Archives de catégorie : FR

Article en langue Francaise

Calendrier de l’Avent #11

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#11 Bruno Vienne

« […] Ma rencontre avec Itsuo Tsuda ça été une école du plaisir avant tout. Des retrouvailles avec la simplicité. Si je pouvais décrire Monsieur Tsuda je dirais comme l’adage de Tchouang Tseu : «La grande gentillesse exclut la petite gentillesse». Y avait de ça. Il pouvait être très dur mais derrière, il y avait un enseignement qu’il nous donnait, quelque chose de «magique» qui se passait. […] Ce plaisir de le retrouver. D’être là avec lui. […] »  Le témoignage de Bruno Vienne

Bruno Vienne
Bruno Vienne en 2014

Bruno Vienne par lui même :
« Cinéaste, humaniste, aventurier:  j’ai débuté ma carrière après une école de photo (Vaugirard) et des études de philo et de sciences de l’éducation (Fac de Vincennes), d’abord comme assistant caméra pour des films animaliers.
C’est en 1978 que je fais la connaissance de Monsieur Tsuda et de son dojo, tout en continuant mon travail d’intermittent du spectacle, je me consacre à la pratique du Mouvement régénérateur et de l’Aïkido jusqu’au décès de mon maître en 1984. Puis au bout de quelques années d’assistanat sur des films, j’ai pu réaliser mon premier documentaire au Tibet dans la région du Kham et de l’Amdo. Ce film, « Retour au Kham », a été diffusé sur Canal+ en 1991 et a été le point de départ de ma carrière de réalisateur, depuis j’ai réalisé plus de 40 films sur les animaux, les humains et la nature.
J’ai appris ce métier grâce à 3 personnes à qui je dois beaucoup. Au tout début mon oncle Gérard Vienne avec qui j’ai travaillé pendant 6 ans et François Bel dont j’ai été aussi l’assistant pendant une dizaine d’années et enfin celui à qui je dois mon émancipation par rapport à la Médecine et la Science : Itsuo Tsuda.
Ce métier m’a permis de voyager à travers le monde et de pouvoir vérifier sur le terrain et dans mon corps physique la pratique du Non-faire.
Aujourd’hui mon attention est focalisée sur deux longs métrages, les deux ont en commun des histoires de moines, l’un sur l’enfance d’un Lama Tibétain, l’autre sur la reconstruction d’une abbaye et d’une petite communauté cistercienne en Bretagne . Je suis très heureux cette année, grâce au dojo Tenshin, de pouvoir rendre hommage à cet « homme foncièrement libre » qui pour beaucoup d’entre nous a été une source d’inspiration et un pilier fondateur de notre existence. »

http://brunovienne.com/respiration/baton-de-parole/

Bruno1
Bruno Vienne en 1984. stage de Coulonge-sur-l’Autize

Calendrier de l’Avent #10

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#10 Coulisses

Évidemment il y a l’événement ! Mais comme pour un spectacle il y a ceux qui ont créé l’événement, ceux qui ont fait l’histoire. Les techniciens dans l’ombre des projecteurs de la scènes, les « fourmis » qui ont couru partout… Petit hommage avec quelques photos volées :

100_4979
Bas en plein tournage
DSCN5847
Régis Sirvent en plein tournage également
20141111_162046_HDR
Jérémie en shooting photos

 

2014-11-16_10.55.14
vin d’honneur réglé comme du papier à musique : Francesca aux commandes

 

20141113_100853_HDR
Kika Juan, Jean-Marc Arnauve, Bruno Vienne, Régis Soavi

 

centenaire-extrait-video-05
service

 

centenaire-extrait-video-06
Bières artisanales par Fabien

 

 

Calendrier de l’Avent #9

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#9 Moment de détente

Ces photos ont été prises lors du voyage au Japon de 1980. Voyage organisé avec un petit groupe de pratiquants. Ici on voit un moment de détente dans un ryokan à Kyoto. Monsieur et Madame Tsuda, après le dîner, et un peu de saké, en train de chanter. Tout le groupe participait ce soir-là, chacun y allant d’une chanson populaire.

Pour mémoire, Itsuo Tsuda aimait à chanter Parlez-moi d’Amour comme symbole de la France  :

Si le lecteur audio ne fonctionne pas sur votre navigateur, voici le lien direct   : https://www.youtube.com/watch?v=rIAQWr34De0

tsuda1tsudadanse-2

Calendrier de l’Avent #8

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#8 Centenario di Itsuo Tsuda in Italia.

Le dojo Scuola della Respirazione à Milano a proposé un événement public autour du centenaire de la naissance d’Itsuo Tsuda les 29 et 30 novembre. Expositions de calligraphies, photos, vidéos, lectures  et une démonstration d’aïkido. En une fois une occasion d’exercer sa sensibilité, son autonomie, son intelligence. Un travail de groupe avec des hauts et des bas, bien sûr, pour partager avec d’autres ce que nous avons découvert, ce que ces pratiques ont changé pour nous. Et évidemment une occasion pour soi-même d’approfondir, de creuser ensemble. Retour en images :

 

Pour agrandir les images de la galerie, cliquez dessus :

 

 

Calendrier de l’Avent #7

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#7  Les détectives des calligraphies…

Notre exposition s’intitulait Sur les Traces d’Itsuo Tsuda… mais pour nous cela donnait plutôt Sur les traces des calligraphies !!  Tant le travail de recherche de documents plus ou moins éparpillés, chez les uns et les autres, a été long. Et puis une fois les calligraphies réunies, il fallait encore en retrouver le sens, les traductions qui parfois se sont perdues au fils des ans. Alors ce travail de détective, c’est aussi la surprise de quelqu’un qui peut enfin nous donner une indication, précieuse, et permettre de retrouver le sens de certaines calligraphies. C’est arrivé durant l’exposition  :

Calendrier de l’Avent #6

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#6 Les nouveaux visages du cinéma japonais

Une ancienne affiche, témoin des initiatives déployées par Itsuo Tsuda pour diffuser en France l’enseignement de son Maître Morihei Ueshiba. Itsuo Tsuda donna une conférence publique en 1979, à l’Université de Paris-Diderot, dans le 5eme arrondissement.  Elle précédait la projection d’un film sur Maître Ueshiba, tourné par la télévision japonaisephoto_cinema_jap1

