Après avoir lu les livres d'Itsuo Tsuda (1914-1984), fascinée par ses arguments qui abordent librement tout aussi bien l'aïkido que les enfants et la façon dont ils naissent, les maladies ou les souvenirs de Ueshiba Morihei et Noguchi Haruchika, je voulais en savoir plus: la sensation de quelque chose qui m'échappait était restée en moi. Ainsi ai-je commencé ma recherche pour savoir en quoi consiste effectivement ce mouvement régénérateur (katsugen undo) dont parle Tsuda, un mouvement spontané du corps qui semblerait pouvoir le rééquilibrer sans qu'il soit nécessaire de l'intoxiquer avec des médicaments; concept ancien mais encore révolutionnaire, surtout dans notre société. Je n'ai pas pu obtenir de réponses satisfaisantes à mes questions: ceux qui avaient pratiqué le mouvement régénérateur n'arrivaient pas à me décrire de quoi il s'agissait; la réponse était toujours: "Vous devez essayer vous-même pour comprendre; la première fois, ça va certainement vous bouleverser un peu". Ainsi je me suis décidée. L'école qui, à Milan fait référence aux enseignements d'Itsuo Tsuda est la "Scuola della Respirazione". On y pratique l'aikido et le mouvement régénérateur (en séances séparées). Mais pour pouvoir fréquenter les séances de mouvement il faut d'abord participer, pendant un week-end, à un stage conduit par Régis Soavi, qui a continué le travail de Tsuda en Europe.
Soavi, en utilisant de grandes feuilles blanches suspendues sur un chevalet et dans un langage qui est un mélange de français et d'italien, commence les séances en abordant différents thèmes liés au mouvement régénérateur, à la santé, à la maladie ou bien à la vie quotidienne. Ensuite on commence la pratique avec trois exercices qui permettent au mouvement de se déclencher. Le premier des trois exercices est une respiration qu'on fait trois fois ("expiration au plexus solaire") à la suite duquel tous les participants se prennent par la main pour la chaîne d'activation (chacun prend le poignet de la personne qui se trouve à sa droite). Puis on fait yuki avec un partenaire: on pose les mains sur le dos du partenaire, en se concentrant sur la respiration. Ensuite les deux autres exercices: on fait une rotation de la colonne, à gauche et à droite, sept fois, en se levant sur les genoux; puis on lève les bras avec les pouces à l'intérieur des poings fermés, on expire en contractant et on expire à nouveau en relâchant.
A partir de là, on attend que le mouvement spontané du corps se déclenche,avec les yeux "impérativement" fermés: observer le mouvement des autres pourrait induire à la dispersion et perturber. Mais, bien que les yeux soient fermés, les oreilles restent bien ouvertes: certains bougent rythmiquement, d'autres de façon forcenée, ou soupirent; une fille pleure désespérément; une autre rit de bon coeur. Les inhibitions tombent et certains émettent des sons qui seraient considérés plutôt inconvenants dans des situations "normales".
En ce qui me concerne, au début il ne se passe rien de rien. Soavi, qui tourne parmi les pratiquants, passe derrière moi et me pose les mains sur le dos, en faisant yuki. J'ai un sursaut et je commence à bouger lentement.
J'ignore si le mouvement régénérateur s'est ou non déclenché en moi, mais désormais, je peux interviewer Régis Soavi en connaissance de cause.
RS: Dans l'être humain le système pyramidal et le système extrapyramidal sont séparés. Le système extrapyramidal s'occupe principalement de tout ce qui est involontaire, du battement cardiaque, par exemple. Quand on mange des aliments, l'estomac se met en marche: c'est le système extrapyramidal qui s'en occupe. Le système pyramidal c'est le système volontaire qui nous permet d'aller d'un point à un autre, mais quand on marche il y a toutes sortes de muscles qui participent à maintenir l'équilibre et ça c'est le système extrapyramidal qui s'en occupe, c'est lui qui rétablit l'équilibre de la posture. C'est le système extrapyramidal qui s'occupe d'activer les défenses immunitaires.
- Et comment est-ce que le mouvement qui se déclenche pendant le stage de Katsugen Undo peut-il activer aussi fort le système moteur extrapyramidal et faire que le corps retrouve la santé et réagisse?
- Le mouvement que nous faisons, pendant les stages mais aussi dans la pratique régulière, est un entraînement du système moteur extrapyramidal, une sorte de gymnastique de l'involontaire. C'est comme faire du jogging tous les matins: cet entraînement permet de maintenir en forme notre système involontaire.
- C'est possible alors d'entraîner l'involontaire?
- Là est le paradoxe: les trois exercices mis au point par Maître Noguchi permettent, en quelque sorte, que le système volontaire se mette un peu en retrait, donnant carte blanche à l'involontaire. Il n'y a pas un mouvement spécial à faire: le mouvement ne peut pas s'exécuter. Il se déclenche naturellement, pendant la nuit par exemple: à ce moment-là, notre système volontaire passe au repos et donc c'est le système involontaire qui s'active. On peut dire que les rêves aussi font partie du système involontaire, comme d'ailleurs l'agitation pendant le sommeil.
