensei in 1973 and will follow him until his death in 1984. With the permission of the latter, Régis Soavi becomes a professional teacher and disseminates his Aïkido and Katsugen Undo throughout Europe.

*Itsuo Tsuda, One, Yume Editions (trans. Itsuo Tsuda School, 2016), p. 46

Hello Illness #1

Interview of Régis Soavi about Katsugen Undo (or Regenerating Movement), a practice made by Haruchika Noguchi and spread in Europe by Itsuo Tsuda: article by  Monica Rossi  « Arti d’Oriente » (#4 / may 2000).

« After reading the books of Itsuo Tsuda ( 1914-1984 ), I was fascinated by his arguments, which range freely from the subject of Aïkido to that of children and the way they are born, illness, or his memories of Ueshiba Morihei and Noguchi Haruchika, and I wanted to know more. I continued to have a sensation of something beyond my understanding.

So I began to ask, what exactly is this Regenerating Movement (Katsugen Undo ) that Tsuda spoke of, a spontaneous movement of the body that seemed able to rebalance it without needing to intoxicate it with medication ; an ancient concept but still revolutionary, above all in our society. I was unable to get any satisfactory answers to my questions : those who have practiced the Regenerating Movement couldn’t describe it or explain ; the answer was always : « You should try it yourself in order to understand ; the first time, it will probably unsettle you a bit. »
So I decided to try it. In Milan, the school that refers to the teachings of Itsuo Tsuda is the « Scuola della Respirazione ». There, one can practice Aïkido and the Regenerating Movement ( in separate sessions ). But, in order to go to the sessions of Movement, one must first participate in a week-end course conducted by Régis Soavi, who has continued the work of Tsuda in Europe.

Regis Soavi en conférence

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Kokoro

A text by Haruchika Noguchi, founder of Seitai.

« The kokoro that resides deep within man, has invaluable faculties; its possibilities are so endless and inexhaustible that even if we put together all the ki and we make it concentrated we will never end being incapable or helpless. Everything begins to change, not just the body, when the ki focuses and concentrates in the kokoro. Those who practice it told me after the changes experienced.

kokoro haruchika noguchi
kokoro Haruchika Noguchi Haruchika Noguchi Photo: Seitai Kyokai

Many associate the word kokoro to willpower, but it in fact it does not have its own virtue;  on the other hand, instead of pretending to achieve something by willpower force if we simply visualize that we are going to get there, our wish comes true. Anyone knowing how to use his kokoro will see the realization of his wishes.

Since the dawn of time up to now, human being has invented countless things. Here is a table. It has not been around forever, it was created by the use of visualization. Visualization always precedes what will then exist; the word comes just after. If we proceed in this order, step by step, without deviation and with firmness, our wish will be fulfilled. Only then the various worlds in which humanity evolves will widen further. Mankind is like that.Lire la suite

seitai tour {suite}

Le caractère du voyage

Après avoir évoqué le tourisme moderne qui s’est développé aux États-Unis et ensuite propagé dans le monde entier, Itsuo Tsuda insiste pour les voyages qu’il organisa entre 1977 et 1982 sur l’importance de la sensibilité :
«  Ce qui importe avant tout c’est la sensibilité des touristes vis-à-vis de l’expérience au contact d’un monde nouveau. Si la sensibilité est mal préparée, on ne voit rien d’autre que le reflet du passé dont on est chargé. »
Nous poursuivons donc ici la publication du bulletin dans lequel Itsuo Tsuda présenta le caractère des « Seitai Tours », seitai tour139publication illustrée par des photos prises par Bruno Vienne.

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SEITAI TOUR

Itsuo Tsuda proposa entre 1977 et 1982 des voyages de découverte du Japon, passant aussi par la Corée et la Chine… Il expliqua le sens de ces voyageseitai tour japons en ces termes :

« Voyages de contacts humains entre peuples, par-dessus les races et les traditions, à travers le mouvement régénérateur, pratiqué ensemble avec des Japonais et des Coréens. »

Nous reproduisons ici des extraits de deux bulletins qu’Itsuo Tsuda édita pour annoncer le projet du 4e « Seitai Tour ». Il y présente les modalités et le caractère des voyages. Bruno Vienne, qui participa à un de ces voyages, a pris les photos qui illustrent ce document.Lire la suite

Haruchika Noguchi

Noguchi was born in Ueno, a district of Tokyo, in September 1911. When he was three or four years old, to his surprise, he soothed another child’s toothache simply by putting his hands on it. His hands went towards the spot, without him realizing what he was doing.
This was the beginning. When he was twelve, he accomplished his first deed, curing a neighbour who had been suffering from dysentery since the great earthquake struck the Tokyo area in 1923.

From this age, he begins to receive people asking to be treated by him. At that time, he had no knowledge, not even elementary, of anatomy or medicine. Like almost all healers, he believed at first that he had exceptional powers that he alone possessed. In his teenage years, he begins to understand the consequences of his actions. He finds his own vocation but does not stop at that; he continues. He studies, through self-studies, all Eastern and Western therapeutic methods. At the age of fifteen, he opens a dojo in Iriya. At seventeen, he formulates the Precepts of Full Life (Zensei Kun), which helps to better understand his thinking. In 1930, he writes the Reflections on Integral Life, a surprising text for a young man, then only nineteen years old.Lire la suite

#1 La respiration, philosophie vivante

respiration philosophie vivanteSix Interviews de Itsuo Tsuda « La respiration philosophie vivante » par André Libioulle diffusées sur France Culture dans les années 1980.

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At the philosopher of Ki #2

Continuation and end of the article published in the journal « Question de » in 1975, written by Claudine Brelet (anthropologist, international expert and woman of French letters) and student of Itsuo Tsuda.

Part #2Itsuo tsuda Katsugen undo
Can one ‘fusion’ respiration and visualization?
– “Indeed, visualization is one of the aspects of ki. Visualization plays an important and vital role in aikido. It is a mental act that produces physical effects. Visualization is part of the aspect of ‘attention’ of ki. When attention is localized, for example it stops at the wrist, breathing becomes shallow, disrupted… we forget the rest of the body.

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