Extrait de la conférence :

Guillemetl’idée de Maître Ueshiba était tout à fait différente  : ce n’est pas une méthode de combat, il faut bien comprendre ça au départ. Après, si vous trouvez que c’est une méthode de combat, ça vous regarde. Mais je me permets d’expliquer la différence. […]

[…] Eh bien son idée de base c’est que, tous les êtres sont des émanations d’un tout, si vous voulez, de dieu centre. Alors, moi aussi une émanation d’un tout, le centre de l’univers, et vous aussi. Comme la main droite et la main gauche, c’est une émanation de moi. Mais le jour où la main droite se met à agresser la main gauche, la situation devient différente. On guette le moment pendant que la main gauche est un peu distraite, pan ! On l’écrase, hein. Comme il a son idée, qu’il a vécu, c’est à dire que tout ça c’est des émanations d’un même tout – donc tout le monde appartient à la même source – ce n’est pas des choses qui sont réunies comme ça, par hasard, donc sitôt que la main droite a une mauvaise pensée d’attaquer, la main gauche est déjà informée. Pof… elle esquive. Donc ce n’est pas la confrontation ; laquelle est supérieure, la main droite, la main gauche ? bah on va essayer : brom brom brom, et on a les mains meurtries. Ce n’est pas ça. Mais comme son idée est tout à fait étrangère à nos habitudes, c’est très difficile d’y pénétrer. On préfère discuter. … Les discussions, on peut faire pendant dix siècles, des discussions, comme sur le sexe des anges, on n’est pas encore déterminé. Mais vous le faites, et puis effectivement vous sentez cette évolution très lente, mais qui agit à l’intérieur, petit à petit, petit à petit, voilà. […]

Alors, vous verrez la différence. C’est à vous de juger si il a dit la vérité, ou si c’est un faux. Maintenant je vous laisse… […]

Itsuo Tsuda

 

Calendrier de l’Avent #5

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#5 Lectures publiques

De nombreuses lectures ont émaillé l’année 2014, à Paris, Milano, Toulouse, Roma, Torino… À chaque fois, le public a été touché et heureux de découvrir les livres d’Itsuo Tsuda. Dans chaque dojo, ce fut des occasions de se préparer, de lire devant un auditoire, d’aller à la rencontre des autres, du public. Des expériences enrichissantes. Pour agrandir les photos, cliquez dessus :


Tous les livres d’Itsuo Tsuda sont disponibles au Courrier du livre – éditions Trédaniel

Calendrier de l’Avent #4

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#4 : La Seconde Guerre mondiale

« Au hasard » de recherches sur le web, une personne découvrit qu’Itsuo Tsuda apparait dans un film sur la Seconde Guerre mondiale de Daniel Costelle. Un grand monsieur du cinéma documentaire, qui a chaleureusement accepté que nous diffusions ces extraits.  De ce que nous avons pu apprendre, Itsuo Tsuda participa aux recherches historiques sur le sujet pour ce film et, rare Japonais à parler français, il parle dans le film quelques secondes.  Il est donc nommé au générique :

costelle_itsuo_tsuda

Itsuo Tsuda fut lui même enrôlé dans l’armée japonaise à son retour de France en 1940 et fit trois mois d’entraînement dans un bataillon canon puis, en raison de sa compétence à parler français, il fut transféré au quartier général de commandement pour faire des traductions… Sur son positionnement vis-à-vis du Japon impérial, Itsuo Tsuda s’exprima un peu dans les inédits à découvrir dans Cœur de ciel pur, extraits  :

Guillemet La vision des Japonais vis-à-vis du monde extérieur et de leur propre pays, entre les deux guerres, dénotait une étroitesse d’esprit presque puérile. Il y avait cinq puissances mondiales : l’Angleterre, la France, l’Italie, les États-Unis, et… surtout le Japon. La Russie ne comptait pas, parce qu’on l’a battue à la guerre en 1904, la Chine, non plus, qu’on a battue en 1894. On dirait une tournée de compétition sportive. On exhortait le peuple au patriotisme de plus en plus fanatique, à l’instigation des officiers subalternes de l’armée de terre qui gagnait du terrain. J’étouffais dans cette atmosphère de prison et cherchais la liberté de penser. […]

[…] En 1945, je pressentais que la Guerre allait prendre fin la même année.  Le Japon capitule en août. Le mythe du “Japon invincible” tombe. Quel soulagement ! […]

Itsuo Tsuda, Cœur de ciel pur, éditions Le Courrier du livre, 2014

Calendrier de l’Avent #3

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

#3 : La sortie du livre Cœur de ciel pur aux éditions du Courrier du Livre en partenariat avec l’École Itsuo Tsuda, œuvre posthume réalisée à partir d’inédits, a été une grande joie ! Nous remercions ici tous ceux qui y ont travaillé bénévolement, ceux qui nous ont soutenus et permis que ce livre paraisse. Nous avions annoncé sa sortie en avant-première pour le Centenaire les 15 et 16 novembre ; bien évidemment, suite à des retards techniques,  les exemplaires sont arrivés au dernier moment ! Ouf !

sortie_coeur_ciel_pur« Maître Itsuo Tsuda avait commencé le tome X de ses œuvres peu de temps avant sa mort en mars 1984.
Ce recueil, où viennent s’insérer les premiers chapitres de ce dixième tome inachevé, a été entrepris en rassemblant des textes qui s’étendent sur plus de dix années : les tout premiers écrits non publiés, les derniers qui ne purent l’être en raison de son décès, la transcription de conférences, interviews et entretiens radiophoniques sur France Culture et, en annexe, divers articles le concernant.
Malgré l’aspect artificiel de ce rapprochement, il nous semblait cependant préférable de rendre ces écrits, restés épars, accessibles aux personnes intéressées par la recherche et le travail de Maître Tsuda.

Ainsi, ce recueil peut nous permettre de mieux percevoir l’évolution de l’œuvre de Maître Tsuda et d’en compléter quelques aspects, dans la limite des documents disponibles. »

 

 

Calendrier de l’Avent #2

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

Cette année a justement vu « apparaitre », sortir des placards, des archives ! Certaines d’une grande valeur historique, d’autres plus anecdotiques mais intéressantes quand même.