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Itsuo Tsuda pendant l'Aikido.
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- Dans ce cas, est-ce que c'est l'inconscient qui rentre en jeu?
- C'est un peu difficile de dire si le conscient et l'inconscient sont la même chose que le volontaire et l'involontaire. On ne peut pas trop simplifier les choses. Effectivement, pour ce qui est du système involontaire, beaucoup de choses se font de manière inconsciente, mais il y a des choses dont on a conscience et qui sont involontaires: si on se gratte la ou ça nous démange, on a conscience de gratter ce point, n'est-ce pas? Cependant c'est un acte involontaire.
- Y a-t-il d'autres moyens d'activer le mouvement involontaire, mis à part le katsugen undo?
- A ma connaissance pas vraiment. De mouvement régénérateur en tant qu'"entraînement", je ne connais que le katsugen undo; pourtant on peut dire que le mouvement se déclenche dans un tas de moments autres: quand on est fatigué, on bâille; si on a faim, on bâille aussi. Quand on lutte contre la maladie, on a la fièvre qui monte. Le mouvement se déclenche naturellement. C'est pour ça que c'est embêtant quand on arrête le déclenchement du mouvement, quand on arrête la fièvre, alors qu'elle est un processus naturel qui régule notre organisme, qui combat les microbes; on empêche dans ce cas-là le mouvement naturel de notre corps. Les enfants ont des fièvres très fortes parce qu'ils ont un corps très vigoureux. De même, lorsqu'on tousse, ou que le nez coule, se sont des réactions naturelles de l'organisme qui évacue vers l'extérieur tout ce qui le gêne. Si on mange un yaourt avarié, on vomit. Les bébés font des rejets de lait quand ils en ont trop; dès qu'une petite chose n'est pas bonne pour eux, ils la vomissent ou ils la recrachent. Les adultes, eux ils veulent tout garder à l'intérieur mais du coup ça abîme l'organisme. Il en va de même pour la diarrhée: c'est un nettoyage; le corps a besoin de se vider des mauvais éléments.

Haruchica Noguchi,
fondateur du seitai et du katsugen undo
- Mais certains de ces phénomènes poussés à l'excès portent aussi à la mort? Par exemple, une diarrhée qui dure trop longtemps.
- Cela arrive quand l'organisme n'a pas réagi; c'est à dire qu'il s'agit d'un organisme qui est devenu trop faible, trop rigide. C'est pour ça que le principe n'est pas "d'intervenir" par rapport à la maladie, mais de laisser travailler en nous toutes les petites maladies. Si elles travaillent bien en nous, alors il n'y aura pas de gros dégâts.
- Et d'intervenir seulement pour les maladies très graves?
- On n'a pas besoin d'avoir des maladies très graves puisque notre organisme a réagi avant.
- Mais vous n'êtes pas à priori contraires à soigner les maladies?
- Moi, je ne suis contraire à rien. Il existe une quantité incroyable de médecines: médecine allopatique, médecine homéopatique, médecine chinoise, etc. Et dans chaque médecine, il y a des spécialistes des cheveux, des pieds, des mains, des yeux, des oreilles. Je dis simplement que je n'en ai pas besoin, je laisse mon corps travailler. D'ailleurs, il y a un certain nombre de médecins, de kinésithérapeutes, psychiatres, psychanalystes qui viennent à mes stages. Si j'étais contre eux ils ne viendraient pas mais, au contraire, nous nous entendons très bien.
- Et quelles sont leurs réactions?
- En règle générale, ils trouvent ça intéressant; certains mêmes approuvent ma démarche et ont une démarche semblable pour eux-mêmes; mais ils sont dans un système qui veut que les patients demandent une assistance, donc ils ne peuvent pas refuser de la donner. Idéalement, un médecin cohérent qui pratique le mouvement régénérateur changerait de métier. En même temps, je comprend tout-à-fait qu'il ait le besoin, au moins pendant les premières années de sa compréhension en quelque sorte, de secourir des gens et de leur apporter sa connaissance du corps humain.
Mais la médecine d'aujourd'hui a beaucoup changée. Aujourd'hui, dès le moindre petit éternuement, tout de suite on bombarde avec toutes sortes de médicaments et d'interventions de tout genre. Même la mort n'est plus naturelle. Dès qu'on est près de la mort on nous amène à l'hôpital, on est traité... Pour la naissance c'est pareil. Nous vivons dans une société où l'on est médicalisé même avant de naître! Nous le sommes pendant la grossesse et jusqu'à la mort.
- En Italie il y a d'autres lieux où l'on pratique le katsugen undo: écoles de karate et d'aikido; quelle est la connexion entre les arts martiaux et le mouvement régénérateur?
- Je ne pourrai parler en fait que de notre école. Maître Noguchi est mort en 1976, donc les connexions qui ont pu se faire par la suite, je ne les connais pas toutes. L'Institut seïtai au Japon avait beaucoup de clients en tout genre: aussi bien des hommes politiques que des gens qui pratiquent les arts martiaux, que des ouvriers. Maître Tsuda a pratiqué le seïtai et le mouvement régénérateur au Japon pendant 25 ans et il pratiquait aussi l'Aikido, avec Maître Morihei Ueshiba. Les premiers Katsugen kai, c'est à dire " groupes de mouvement régénérateur", c'est Maître Tsuda qui les a mis en place, au Japon, avec l'autorisation de Noguchi.