Ce film a été découvert en Israël en 2014 par Madame Habib. Fille de Pierre Holzacker, pilote d’Air France qui a pratiqué l’aïkido avec sa femme Esther en France dans les années 1960, notamment auprès d’Itsuo Tsuda. Il s’agit d’un passage à Paris d’Itsuo Tsuda dans les années 1968, on y voit Monsieur Jean-Gabriel Greslé (également pilote d’Air France et aïkidoka) et Madame Jacqueline Greslé pratiquer avec Itsuo Tsuda.  À la fin du film on voit également Itsuo Tsuda pratiquer au Hombu Dojo à Tokyo. Nous remercions ici très chaleureusement Monsieur Ze’ev Erlich qui nous a transmis depuis Israël ce document précieux.

Monsieur et Madame Greslé nous ont fait le plaisir d’une visite lors de l’événement du Centenaire au Dojo Tenshin

monsieur et madame Greslé
Monsieur et Madame Greslé nous ont fait le plaisir d’une visite lors de l’événement du Centenaire

 

 

Calendrier de l’Avent #1

Le calendrier de l’Avent du centenaire d’Itsuo Tsuda : 25 jours pour retrouver 25 moments forts de l’année 2014, consacrée à Itsuo Tsuda.

80 ans après, Itsuo Tsuda revient à la Sorbonne !

Les textes d’Itsuo Tsuda ont résonné, par la voix de Yann Allegret, dans ce lieu si chargé d’histoire. Ce lieu qu’Itsuo Tsuda fréquenta lui-même dans les années 1930 et qui le marqua par les enseignements de Marcel Mauss et Marcel Granet. Régis Soavi prit également la parole pour dialoguer avec le public et apporter son témoignage.

présentation estelle_sorbonne

CIMG1306

regis

Retour sur le centenaire d’Itsuo Tsuda

Une rencontre exceptionnelle

centenaire itsuo tsudaDimanche 16 novembre 2014  s’est achevé ce qui restera un moment exceptionnel, à la fois hommage à un écrivain et fruit du travail de toute une école.

L’événement autour d’Itsuo Tsuda aura réuni durant un week-end plusieurs centaines de personnes dans un lieu spécialement préparé pour l’occasion. Le dojo Tenshin qui fêtera prochainement ses trente années d’existence s’est transformé durant ces derniers mois pour accueillir le centenaire de la naissance d’un homme dont l’œuvre résonne plus que jamais.

Lire la suite

Rencontre avec la respiration

itsuo tsuda respiration

Né en 1914 Itsuo Tsuda aurait eu cent ans cette année. Se reconnaissant avant tout philosophe ce personnage atypique, farouchement indépendant, est une figure incontournable de l’Aïkido en France. C’est lui qui introduisit le Katsugen undo* en Europe au début des années 1970.

Élève direct de O’Sensei Morihei Ueshiba pendant les dix dernières années de la vie de ce dernier, Itsuo Tsuda ne retenait dans l’Aïkido ni l’aspect sportif, ni le coté art martial, mais plutôt la possibilité de mener à travers cet art une recherche intérieure, personnelle. Il qualifia cette dimension de « pratique solitaire » et s’attacha à la transmettre dans ses livres et son enseignement.

Débutant l’Aïkido à quarante-cinq ans ce sont les notions de ki et de Non-Faire qui vont principalement l’attirer. Ces aspects sont particulièrement tangibles dans la série d’exercices qui précédait chez O’Sensei Ueshiba la technique et pour laquelle Itsuo Tsuda a inventé l’expression « Pratique respiratoire ».

O’Sensei Ueshiba accordait une très grande importance à ces exercices qui représentaient pour lui quelque chose de complètement différent d’un échauffement. Itsuo Tsuda en dira dans une interview sur France culture :

« Pour moi ce qui est important, c’est ce que je fais au début : je m’assois, je respire, je respire avec le ciel et la terre, c’est tout. Beaucoup de gens aiment l’Aïkido comme une technique, n’est-ce pas. Pour moi la technique c’est simplement le test pour savoir si j’ai évolué dans ma respiration. »

Dans la technique qui occupe la seconde partie de la séance il n’y a donc pas de combat, mais une possibilité de développer la sensibilité, la capacité de fusionner.

Décédé en 1984, la voix d’Itsuo Tsuda résonne encore aujourd’hui à travers les neuf livres qu’il publia en français* et à travers ses propres élèves. L’un d’eux, Régis Soavi se consacre depuis plus de trente ans à l’enseignement de l’Aïkido et du Katsugen undo. Il est le conseiller technique de l’École Itsuo Tsuda.

itsuo tsuda aikido

Bonjour Monsieur Soavi, lorsque vous avez rencontré Itsuo Tsuda dans les années 70 vous étiez déjà engagé dans la pratique des arts martiaux. Qu’est-ce qui vous a décidé à vous consacrer à l’Aïkido d’Itsuo Tsuda ?

– Quand j’ai rencontré Itsuo Tsuda j’étais débutant en Aïkido, mon professeur était Roland Maroteaux. J’ai rencontré Tsuda lors d’un stage organisé par ce professeur. Ce qui m’a impressionné au départ c’est sa capacité à l’esquive. Lors de ce stage je voyais mon professeur, pourtant un Budoka, l’attaquer avec détermination et à chaque fois Tsuda n’était pas là, c’était une esquive, il présentait un vide devant lui. Cela m’avait choqué. J’avais pratiqué beaucoup de Judo, je faisait aussi des armes et du jujitsu et et puis à peu près à la même époque, au cours de ma formation en tant que professionnel d’Aïkido, j’ai travaillé aussi avec d’autres maîtres, Me Noro, Me Tamura, Me Noquet, puis lors de stages avec Me K.Ueshiba, Me Yamagushi, etc. À l’époque on était tous un peu des Ronins, on tournait d’un dojo à l’autre et on essayait de saisir les secrets des maîtres.  Au début j’allais un peu timidement chez Me Tsuda, mais la qualité de ce vide, ce vide qui se déplaçait, c’était très impressionnant. C’est cela qui m’a fait dire : il faut que j’aille voir ce maître.

– Que représente pour vous la première partie des séances d’Aïkido qu’Itsuo Tsuda a dénommé « Pratique respiratoire » ?

– Me Tsuda avait l’habitude de dire que c’était l’essentiel de l’Aïkido. Au début, quand j’avais vingt ans, je voyais moi-aussi cette partie comme une sorte d’échauffement respiratoire, pour ne pas dire d’échauffement musculaire. Et puis petit à petit j’ai découvert que c’était beaucoup plus profond que ça ! Et au bout de 7 ans, la Pratique respiratoire était devenue la partie la plus importante de l’Aïkido pour moi. Le reste, c’était, comme Tsuda le dit très bien, une façon de vérifier où j’en étais moi aussi dans ma respiration.

Vous parlez de l’Aïkido en proposant la traduction « voie de fusion de ki ». En quoi est-ce que cela est différent par rapport à la définition « voie de l’harmonie » que l’on a coutume d’entendre ?

regis soavi

« Dans l’aïkido on échappe complètement à l’idée de combat. Maître Ueshiba avait une telle capacité de fusion avec la personne qui l’attaquait qu’il devançait ses actes, ses gestes. »

– Vous savez, « Aïkido » ce sont des idéogrammes, ce ne sont donc pas des mots en soi. Ce que j’essaye de transmettre à travers « voie de fusion de ki », c’est la direction que nous prenons. Dans l’Aïkido cette fusion de sensibilité entre les personnes, permet de pratiquer d’une autre manière. On échappe complètement à l’idée de combat. C’est plutôt une complémentarité. Je pense que Me Ueshiba avait une telle capacité de fusion avec la personne qui l’attaquait qu’il devançait ses actes, ses gestes. Pour moi l’harmonie, c’est insuffisant comme traduction, cela peut être esthétique. La fusion fait appel à quelque chose de plus profond. Quand deux métaux entrent en fusion pour faire par exemple du bronze, ils deviennent du bronze, il ne s’agit pas seulement de les harmoniser, ils deviennent quelque chose de différent. Et c’est en ce sens aussi que j’ai envie de traduire cela par « voie de fusion de ki ». Mais c’est une vraie interprétation des idéogrammes.

Quel rôle joue selon vous la technique ?

– Elle est indispensable. C’est une base. Pour moi la technique doit être extrêmement précise. Elle est ce qui porte la respiration. La technique ça veut dire aussi le corps, la posture. Si la posture est juste, si le placement est juste, alors c’est facile, la respiration est meilleure. Si on est bloqué, encombré, fermé ou trop ouvert, trop mou ou trop dur, rien ne passera vraiment. La technique est là pour nous permettre à travers sa précision de retrouver les lignes qui nous aident à mieux respirer, à rentrer mieux en fusion. C’est pour cela aussi que je fais souvent travailler lentement. Cela ne sert à rien de faire quelque chose vite et mal.

regis soavi aikido

– La pratique du Katsugen undo, que vous avez découvert auprès de Me Tsuda, influe-t-elle votre approche de l’Aïkido ?

– Je pense que si je n’avais pas pratiqué le Katsugen undo je ne pratiquerais pas l’Aïkido comme je le fais aujourd’hui. N’oublions pas que le Katsugen undo c’est quelque chose qui normalise le terrain, le corps. Et aujourd’hui justement je vois l’Aïkido aussi comme un processus de normalisation du corps. La pratique du Katsugen undo permet de pratiquer l’Aïkido dans ce genre de voie, c’est pour moi une base, un minimum. Elle développe en nous la respiration, on respire mieux, on est plus tranquille. Les aspects agressifs, compétitifs disparaissent, ils tombent d’eux mêmes. Au lieu de pratiquer en faisant mal à l’autre on va vers la normalisation du corps, j’ai par exemple l’habitude de montrer comment lors des immobilisations au sol on tord le bras d’une certaine façon et on va faire passer le ki jusqu’à la troisième lombaire et que le corps de la personne va se tordre légèrement à cet endroit là. Et bien, c’est un processus de normalisation du corps à travers l’Aïkido, que j’ai découvert parce que je pratique le Katsugen undo. Cela concerne beaucoup d’autres techniques, la façon d’entrer, de rejoindre le centre, le hara, etc. Je ne dis pas qu’on ne peut pas le découvrir si on ne pratique que l’Aïkido, mais le Katsugen undo a été une porte ouverte, il m’a permis de mieux sentir, de mieux comprendre, d’être plus dans l’esprit… Je pense que cela a été très important aussi pour Tsuda. Il a pratiqué dix années avec Me Ueshiba. Mais quand il est arrivé à l’Aïkido il avait déjà pratiqué pendant plus de dix ans le Seïtaï, le Katsugen undo. Son terrain était donc dans un certain état, par exemple en ce qui concerne la souplesse – que l’on a bien souvent perdu à quarante cinq ans. Et puis au niveau de l’état d’esprit : pour Tsuda c’était clair qu’on n’est pas là pour s’abîmer, mais au contraire pour retrouver à la fois un certain tonus, mais en même temps un équilibre. Aïkido doit nous amener à l’équilibre. Et le travail de Katsugen Undo c’est équilibre.

Vous pratiquez tôt le matin, cela peut surprendre.

– Les séances ont lieu à 6h45 en semaine mais aussi à 8h le w-e. Je sais qu’on vit dans une regis soavi aikidosociété où on se couche soit disant très tard et on se lève très tard aussi. Moi j’aime bien le matin. Le soir on est fatigué, les gens sortent du boulot, ils sont stressés. Donc évidemment très facilement les séances d’arts martiaux vont devenir du défoulement, etc. Le matin déjà, la compétitivité ça n’a pas trop d’importance… On se lève, on vient au dojo, on peut respirer tranquillement, on démarre la journée. Et qui plus est, on a la chance d’être dans un dojo permanent. On vient et on est chez soi, dans une association, mais chez soi, ce sont des dojos qui ne servent qu’à cela. Ce ne sont pas des gymnases avec des vestiaires plus ou moins propres où on ne peut pas laisser sa montre parce que sinon on nous la pique, etc. Donc on arrive ici le matin, on se prend un petit café, un thé, puis on fait la séance. Et là, la journée commence et elle commence bien, c’est un vrai plaisir. Chaque matin j’ai beaucoup de plaisir à voir des gens arriver tranquillement en prenant le temps, on est dans un monde où on ne prend plus le temps…

Vos séances s’adressent à tous sans faire de distinction entre les ages et les niveaux, vous parlez d’une école sans grades.