- Je voudrais savoir aussi la différence entre seïtai et Katsugen Undo.
- Le seïtai est une technique mise au point par Maître Noguchi sur la base de longues années d'expérience, qui découle en quelque sorte de la sensibilité et de yuki mais qui est quand même une technique précise. Il faut environ 20 ans pour former un technicien seïtai.
- Le seïtai utilise des points de pression?
- Tout à fait. D'ailleurs, Noguchi a testé quasiment tous les points d'acupuncture sur lui-même, ou avec ses élèves. Donc c'est une technique qui permet le réajustement du corps en stimulant certaines zones. Noguchi disait: "Qu'est-ce qui fait tourner une toupie? Qu'est-ce qui lui permet de se maintenir sur son axe? C'est la vitesse de rotation. Si la vitesse diminue, la toupie commence à prendre un axe de rotation différent et, à un moment donné, elle tombe et elle s'arrête". Pour le corps humain c'est un peu la même chose, il perd beaucoup d'énergie à, sans arrêt, revenir à sa stabilité et à la maintenir.
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Calligraphie Mu
de Maître Tsuda
reproduite
en sérigraphie
et montée
en kakemono.
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Noguchi donnait simplement une correction, extrêmement légère, sur le corps humain qui permettait que ça se recentre. Avec une toupie qui tourne, parfois il suffit d'appuyer à peine sur un point pour qu'elle reparte bien centrée. C'est ça le sens de la technique seïtai: ce qui fait tourner la toupie c'est la vie! On ne peut pas vraiment agir là-dessus, mais on peut corriger le corps humain; pourtant la technique seïtai ne redresse pas les individus. Par exemple, un individu qui est penché d'un côté parce qu'il s'appuie toujours sur ce même côté, l'idée moderne d'intervention veut qu'on le force à faire toutes sortes d'exercices pour se redresser. Sauf que, comme la personne à tendance a s'appuyer toujours du même côté, elle y revient. La technique de Noguchi, par contre, suscite une réaction instinctive du corps qui permet à l'individu de retrouver tout seul le bon équilibre. C'est comme ça que l'idée du mouvement est née: notre corps a tendance à retrouver une posture normale, et la différence avec le seïtai c'est qu'on n'a pas besoin d'un technicien qui nous redresse: ça se fait tout seul.
C'est la sensation d'équilibre de notre corps qui nous ramène à une posture correcte, sans qu'on ait besoin d'intervention. C'est l'indépendance, l'autonomie; on n'a pas besoin de s'en remettre à un quelconque individu, aussi puissant soit-il, aussi juste soit sa technique.
- Y a-t-il des liens entre la méthode seïtai et le reiki ou d'autres méthodes semblables?
- A ma connaissance la différence est que dans la pratique du mouvement régénérateur il n'y a pas d'idée thérapeutique: on fait confiance à nos capacités naturelles. Si on a le plexus solaire bloqué, avec la pratique du mouvement, le diaphragme va avoir tendance à bouger pour retrouver la souplesse qui lui manque. La souplesse était partie pour des raisons diverses, que ce soit familiale ou de travail ou n'importe quoi... on n'arrive plus à respirer. Si on fait une intervention extérieure, chaque fois vous aurez besoin d'aller voir le "débloqueur" des diaphragmes de X ou Y technique.
Avec la pratique du mouvement le diaphragme se débloque tout seul, parce que c'est son fonctionnement naturel d'être souple. Cela peut prendre du temps mais quand le diaphragme recommence à avoir ses facultés naturelles, ça dure. Alors que sinon on est toujours dans un processus d'intervention. Il n'y a pas de principe thérapeutique dans le mouvement régénérateur.
- Au Japon, la méthode seïtai est-elle très répandue?
- Oui, on peut le dire.
- Et le Katsugen Undo s'est répandu comme une méthode en soi?
- Ça s'est répandu de façon parallèle; bien souvent, ça s'est passé autour d'un technicien seïtai, et c'est d'ailleurs ce qu'avait mis en place au départ Maître Tsuda au Japon: des groupes de personnes qui se réunissaient pour pratiquer le Katsugen Undo en présence d'un technicien seïtai, ou bien d'assistants de mouvement - qui n'étaient donc pas des techniciens - formés par Maître Noguchi: des gens qui avaient une base technique minimale et qui étaient capables de pouvoir conduire une séance de mouvement afin qu'elle se passe bien, d'éviter les débordements, les excès, les incompréhensions... C'est un peu ce que nous faisons, ici, aussi.

Maître Noguchi fait yuki
en appuyant les pouces
sur les deuxièmes points de la tête.
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- Pourquoi le seïtai n'a-t-il pas eu un gros succès en Europe?
- D'abord, parce que c'est quand même assez récent; Maître Tsuda est arrivé au début des années 70 et alors personne ne connaissait ni le seïtai, ni le mouvement régénérateur en Europe. On vit dans une société où il faut des résultats rapides! Et justement c'est le principe de la maladie: si on est malade, il faut absolument guérir tout de suite, le nez doit s'arrêter de couler dans les 24 heures. Cela n'a pas de sens. Nous avons besoin de temps. Et le mouvement régénérateur aussi, pour se développer, a besoin de temps. Qui plus est, Maître Tsuda était seul, en Europe. Quand il est décédé, en 1984, il y avait quelques dojo déjà mais il y avait peu de personnes capables de conduire des groupes de mouvement. Qui plus est, beaucoup ont eu envie de rajouter des "ingrédients séducteurs". C'est comme ça qu'on a retrouvé des gens qui faisaient tai chi et mouvement régénérateur, acupuncture et mouvement régénérateur, et je ne sais pas quoi encore...toutes sortes de techniques qui souvent avaient des visées thérapeutiques. C'est difficile de dire aux gens: "Vous êtes totalement responsables de vous-mêmes". C'est plus facile d'aller voir quelqu'un qui vous dit: "Je m'occupe de vous, je m'occupe de tout". Même à l'époque de Noguchi ont eu lieu des déformations de ce genre: des gens qui ont prétendu que c'était Dieu qui envoyait le ki sur la terre... Il y a des gens, en France, qui venaient voir Maître Tsuda avec des "diplômes" de mouvement régénérateur: il n'existe pas de diplôme de mouvement, ça n'a jamais existé! Il y a des gens qui se disent techniciens seïtai... C'est absolument faux. La dernière fois que j'ai vu un fils de Noguchi, c'était en 1983, et déjà à l'époque il y avait des Occidentaux qui arrivaient en Europe du Japon, qui disaient: "Je suis technicien seïtai, j'ouvre une école de seïtai et de mouvement". Mais le fils Noguchi m'a dit qu'il n'y avait aucun Occidental autorisé. Sa réponse était claire et nette. Donc, si on compte: 1983...1993... avant 2003, pour ce que j'en connais, en toute logique, il n'y a pas de techniciens seïtai occidentaux, puisqu'il faut 20 ans pour le devenir!
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- Il y a des cas de gens fragiles. Est- ce que ça arrive qu'ils aient des réactions excessives pendant les séances de mouvement? Et de quel genre?
- Oui, par exemple les gens qui sont devenus trop rigides. Quand ils sentent yuki, ou quand le mouvement se déclenche, ils peuvent avoir un mouvement excessif, qui peut même les effrayer eux-mêmes. Il y a aussi les gens qui ont une imagination débordante et on en voit souvent dans les stages; des gens qui ont fait un stage de ceci, un stage de cela: ils ont toute la panoplie! Ils viennent ici et ils écoutent vaguement la conférence, ils ont déjà une idée bien définie sur la question et quand ils font les trois exercices, tout de suite il se passe des choses extraordinaires. Il y en a presque qui se mettraient à danser si je n'étais pas là pour les calmer un peu, ou même à hurler. Ça se passe de moins en moins parce que l'ambiance du dojo ne se prête pas à ça. Je me souviens d'une anecdote qui m'a toujours beaucoup fait rire: pendant un stage avec Maître Tsuda, il y avait une femme anglaise: "apparemment", le mouvement s'était déclenché, même si aujourd'hui je dirais qu'il s'agissait beaucoup plus de l'imagination.., en tout cas, elle était là en train de dire: oh! my God, my God, my God, ooh my God et ça montait, ça montait... MY GOD! A un moment donné, nous avions tous les yeux fermés mais j'ai entendu Tsuda dire: "Oui?". Elle s'est arrêtée tout de suite. C'était la finesse de Tsuda...
Des gens faibles, oui, il y en a; par exemple les gens qui sont nés par césarienne...
Ce n'est évidemment pas de leur faute mais ils n'ont pas eu un accouchement naturel qui crée la pression et l'élan vital de la naissance. Ils ont été sortis endormis, comme un paquet postal. Ces gens-là ont des faiblesses et Maître Noguchi, pendant une période, les refusait dans la technique du seïtai ou à la pratique du mouvement.
- Est-ce que ça pouvait être dangereux pour eux?
- Non! Mais il considérait que, n'ayant pas l'élan vital, ils n'y arriveraient jamais. C'était une position assez dure, je suis d'accord. Il est un peu revenu là-dessus en leur donnant la possibilité de pratiquer le mouvement parce qu'il a considéré qu'après tout, ça pouvait quand même leur apporter quelque chose. Maître Noguchi considérait que quand un pot est cassé au départ, on peut le réparer autant qu'on veut, il sera toujours fragile, il aura toujours des faiblesses. C'est pour cela que Maître Noguchi et Maître Tsuda accordaient une telle importance à la naissance, à la grossesse et aux petits enfants. Aussi bien psychologiquement que physiquement, la naissance est un moment d'une importance colossale.
- Demandez-vous des renseignements aux gens qui viennent aux stages?