– Me Tsuda disait : « Il n’y a pas de ceinture noire de vide mental. » Chez Me Ueshiba il n’y avait pas de programme national de ceinture noire. Lorsque Me Noguchi* enseignait il disait « Oubliez, oubliez, quand vous en aurez besoin cela viendra tout seul. » C’est un peu ça, la technique est importante, mais on ne va pas répéter dix mille fois comment se faire attaquer ou autre. Ça n’a aucun sens. Hiérarchie, grades, kyu, dan, etc. pour moi cela ne représente pas grand chose… Et puis du point de vue des âges, pourquoi est-ce qu’on ferait une différence ? C’est la société moderne qui a fait une différence, qui a crée les teenagers (qui maintenant sont encore teenagers jusqu’à quarante ans, d’ailleurs) le troisième age puis le quatrième age, etc. Toutes ces catégories ne correspondent à rien. Pour moi, au niveau de la vie qui nous habite on est tous égaux. Après, bien sûr, on fait une différence, si je travaille avec un enfant de six ans ce n’est pas comme quand je travaille avec une personne de soixante ans ou avec un jeune de vingt ans.

– Au delà de la transmission des bases, que peut-on à proprement parler enseigner à travers l’Aïkido ?

– Ah, pas grand chose, effectivement, il y a un moment donné où les personnes font leur propre recherche toutes seules. Alors comme je suis plus ancien, et ma recherche est plus ancienne aussi, je peux leur donner quelques indications, et puis je peux permettre aux gens de mieux comprendre à travers des visualisations. C’est ma manière à moi d’enseigner aux personnes aujourd’hui. Je propose des visualisations, par exemple tel mouvement c’est comme si vous posiez un bébé dans son lit. En même temps les personnes font une recherche, il y a un certain nombre de personnes que je considère comme des compagnons, ce ne sont plus des élèves. En tant que senseï, comme un bon artisan qui a plus d’ancienneté, je peux dire : « Regarde un peu plus loin là, voilà », regardant plus loin, le corps s’ouvre et la personne dit « Ah oui, d’accord ». C’est très fin. C’est une communication qui s’instaure avec mes élèves. Et les personnes après vont chercher dans cette direction. On ne va pas perfectionner la technique, ça n’existe pas. L’Aïkido ne deviendra pas plus efficace, plus esthétique etc, mais on va être plus proches de nous-mêmes, je pense que c’est cela qui est le plus important.

Cet article a été publié dans Dragon Magazine (Hors-Série Spécial Aïkido n°5) de juillet 2014. Présentation d‘Itsuo Tsuda et rencontre avec Régis Soavi.

Vous souhaitez recevoir les prochains articles ? Abonnez vous à la newsletter :

Abonnez-vous à notre newsletter

Notes

* Katsugen undo traduit par Mouvement régénérateur, technique mise au point par Haruchika Noguchi, créateur du Seïtaï.

Norito, la résonance

Morihei Ueshiba O Senseï récitait dans son itsuo tsuda noritocours le norito, invocation aux dieux d’origine Shinto. Itsuo Tsuda dans les dernières années le récitait quotidiennement et la tradition s’est poursuivie au sein de l’École Itsuo Tsuda.

« Le norito n’appartient pas au monde de la religion mais certainement au monde du sacré au sens animiste. Les vibrations et la résonance conduites par la prononciation de ce texte nous apportent à chaque séance une sensation de calme, de plénitude et parfois quelque chose qui va au-delà et reste inexprimable .
Le norito est un Misogi*. Par essence il n’est jamais parfait, il change et évolue. Il est le reflet d’un moment de notre être. » (Régis Soavi)

Ce norito est très connu au japon, on l’appelle Misogi no harae. La version que récitait Maître Tsuda est en quelque sorte une version courte, Morihei Ueshiba  rajoutait les noms de quantités de Kamis.

norito

Itsuo Tsuda reçut ce norito des mains de Nakanishi Senseï qu’il rencontra lors d’un voyage au Japon. Elle lui transmit également la position des mains, qui, sans être figée, est d’une grande précision. C’est un nœud de ki ; tous les doigts doivent se toucher et la position des coudes a son importance aussi. Nakanishi Senseï fut le maître de Kotodama de Morihei Ueshiba. » Propos recueillis auprès de Régis Soavi

Itsuo Tsuda lui même écrira : « À un moment donné de sa vie, Maître Ueshiba se sentait bloqué dans la poursuite de la voie, devant une impasse. Il était extrê­mement fort physiquement, mais il sentait qu’il lui manquait quelque chose. C’est alors qu’il fit la connaissance des Nakanishi. Il était âgé de cinquante-six ou sept ans, et Mme Nakanishi, de vingt et quelques années.(…) »
Itsuo Tsuda, La Voie des Dieux

Dans son livre La Voie des Dieux (Le Courrier du Livre, 1982), Itsuo Tsuda tente de nous éclairer sur ces sujets assez difficiles d’accès, que sont le Shinto et le Kotodama. Nous en publions quelques extraits pour accompagner l’écoute de la récitation du norito par Itsuo Tsuda.

Guillemet« Il est bien difficile de définir ce qu’on appelle le « shintoïsme », mot à mot, la voie des dieux. C’est une appellation qu’on a forgée par nécessité de comparaison avec les autres formes de « croyances » qui ont été introduites au Japon, au cours des siècles.(…) »

« Si je dois dire en un mot ce qu’est le shinto, je citerai un proverbe français : Eau qui court ne porte point d’ordure (XVe siècle). Ce qui importe, ce n’est pas le dogme, mais la sensation immédiate de sérénité. Est-il possible de garder constamment la sensation de sérénité, dans n’importe quelle circonstance ? Si vous y arrivez, je n’ai rien à ajouter. Je suis plutôt d’avis que la plupart du temps, nous éprouvons une sérénité précaire sous certaines conditions particulières. Nous nous efforçons de garder cette sérénité en nous raidissant. C’est sauver les apparences. C’est être aveugle que de ne pas admettre que nous avons des faiblesses et des failles. Ce proverbe est aujourd’hui presque inconnu.(…) »

Kotodama (vibrations)