- D'habitude, non. On refuse les gens qui ont des greffes parce qu'ils prennent des médicaments pour empêcher le corps de réagir; dans ce cas-là c'est comme si l'on voulait ouvrir la porte et la fermer en même temps. Quand le mouvement régénérateur se déclenche, il favorise des mouvements de rejet des organes greffés. Nous ne pouvons pas prendre ce genre de risques, ni pour nous, ni pour eux. Des gens qui sont faibles psychologiquement, il y en a. Pour certains ce n'est pas très grave et, petit à petit, ils retrouvent une plus grande stabilité. D'autres viennent pour se faire prendre en charge: comme ils voient qu'on ne les prend pas en charge, ils s'en vont, ils vont quêter ailleurs pour trouver une solution miséricordieuse.
- Comment peut-on définir Yuki?
- Faire passer le ki.
- Comment yuki peut-il aider le déclenchement du mouvement?
- Cela aide dans la mesure où l'on a fait les trois exercices, ou bien les exercices pour le mouvement mutuel (l'activation par les deuxièmes points de la tête *; c'est une autre façon de déclencher le mouvement). Yuki aide parce qu'il active; c'est très important pour moi de dire que yuki est fondamentalement différent de ce dont généralement on entend parler parce que quand on fait yuki, on a la tête vide, on ne guérit personne, on ne cherche pas. On est seulement concentré dans cet acte. Il n'y a pas d'intention et cela est primordial. Dans les statuts du dojo, d'ailleurs, il est souligné que nous pratiquons "sans but".
- Revenons à yuki; s'il y a des personnes qui ne se supportent pas, arrivent-elles à se faire yuki l'une à l'autre?
- C'est difficile. C'est pour ça que pendant le stage je dis: "Choisissez un partenaire". Je ne dis pas: "Faites yuki avec la personne qui est à côté de vous". Si deux personnes ne se supportent pas, il leur est difficile de se faire yuki. Yuki, ce doit être quelque chose qu'on donne; petit à petit les pratiquants qui sont plus anciens, arrivent à faire yuki à tout le monde. Parce qu'il y a un détachement, après. Il n'y a plus vraiment de personne qu'ils n'aiment vraiment pas. Ils ont une sensation différente.
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Calligraphie Le Poisson de Maître Tsuda
reproduite
en sérigraphie
et montée
en kakemono.
Le poisson vivant peut être consideré
le symbole de l'Ecole Itsuo Tsuda.
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- On entend souvent des opinions très originales sur le ki.
- Oui, les idées ne manquent pas! Il y a des gens qui parlent beaucoup du ki, mais quand on leur demande de poser la main ou de montrer qu'est-ce que c'est que le ki, ils ne savent pas le faire.
Le ki est extrêmement concret. Au début, quand on commence à faire yuki, les mains sont un peu comme des planches de bois et puis, petit à petit, elles se sensibilisent... Mais là encore, je vais faire référence aux petits enfants: à la relation de la mère, une mère bien sensible, une mère qui est proche de son bébé: eh bien, quand elle le touche, ça passe; c'est le ki qui circule. La relation mère-enfant, elle n'est faite que de quelque chose d'intuitif: le bébé ne parle pas. A la naissance, il ne dit pas: "Bonjour Maman, c'est moi, je m'appelle Pierre, j'ai faim, j'ai soif, j'ai envie de faire pipi". Sa seule façon de s'exprimer ce sont les gestes, les mouvements et puis, éventuellement, les pleurs. Si la mère est bien sensible, elle sait s'il a faim, elle sait s'il a soif, elle sait s'il est énervé ou s'il a froid. Quand le bébé commence à ronchonner, le mari dit: "Qu'est-ce qu'il a?" Et la femme lui répond: "Il a faim". Le père: "Ah bon? Mais il a mangé il y a une demi-heure..." La mère: "Oui, mais je pense qu'il a encore un peu faim". Le père: "Ouais... t'as toujours des idées..." Mais, en étant en contact avec l'enfant, effectivement, elle lui donne un fruit, et il se calme. Une autre fois l'enfant pleure et le père dit: "Ah, il a encore faim!" La mère: "Non, non, il a mangé..." Le père: "Mais peut-être il a encore faim..." La mère: "Non, non, je ne pense pas, il doit avoir sommeil". C'est le contact intuitif! On peut parler de ki en relation aux arts martiaux, ou à la transmission de pensée... mais je parle de choses naturelles et je dis que ce qui existe entre la mère et l'enfant existe naturellement chez tous les êtres humains. Et c'est ce que nous retrouvons avec la pratique du mouvement. Les femmes qui pratiquent le mouvement peuvent améliorer la qualité du rapport avec leur enfant, elles peuvent savoir, par exemple, quand est-ce qu'il a besoin de faire pipi; quand elles sentent qu'il a envie de faire pipi, aussitôt elles ouvrent la couche et l'enfant fait pipi à l'extérieur, dès les premiers jours. Ça sert à ce que l'enfant ne soit jamais mouillé. Du coup, qu'est-ce qu'il se passe? Il n'y a jamais de problèmes de propreté et on n'a pas besoin de leur apprendre à aller sur le pot. Si, dès le premier jour, ils font tous leurs besoins à l'extérieur, quand ils seront capables de s'asseoir, la mère sentira que l'enfant a envie de faire pipi, elle lui retirera sa petite culotte, elle le mettra sur le pot, et l'enfant fera. Le dialogue qui s'instaure entre la mère et l'enfant, et avec le père, si le père est bien attentif aussi, est quelque chose d'étonnant... On n'a pas besoin de changer toutes les prises de l'appartement: il suffit de dire à l'enfant que ces prises sont dangereuses; si le dialogue est vrai, l'enfant n'ira jamais les toucher. Ce sont des expériences qu'ont pu faire avec leurs enfants des gens qui pratiquent le mouvement. Parce qu'il y a un certain nombre d'enfants maintenant qui sont nés à la maison et vivent tout à fait naturellement; je suis toujours étonné, et en même temps attendri, de voir que des femmes ont ce type d'attention pour leurs enfants. C'est devenu très rare. Aujourd'hui on médicalise la grossesse et la naissance, ensuite on balance l'enfant à la crèche, plus tard à l'école et comme ça on est débarrassé.