« Tout l’Univers est conçu comme rempli de sensations de vibrations. Ces vibrations préexistent avant d’être perceptibles. Ainsi, Maître Ueshiba parlait souvent du kotodama de la voyelle «u», par exemple, qui est une vibration qui jaillit du ventre. Il expliquait les fonctions de tout le vocalisme qui étaient au fond très simples mais il m’était très difficile de les comprendre car ce sont des choses qui n’étaient pas dans mes habitudes.(…) »

« D’après Mme Nakanishi, le propre du Budo, des arts mar­tiaux, réside dans la disposition à répondre aux résonances. C’est là que les arts martiaux se joignent au kototama. C’est là aussi qu’ils diffèrent des sports. En effet, les arts martiaux sont nés aux temps où on était exposé à la fatalité de tout moment, sans avertissement. Il ne s’agissait pas d’exhiber une technique corporelle devant les spectateurs qui vous admirent, comme dans un cirque. Il fallait pressentir l’approche d’un danger avant que des données de perception viennent le confirmer. Le moment de confirmation est déjà trop tard car il détermine, non des scores, mais la vie ou la mort.(…) »

« L’aikido, conçu comme mouvement sacralisé par Maître Ueshiba est en train de disparaître pour faire place à l’aïkido athlétique, sport de combat, plus conforme aux exigences des civilisés. « Le vrai budo doit être comme une sorte de mai, dit Mme Nakanishi, ce sont les autres qui tournoient autour de vous, mais le maître ne bouge pas. » Dans le shinto, il n’y a pas d’opposition entre Dieu et l’homme, comme dans le christianisme. Il s’agit de retrouver Dieu en vous-même. C’est ce qu’on appelle chinkon kishin, calmer l’âme et faire le retour à Dieu. En fait, on ne peut ni calmer ni agiter l’âme. On purifie le ki qui s’attache à notre personne pour nous maintenir en vie, mais qui en même temps nous expose à des agitations constantes. (…) «Des miracles, on n’en a pas besoin, dit-elle, le plus difficile, c’est d’être naturel, d’être normal.» La mer belle reflète la lune dans sa forme ronde. La mer agitée ne donne que des reflets éclatés.(…) »

« L’enseignement de Mme Nakanishi m’a révélé une nouvelle dimension de l’univers. L’univers du shinto ne correspond en rien à la conception géocentrique d’avant Copernic, ni à la conception héliocentrique, consolidée par Newton. L’univers dont elle parle n’est localisé nulle part. Il se crée à partir du Vide originel au moment et à l’endroit où il y a nécessité, et disparaît sitôt que l’affaire est terminée. À partir du Vide, se crée le Néant et le Néant crée l’Existence. Et l’Existence aboutit au Néant qui retourne au Vide. II n’y a donc pas de création qui se place au début du monde, une fois pour toutes. Chaque instant peut être le moment de la création. Quiconque essaye peut créer l’Univers là où il se trouve. On n’a donc pas à discuter avec Gagarine pour infirmer ou affirmer l’existence de Dieu dans l’espace. Le shinto est trop fluide pour se figer dans la sclérose.

Chaque jour est le premier jour de la création. Chaque jour est peut-être le dernier jour du retour au Vide.(…) »

Itsuo Tsuda, La Voie des dieux (Le Courrier du Livre, 1982)

Vous souhaitez recevoir les prochains articles ? Abonnez-vous à la newsletter :

Abonnez-vous à notre newsletter

*Misogi, traduit par « purification »

Trois Lectures à Toulouse

Lectures-rencontres

« Il n’est donc pas impossible, même pour les civilisés, de se libérer du monde rhétorique dans lequel ils vivent et de retrouver leur vrai « moi ».
Itsuo Tsuda, Le triangle instable.
A l’occasion du centenaire du philosophe Itsuo Tsuda (1914-2014), les pratiquants du dojo Yuki Ho vous invitent à des lecture d’extraits de ses livres.  Trois rendez-vous :  29 septembre, 13 et 16 octobre à Toulouse (voir détails plus bas)

Né en 1914, Itsuo Tsuda vint en France en 1934 et fit ses études avec Marcel Granet et Marcel Mauss jusqu’en 1940, année de son retour au Japon.
Aprés 1950, il s’intéressa aux aspects culturels du Japon, étudia la récitation du Nô avec Me Hosada, le Seitai avec Me Noguchi, et l’Aïkido avec Me Ueshiba.
Il revint en Europe en 1970 et proposa une philosophie du Non-faire que l’on peut notamment découvrir et approfondir à travers ses œuvres et les pratiques de l’Aïkido et du Katsugen undo.

Lundi 29 septembre et 13 octobre 2014,  à 19:00 au  Café chez L,  39 bd des Récollets, 3100 Toulouse

Jeudi 16 octobre 2014 à 19h à la libraire Terra Nova, 18 rue Gambetta 31000 Toulouse

Terra Nova extérieur MA

Tous les livres d’Itsuo Tsuda sont disponibles au Courrier du livre – éditions Trédaniel

Lecture à Paris

Les lectures publiques d’extraits de l’œuvre de Itsuo Tsuda continues tout au long de cette année du  centenaire de sa naissance. Après Blois, Albi, et Saint -Mandé, voici Paris à la librairie du Merle moqueur, 51 rue de Bagnolet, Paris 20e, le dimanche 12 octobre 2014,  à 17h.

A la rencontre d’Itsuo Tsuda

« Marcher en avant d’un pas  assuré et silencieux, afin de donner le maximum de la vie qu’on a reçue, voilà ce que fera l’homme indépendant et libre. »

lectures

Retrouvez à travers cette lecture par Yan Allegret, écrivain, la philosophie pratique d’Itsuo Tsuda, fruit de ses recherches sur la respiration et sur le ki, qu’il nous fait découvrir à travers les 9 livres qu’il publia entre 1973 et 1983.