Une élève de Maître Noguchi
pendant le Mouvement régénérateur,
au siège de l'association Seitai à Tokyo .
- Oui, mais alors il faut que la femme ne travaille pas dans les premières années de la vie de l'enfant?
- C'est un choix. Du point de vue économique ça peut poser des problèmes aux couples d'aujourd'hui, mais, d'un autre côté, on peut utiliser les lois sociales actuelles. La société bouge: ce qui est difficile aujourd'hui l'est un peu moins dans un autre moment... c'est de l'économie. Est-ce que la vie d'un enfant ne vaut pas quelques petits sacrifices financiers? Aujourd'hui on va au supermarché avec des bébés de quelques jours: franchement, est-ce que ça ne vous paraît pas aberrant? Les bébés ont besoin d'attention, ils ne sont pas des paquets qu'on transporte; on les lance en l'air en disant que ça les fait rire! En fait, ça agite simplement le gaz qu'ils ont dans l'estomac et c'est ce qui provoque ce semblant de rire de l'enfant, mais il ne rit pas du tout. D'ailleurs, s'il y avait un grand géant qui vous prenait et qui vous balançait en l'air, ça vous ferait rire?
- Pendant le stage, vous passiez faire yuki à des gens qui faisaient yuki à d'autres: pourquoi?
- Pour les aider à se vider la tête. Souvent on commence à faire yuki et puis, il y a une idée qui vient: "Tiens! mince! Je suis mal garé, je vais peut-être avoir une amende, la semaine dernière déjà j'étais mal garé, j'ai eu une amende terrible! Et puis, tiens d'ailleurs, il faut que je paye mes impôts, etc. " A ce moment-là, toute l'attention est montée à la tête. Donc je fais simplement redescendre l'énergie.
- Et c'est la sensibilité développée par le mouvement qui vous permet de comprendre qui a ce problème?
- Ça se voit aussi par la posture. Et puis, oui, c'est une sensibilité qui s'est développée.
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Les trois exercices qui permettent de déclencher le Mouvement régénérateur :
Premier exercice : l'expiration au plexus solaire.
Deuxième exercice : la rotation de la colonne vertébrale.
Troisième exercice : on expire en contractant la zone occipitale puis on expire en relâchant d'un seul coup. |
- Pourquoi justement ces trois mouvements aident-ils à déclencher le mouvement régénérateur?
- Le premier est un assouplissement de la zone de plexus solaire qui, chez les individus modernes, est devenue zone de concentration et de rigidité. On appuye légèrement sur cette zone, en expirant volontairement. On peut dire que c'est un peu comme un bâillement artificiel. Le bâillement est involontaire. Je ne peux pas dire: "Véronique, bâille!" Ça ne marche pas! Mais cet exercice est une technique qui ressemble au bâillement.
- On se sent presque sans air, à la fin de ce mouvement.
- On n'a plus d'air, donc à ce moment-là revient l'inspiration; on le fait trois fois. Quand on bâille, le plexus s'assouplit. La rotation de la colonne est une technique qui permet, en quelque sorte, d'assouplir la colonne vertébrale. Il ne faut surtout pas forcer. Ce mouvement de rotation devrait normalement se situer au niveau de la troisième lombaire, qui est la vertèbre de rotation, mais, bien souvent, les gens sont devenus très rigides, le dos ne tourne plus... Il s'agit d'un exercice qui va permettre d'accentuer la mobilité du corps pendant le mouvement régénérateur. Je dirai presque que ces deux exercices sont accessoires, parce que,quand on a l'habitude de déclencher le mouvement, il suffit de faire une inspiration qui passe par les deuxièmes points de la tête et le mouvement se déclenche.
- Et le fait de se prendre par la main, en formant une chaîne entre tous les participants au stage?
- C'est la chaîne d'activation; cela aussi est un exercice de sensibilisation: faire passer le ki dans un groupe unifie le groupe. C'est pour cela que, là aussi, je coordonne la respiration. Chacun tient le poignet de la personne qui se trouve à son côté, ce qui unifie le groupe qui va pratiquer ensemble. Cela crée une ambiance et coordonne le ki.