« Mon travail ne correspond pas à un effort de prosélytisme en faveur d’une méthode, d’une opinion, de certaines personnes, d’une institution ou d’une civilisation.
J’ai parlé de Noguchi et de Ueshiba, non pas pour en faire des saints et des dieux,
pour les transformer en objets d’adoration, mais parce qu’ils ont connu des expériences
de la vie qui m’étaient totalement inconnues et dont le contenu m’a fortement intéressé.
Dans le fond, ce n’était pas eux qui comptaient, ce qui m’intéressait, c’était la vie, un point c’est tout. » Itsuo Tsuda

D’autres lectures suivront à la Sorbonne, le 4 novembre et puis à  Toulouse… à suivre…

Tous les livres d’Itsuo Tsuda sont disponibles au Courrier du livre – éditions Trédaniel

Itsuo Tsuda à la Sorbonne

lecture sorbonne itsuo tsuda

80 ans après, Itsuo Tsuda revient à la Sorbonne

Un pont entre Orient et Occident, Lecture-Rencontre

Menant une réflexion profonde sur les grands développements de la pensée humaine, Itsuo Tsuda parcourt l’Orient et l’Occident et met le ki au centre de ses recherches

Itsuo Tsuda vint en France en 1934 et fit ses études à la Sorbonne avec le sinologue Marcel Granet et le sociologue Marcel Mauss. En 1940, de retour au Japon, il s’intéressa aux aspects culturels de son pays, comme la récitation du Nô, la technique Seitaï et l’Aïkido. Dans les années 70, il entreprend de propager ses idées sur le ki en Europe et publiera neuf livres en français.

Créant un pont entre Orient et Occident, il a su élaborer et présenter des connaissances qu’il avait reçues de ses maîtres. Il s’agit là d’un défi où l’être humain est considéré par-delà l’époque, le lieu et  la tradition. L’être humain en tant que tel. La vie dans ses multiples aspects. Itsuo Tsuda propose un chemin pour réveiller la sensibilité et pour retrouver la liberté intérieure.

Cette Rencontre-Lecture, animée par Régis Soavi, conférencier et enseignant d’Aïkido, élève direct d’Itsuo Tsuda et Yan Allegret, écrivain, comédien,  sera l’occasion de découvrir ce chemin.

Mardi 4 novembre 2014 à 19h30 à l’Amphithéâtre Guizot

17, rue de la Sorbonne 75005 Paris

Entrée gratuite, sur réservation auprès du service culturel : agenda-culturel@paris-sorbonne.fr

Ecoutez les livres de Itsuo Tsuda #2

Partie #2 : Katsugen Undo
lecture livres itsuo tsuda

Le comédien, écrivain, Yan Allegret lit ici des extraits des livres d’Itsuo Tsuda, captés en direct  le samedi 8 février 2014, dans un salon de thé-librairie de Blois, le Liberthé.

« Le Mouvement régénérateur ne constitue pas un apport extérieur. Il trace le chemin pour la découverte de soi en profondeur. Ce chemin n’est pas en ligne droite vers le paradis, il est tortueux. » Itsuo Tsuda

Lire la suite

Les calligraphies d’Itsuo Tsuda #2

pratiquer devant une calligraphieSuite de l’entretien avec Régis Soavi qui nous raconte sa découverte des calligraphies d’Itsuo Tsuda.

« Mettre une calligraphie plutôt qu’une photo d’un Maître, ça a un autre intérêt, que j’ai compris par la suite : ça évite un certain « culte de la personnalité ». Au lieu de mettre une photo de Maître Ueshiba, j’aurais pu en mettre une de mon maître, Itsuo Tsuda… mais alors, ça induit quelque chose vers « Un Grând Maîîître » qui EST, et ça va aussi dans le sens des religions où il y a des saints, des peintures de saints, des statues de saints… dans le Bouddhisme on a cela, dans le Christianisme aussi, évidemment…

Mais ainsi, on n’a plus la même résonance, parce que ce sont des photos de personnes, de « personnages ».

Lire la suite

Calligraphie « Les poissons dans l’eau »

calligraphie itsuo tsuda les poissons dans l'eau

Chaque année, à l’occasion du stage d’été, l’École Itsuo Tsuda présente une calligraphie d’Itsuo Tsuda montée en kakemono (encadrement Japonais).

C’est une occasion de (re)découvrir ces traces, cet enseignement qu’il nous a laissé.

Lors du stage d’été qui vient de s’achever, nous avons pu profiter de la calligraphie Les poissons dans l’eau, qui a été inspirée à Itsuo Tsuda par cette histoire de Tchouang-tseu :
Lire la suite

Ecoutez les livres de Itsuo Tsuda #1

livres d'Itsuo Tsuda

Le comédien, écrivain, Yan Allegret lit ici des extraits des livres d’Itsuo Tsuda, captés en direct le samedi 8 février 2014, dans un salon de thé-librairie de Blois, le Liberthé.

Partie #1 : Aïkido

« Lorsque vous êtes saisi par derrière à bras le corps par une personne plus forte que vous qui vous empêche de vous asseoir… que faire ?

Le projeter pour se dégager ?

Devenir un enfant. Je vois un coquillage merveilleux sur la plage et je me baisse pour le prendre. J’oublie celui qui continue à me serrer par derrière. Il y a l’écoulement du ki qui part de moi vers le coquillage alors qu’avant le ki était figé à la pensée de celui qui me serre avec tant de force. Il devient alors léger et chute par dessus mes épaules »

Itsuo Tsuda

Lire la suite

Lectures publiques autour de l’oeuvre de Tsuda

lectures Tout au long de l’année 2014, consacrée au centenaire d’Itsuo Tsuda, assistez dans toute la France à des lectures publiques pour découvrir son œuvre. Après Blois en février voici les prochaines étapes:

Le 12 juin à 18h – Albi
Lectures d’extraits d’Itsuo Tsuda, philosophe du Non-Faire
Librairie Guillot, 21 Lices Georges Pompidou, 81000 Albi. Tél: 05 63 54 18 49.
évènement Facebook

Le 12 juin à 19h – Saint Mandé
Lectures d’extraits de l’œuvre du philosophe Itsuo Tsuda.
« Marcher en avant d’un pas assuré et silencieux, afin de donner le maximum de la vie qu’on a reçue, voilà ce que fera l’homme indépendant et libre. » I.T
Librairie Mots & Motions, 74 avenue du Général de Gaulle Saint Mandé 94160.
évènement Facebook

Pour la suite, rendez vous dès septembre !

Lettres inédites #2

Suite de la correspondance d’Itsuo Tsuda dont nous publions quelques lettres, avec l’aimable autorisation de Bernard et Andréine Bel. Le lien pour lire la première lettre.Itsuo Tsuda au dojo, Paris

Il s’agit ici des réponses apportées par Itsuo Tsuda, entre 1972 et 1979, à un jeune couple qui commence à pratiquer le mouvement régénérateur. On suivra ainsi dans ces lettres leur désir de faire connaître autour d’eux, dans leur ville, cette découverte.