Pour en revenir aux trois exercices, le troisième exercice est un exercice contre nature. On met les pouces à l'intérieur des mains, et ça encore c'est naturel puisque tous les bébés le font; mais expirer en contractant la zone occipitale et, toujours en expirant, relâcher d'un seul coup, ne l'est pas.
- Surtout, ce n'est pas très facile de contracter les muscles pendant qu'on expire.
- Oui, expirer comme ça, c'est contre nature. Par contre, pour arrêter le mouvement, on répète le même mouvement mais en inspirant: c'est le retour à quelque chose de normal. Le troisième exercice, qui n'est pas naturel mais technique, est précisément l'exercice mis au point par Noguchi qui permet que le système volontaire se mette au repos. Dans le cas du mouvement mutuel, ce sont les deuxièmes points de la tête qui agissent directement sur le système moteur extrapyramidal: on crée ainsi les conditions qui permettent au mouvement régénérateur de se déclencher, bien que ça ne se passe pas obligatoirement toute de suite. C'est un peu comme si, dans une usine, il y a un patron qui a une main de fer, qui conduit tout. A un moment donné il part en vacances pendant un mois. Au début, les ouvriers ne savent plus quoi faire, ils ont perdu l'habitude de travailler tout seuls... c'est un peu comme ça dans notre corps; c'est pour ça que le mouvement ne se déclenche pas automatiquement dès qu'on fait les exercices, il faut un peu de temps.
- Combien de temps est nécessaire, en moyenne?
- Tout dépend de la sincérité de l'individu dans sa pratique; de sa capacité à accepter que la tête se vide. Donc, pendant un certain temps, les ouvriers ne savent pas trop quoi faire... Mais quand même, il faut bien manger, et donc ils s'organisent... En fin de compte ça marche très bien... Quand le patron revient, c'est peut-être là où il y a un problème, parce qu'il veut reprendre son autorité! Les ouvriers lui disent: "Ecoutez, on a très bien fonctionné sans vous, on trouve que vous êtes tout à fait utile dans la direction, dans les relations commerciales et pour un tas de choses. Très bien, mais... laissez-nous vivre! "
- Comment savoir si c'est vraiment le mouvement régénérateur qui se déclenche?
- Voilà une excellente question! Comment savoir si c'est le mouvement régénérateur ou l'imagination, ou la suggestion de celui qui fait les conférences et qui organise tout... Au début on ne sait pas très bien: est-ce que c'est le mouvement? Est-ce que ce n'est pas le mouvement? Au bout de quelque temps de pratique, on sait: on sait parce que on le reconnaît. C'est très simple: quand vous vous grattez quelque part parce que ça vous démange, vous savez qu'il s'agit d'une démangeaison et non d'une chose imaginaire; vous ne cherchez pas la démangeaison, vous savez où elle est et votre main y va. Quant au mouvement, on le sait de la même façon.
En plus on peut le vérifier aussi au niveau de la qualité de ce qui se passe dans notre corps, la qualité de nos réactions face à la maladie, dans tous les évènements de la vie.
Il y a des gens qui viennent faire le stage; le premier jour il ne se passe rien, le deuxième jour ils commencent à s'agiter. Ils ont payé leur stage et ils ont envie que ça serve à quelque chose! Donc je vais les voir, j'arrête leur agitation en faisant yuki; si leur mouvement s'arrête quand je fais yuki, c'est que ce n'est pas le mouvement. Même dans le cas de réactions excessives, je sais toujours si c'est le mouvement ou si ça ne l'est pas; c'est pour cela que je conduis des stages et que n'importe qui ne peut pas le faire.
- J'ai remarqué que certains mouvements qui viennent naturellement pendant les séances peuvent ressembler à ceux que dans le tai-chi chuan on appelle "mouvements à spirale".Y a-t-il relation ou non?
- Je ne connais pas suffisamment le taï-chi chuan pour en parler Mais, de toute façon, les êtres humains ont une forme: un tronc, deux bras, deux jambes, une tête et ils sont centrés autour d'un axe qui est la colonne vertébrale; le déplacement du corps humain se fait de gauche à droite, d'avant en arrière et en rotation. Quand le mouvement se déclenche il y a des gens qui ne bougent que dans le plan horizontal, je veux dire de gauche à droite; d'autres qui ne bougent que d'avant en arrière. Petit à petit, s'ils retrouvent toute leur capacité, effectivement, le mouvement a tendance à être plus ou moins une spirale parce que dans ce cas-là toute la colonne bouge et chaque vertèbre retrouve sa souplesse naturelle. Mais il ne faut pas croire que le mouvement régénérateur serait une espèce de spirale! Le mouvement régénérateur dépend de chaque personne. Il y a des gens qui ont du mal à se plier en avant et, quand ils se redressent, ils ont mal au dos. Ceux-là auront un mouvement avant-arrière. Pendant des années et peut-être toujours. D'autres auront un mouvement latéral. Un autre, qui a l'énergie qui va sans cesse à la tête, aura un mouvement plutôt du cou. Le mouvement régénérateur correspond exactement à chaque individu.
Il n'y a pas "un"mouvement qui serait meilleur qu'un autre. Il y a toutes sortes de mouvements; là, on parle de mouvements extérieurs, mais ce qui se passe à l'intérieur... on ne le voit pas. Il y a des mouvements pour les organes internes. Il y a des mouvements intérieurs, il y a même des mouvements beaucoup plus subtils dans les cellules, mais on ne les voit pas. Ce que l'on voit est toujours ce qui est extérieur. Le mouvement régénérateur est un travail intérieur lent qui demande une grande continuité. Il y a des gens qui pratiquent le mouvement depuis plus de vingt ans! Et ça ne veut pas dire qu'ils sont arrivés à quelque chose... on est dans la Voie du dépouillement et on se débarrasse de quelque chose.
- Il faudrait le pratiquer tous les jours, le mouvement régénérateur?
- "Il faut" rien du tout! Chacun fait comme il veut!
- La continuité dont vous parlez, alors, est plutôt une pratique régulière?
- Effectivement il y a une certaine régularité mais que l'on ressent soi-même. S'il on pratique un fois par an, par exemple, on ne peut pas vraiment parler de continuité... Ici au dojo sont organisées quatre séances par semaine, certains ressentent le besoin de participer aux quatre séances, d'autres à une; d'autres viennent tout les quinze jours... ça dépend des besoins.
Quand on pratique le mouvement, dans un premier temps, il y a une période de détente; si on avait un peu d'insomnie, on dort; si on avait du mal à digérer, on se met à digérer sans aucun problème, tout a l'air de se régulariser.
Mais si on continue la pratique du mouvement le corps commence à vouloir travailler... C'est une période où c'est un peu plus difficile: on avait les épaules complètement bloquées, et elles se sont bien détendues; mais ça ne suffit pas; il faut qu'on puisse aussi retrouver la souplesse; donc le corps va commencer à travailler, à tirer, à agir; l'estomac, qui acceptait tout, d'un seul coup commence à dire: "Moi cet aliment j'enveux bien, mais celui-là je n'en veux pas": il agit involontairement pour retrouver sa souplesse. C'est la période de l'hypersensibilité, dans laquelle peuvent se réveiller des vieilles douleurs ou bien même des sensations perturbantes. C'est un moment un peu difficile, parfois, à vivre.
Ensuite vient la période d'élimination: notre corps a bien travaillé, il commence donc à éliminer les vieilles saletés... Ce moment aussi peut nous sembler un peu étrange... Les urines peuvent devenir très foncées, les éliminations très fortes, le corps élimine tout ce qui ne lui convient pas. Il peut y avoir des éliminations cutanées, la transpiration devient forte: c'est le processus normal. Si on n'a pas bien compris, on s'inquiète. Plus on pratiquera et plus ces réactions seront rapides.
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Pendant les stages Régis Soavi
tiens des conférences pour présenter
le Mouvement régénérateur |
- Quelqu'un m'a dit que dans votre conception, il n'y a pas de santé ni de maladie.
- La maladie est un processus de réajustement du corps: de la maladie on voit les symptômes. Si vous n'aviez pas de symptômes, vous ne sauriez pas que vous êtes. Maintenant, de plus en plus de gens tombent malades à cause des médicaments et de leurs effets secondaires! Ça devient même risqué d'aller à l'hôpital! Il y a des gens qui ne sont jamais malades: ils semblent forts et résistants et puis un jour ils meurent d'un seul coup. Ce sont des gens qui sont devenus très rigides. Leur corps ne réagit plus à rien. Noguchi appelait ça "la maladie sans la maladie"! La maladie est ce qui permet, sans arrêt, de stimuler une réaction, un renouveau. Si nous faisions appel à nos défenses immunitaires, notre corps serait capable de réagir et il en sortirait plus fort. Quand on pratique les arts martiaux, on ne combat pas pour de vrai, c'est un entraînement; celui qui s'entraîne, le jour où il a besoin de sauter dans un fleuve pour sauver une autre personne, il peut le faire parce que son corps est entraîné. Dans le cas de la maladie, c'est pareil: si notre corps a l'habitude de réagir, s'il a l'habitude d'intervenir avec toutes sortes de globules blancs, etc. s'il a l'habitude de travailler pour reconnaître différentes sortes de microbes, pour pouvoir agir par rapport à eux, il réagit à la moindre chose. Aujourd'hui personne n'accepte ni la maladie, ni la douleur. On a l'impression que l'homme civilisé veut vivre dans un cocon, dans une espèce de sous-marin, ou tout serait hyperprotégé, aseptisé, avec un écran Internet pour voir le monde de l'extérieur! D'ailleurs cela pose des problèmes même aux médecins. En France, récemment, ils se posaient les problèmes des antibiotiques: nous sommes tellement bombardés d'antibiotiques qu'aujourd'hui ils n'agissent plus!
Tout ça est une conséquence de la peur. On maintient les gens dans un état de peur. Un des articles de Tsuda s'intitule: "Bonjour maladie!". Les enfants n'ont pas peur de la maladie. Ils réagissent bien, spontanément, et fort.
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| Pendant les stages Régis Soavi fait des conférences où il présente le
Mouvement Régénérateur. |