Cette lettre faisait suite à un courrier dans lequel nous faisions part à Itsuo Tsuda de notre séjour à Saanen au mois de juillet, au cours duquel nous avions fait pratiquer le mouvement régénérateur à un groupe de personnes – dont un grand nombre d’élèves d’Yvon Achard, professeur de yoga à Grenoble. La réaction du groupe avait été enthousiaste. La réflexion d’Itsuo Tsuda sur la tendance des occidentaux à tout amalgamer nous a incités à une très grande prudence. Nous avons eu soin de ne jamais emprunter ce terme alors même que nos séances étaient en tout point identiques à celles organisées par Katsugen-kai. C’est aussi à cette époque que nous avons pris la décision de ne jamais accepter d’argent des participants : « en famille et entre amis »… Andréine Bel
Lire la suite

Haruchika Noguchi

Il naît à Ueno, un quartier de Tokyo, en septembre 1911. Tout commence à l’âge de trois ou quatre ans lorsqu’il est surpris d’avoir apaisé le mal de dent d’une personne, simplement en posant les mains sur elle. C’était un enfant, ses mains allaient vers la cible, sans qu’il se rende compte de ce qu’il faisait. Son premier exploit, il l’accomplit à douze ans, quand il obtient la guérison de ses voisins qui souffraient de dysenterie, après le grand tremblement de terre qui frappe la région de Tokyo, en 1923. Dès cet âge, il commence à recevoir des gens qui lui demandent d’être soignés. À l’époque il n’avait aucune connaissance, pas même élémentaire, en anatomie et en médecine. Adolescent, il commence à prendre conscience des conséquences de ses actes. Au début il croyait, comme cela arrive à presque tous les guérisseurs, qu’il avait un pouvoir exceptionnel qu’il était le seul à posséder. Il y trouve sa propre vocation mais ne s’arrête pas à ce stade, il continue. Il étudie en autodidacte toutes les méthodes thérapeutiques orientales et occidentales. À quinze ans, il ouvre un dojo à Iriya. À dix-sept ans, il formule Préceptes de la vie pleine (Zensei Kun), qui permet de mieux comprendre sa pensée. En 1930, il écrit les Réflexions sur la vie intégrale, un texte surprenant pour un jeune homme qui avait alors seulement dix-neuf ans.

Lire la suite

Lettres inédites #1

mouvement régénérateur
Itsuo Tsuda à Genève, séance de mouvement régénérateur

La Correspondance d’un auteur, d’un philosophe, révèle souvent au-delà du particulier des vues d’ordre général. C’est le cas avec cette correspondance d’Itsuo Tsuda dont nous publions quelques lettres, avec l’aimable autorisation de Bernard et Andréine Bel.

Il s’agit ici des réponses apportées par Itsuo Tsuda, entre 1972 et 1979, à ce jeune couple alors qu’il commence à pratiquer le mouvement régénérateur. On suivra aussi, dans ces lettres leur désir de faire connaître autour d’eux, dans leur ville, cette découverte.

[Pour une histoire du dojo Katsugen Kai de Genève, lire ici.]

Lire la suite

Genève, Katsugen Kai

Cet article raconte l’histoire du dojo de Genève (Katsugen Kai, groupe de mouvement régénérateur), on y retrouve en filigrane le parcours d’Itsuo Tsuda depuis ses premières années en Europe. Il a été UNE_ItsuoTsuda_geneve_groupepublié en avril 1987 dans le « journal du dojo ». Écrit par un des co-responsables du dojo, Sven Kunz, il est reproduit ici avec l’aimable autorisation de son auteur. L’article est précédé d’un extrait de lettres d’Itsuo Tsuda envoyées à Genève en 1975.

Guillemet

Le travail, c’est ce qui nous permet d’avoir deux pieds sur terre.

Je ne prêche pas l’évasion, la démission. L’utopie n’existe nulle part, sauf là où l’on est.
Lire la suite

Inclassable !

Les fleurs de cerisiers

cerisiers

Au détour d’un film documentaire datant de 1970 de Daniel Costelle sur la seconde guerre mondiale, on découvre quelques images d’Itsuo Tsuda. Il parle du Japon en guerre et de l’emblème de la fleur de cerisier choisi par les Kamikaze.

Ce n’est que deux minutes d’archives, inclassable ! Une petite curiosité !

#1 La respiration, philosophie vivante

respiration philosophie vivante

Voici la première des Six interviews de Itsuo Tsuda par André Libioulle, intitulées « La respiration philosophie vivante » et diffusées sur France Culture dans les années 1980.

 

À écouter ou à lire.

Lire la suite

Chez le philosophe du ki #2

Suite et fin du reportage publié dans la revue Question de en 1975, réalisé par Claudine Brelet (anthropologue, experte internationale et femme de lettres française) auprès d’Itsuo Tsuda.

Second partie

Itsuo tsuda Katsugen undo philosophe du ki

– Pourrait-on « fusionner » respiration et visualisation ?

– Effectivement, visualiser constitue l’un des aspects du Ki. La visualisation joue un rôle fondamental, primordial dans l’Aïkido. C’est un acte mental qui produit des effets physiques. La visualisation fait partie de l’aspect « attention » du Ki. Lorsque l’attention est localisée, arrêtée au poignet, par exemple, la respiration devient superficielle, perturbée… on oublie tout le reste du corps.Lire la suite

Chez le philosophe du Ki #1

Ce reportage a été publié dans la revue Question de en 1975. Claudine Brelet (anthropologue, experte internationale et femme de lettres française), qui a réalisé ce reportage et cet entretien, a été l’une des premières élèves d’Itsuo Tsuda.

Partie #1
itsuo tsuda

À la lisière du bois de Vincennes, tout au fond d’un jardin de la banlieue parisienne, il existe un dojo bien particulier. Un dojo, c’est-à-dire un lieu où se pratiquent l’Art de la respiration et les Arts martiaux. Ce n’est pas un gymnase. C’est plutôt un lieu sacré où « l’espace-temps » est différent de celui d’un lieu profane. On salue en y entrant pour se sacraliser et en sortant pour se désacraliser. Lire la suite